Les familles des victimes des inondations du 30 mars sont toujours accablées par la douleur et attendent réparation.

by | Apr 1, 2024 | Economie, Edito, Politique

Rien ne peut remplacer un être cher, surtout lorsqu’il est parti dans des circonstances tragiques. Ce samedi 30 mars 2024, cela fait 11 ans jour pour jour depuis que des inondations meurtrières dans la capitale ont emporté dix vies innocentes.

Parmi on retrouve, Sylvia Wright et son fils, Jeffrey, Keshav Ramdharri, les frères Amrish et Trishul Tewary, leur cousin, Vikesh Khoosye, Simon Henriette, Rabindranath Bhobany, Vincent Lai Kin Wong Tat Chong et Retnon Navin Sithanen. Ils avaient péri dans le “flash flood” du fatidique samedi 30 mars 2013. Cependant, Christabel Mooghen, une habitante de Canal Dayot, a, pour sa part, été victime d’un arrêt cardiaque quand sa maison fut engloutie par les flots en quelques minutes.

Une cérémonie de dépôt de gerbes a eu lieu à la stèle érigée aux abords de l’entrée du passage souterrain menant au Caudan Waterfront pour honorer leurs mémoires, hier 30 mars 2024.

Des membres du gouvernement, dont le Premier ministre Pravind Kumar Jugnauth, le Deputy Prime Minister Steven Obeegadoo et le vice-premier ministre et ministre des Collectivités locales Anwar Husnoo, ont participé à l’exercice. Peu avant, la présence de membres du PMSD a été remarquée, dont son chef, Xavier-Luc Duval, également chef de l’Opposition, pour un dépôt de gerbes au même endroit. Pravind Jugnauth, Steven Obeegadoo et Anwar Husnoo ont salué Xavier-Luc Duval et d’autres membres du PMSD.

Rappelons que lors du premier exercice après le drame de 2013, le gouvernement avait prié Anil Bachoo ministre des Infrastructures Publiques de l’époque, à ne pas se joindre à eux pour la cérémonie. L’ex-roi de l’Est avait alors expliqué que le Premier ministre d’alors lui avait demandé de s’occuper de certains dossiers urgents. Ce qui n’avait pas convaincu grand monde.

Lors de la cérémonie de ce matin, Alan Wright, porte-parole des parents des victimes, rappelle qu’une affaire est en cour contre les institutions responsables du drame. Selon lui, les familles des victimes demandent que justice soit faite car rien n’a été fait pendant ces 11 ans. Alors que les familles,  pleurent toujours la mémoire de leurs proches disparus.

« Cela fait 11 ans que l’affaire a été logée en cour et cela prend beaucoup de temps. Nous attendons réparation car il y a des personnes qui souffrent énormément. C’est pareil, c’est comme au premier jour. Je ne souhaite à personne de vivre cela. Mon combat est de sensibiliser la population sur les inondations. Il faut étudier la source du problème malgré quelques améliorations », a soutenu Alan Wright, qui a perdu son épouse Sylvia, et l’un de ses fils, Jeffrey, dans le drame.

Tandis que Sujata, la sœur de Navin Retnon Sithanen affirme que le décès de son frère a eu un impact sur la santé de sa mère. D’autant que c’était le deuxième proche que la famille perdait en l’espace de cinq mois.

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La réaction des Mauriciens aux drames de 2013

« Je me meurs avec mon pays », Gaël Etienne

Alors étudiant en France, l’auteur avait adressé cette tribune ouverte à la presse. En voici l’essentiel.

 

« Monsieur le Premier Ministre, Monsieur Ramgoolam,

 

Aujourd’hui dimanche 31 mars 2013, de ma table et de ma chambre d’étudiant je vous écris ma tristesse, mon dégoût, et mon regret. J’ai beau être en France depuis bientôt quatre ans, j’ai beau avoir quitté mon pays à 17 ans, mais aujourd’hui, soit 19 jours après la célébration de notre indépendance, j’ose vous admettre que je ne comprends pas. En 2008 déjà, nous avions connu des pluies diluviennes, les conséquences, vous les connaissez déjà, le pays était déjà dès lors sous votre égide. Pour rappel, en sortant des cours, nous pouvions tous entendre à la radio les quelques mots stipulant la mort d’une jeune fille emmenée par le courant à la sortie du bus. Quatre ans après, le bilan s’est alourdit, avec pour l’instant onze morts au compteur. L’hécatombe de la capitale ne cesse de faire mal…

 

Je n’ai nul besoin d’être sur les lieux pour comprendre tout le mal que notre nation subit. Aujourd’hui, comme à chaque grand événement à Maurice, je parle à mes parents sur Skype, comme beaucoup d’autres. Je parle de tout et de rien, comme la Pâques, la fête de Noël, de l’Eid ou de Diwali. Mais aujourd’hui, le cœur n’y était pas ! Parler des œufs que le lapin serait venu déposer ? À quoi bon ?! La tristesse a surmonté la joie, et mon sourire s’en est allé ! Les yeux et les visages de mes proches exprimaient le désastre qui nous a frappés de plein fouet. Mon cœur ne bat plus que pour ces frères et sœurs morts durant cette journée du 30 mars 2013.

 

Demain Maurice sera en deuil. Pas un, pas deux, pas trois morts, mais onze morts ! Oui Monsieur ! Onze morts, dont la moitié dans un tunnel ! Imaginez-vous l’ampleur de la catastrophe ? Bravo, maintenant l’île Maurice fait parler d’elle ! TF1, BBC News, LeMonde et encore ! Un exemple disait Robert Stiglitz, prix Nobel de l’économie en 2001 ! Un exemple ! Un miracle mauricien ?! De quel exemple parlait-il ? Le système d’évacuation des eaux, avec vos Rs. 500 Millions d’investissement, contiennent-ils une somme dédiée à l’entretien de ceux-ci ? Le nettoyage de ceux-ci ? Les déchets, on en voit partout ! Or n’engagez-vous pas des agents du gouvernement pour nettoyer les rues de notre capitale ? N’installez-vous pas des poubelles à la disponibilité de tous ? »

Gaël Cheche Etienne

 

Minority Voice : « Les inondations ont été les résultats des obstructions sur le Ruisseau du Pouce » 

En 2013 après les inondations meurtrières du 30 mars, l’inspecteur de police d’alors, Hector Tuyau, avait dans un rapport expliqué que les inondations ont été les résultats des obstructions sur le Ruisseau du Pouce. Mais pour le gouvernement travailliste mené par Navin Ramgoolam, Tuyau n’était pas un ingénieur et son rapport n’a pas eu la considération requise.

Comme mentionné au début, la destruction des structures ne concerne pas uniquement le Ruisseau du Pouce et le Canal de la rue Poudrière. Il faut que chacun s’y mette pour protéger la vie des Mauriciens. Reloger les marchands ambulants et détruire les structures sur le Ruisseau du Pouce au niveau du Jardin de la Compagnie est le first step d’une plus grande réorganisation nécessaire. Pour empêcher que Port-Louis ne revive les inondations il faudra prendre le taureau par ses cornes que cela n’en déplaise à personne. Le moment est venu pour que tous les Stakeholders agissent de concert pour le bien de tous.

À commencer par Air Mauritius Building et la Mauritius Housing Corporation dont une partie de leur  parking est bâtit sur le Ruisseau du Pouce à côté du Warehouse devenu une boutique de vêtement. Il faut libérer toute cette espace parce que les Flash Floods continueront à gagner en intensité et cela deviendra davantage dangereux pour tous. Ensuite, le bâtiment qui abrite le KFC de La Chaussée. Appartenant au groupe Eclosia, qui brasse des milliards par an, une concession doit être trouvée avec les autorités pour reloger son enceinte qui compte déjà trois restaurants dans un périmètre de 2 Km carré. Nous avons déjà un KFC au Cathédrale Square et l’autre au Victoria Urban Terminal, il ne serait donc pas dérangeant de reloger celui de La Chaussée dans les hauts de Port-Louis comme à Plaine-Verte ou les environs de China Town.

Lettre ouverte au Directeur des Poursuites Publiques par feu Robert Ahnee C.S.K

Monsieur le Directeur, il devait être un peu moins de 14h 30, lorsqu’en compagnie d’un ami étranger, je quitte le Suffren, au volant de ma voiture, le samedi 30 mars 2013.

Après avoir parcouru quelques 200 mètres, nous sommes surpris par une déferlante.

Ma voiture, une Mercedes 280, s’immobilise, le moteur noyé. L’eau continue à monter. Mon instinct animal me pousse à abandonner le véhicule pour retourner à pied au Suffren.

C’est plus tard dans l’après-midi, au chaud dans une chambre de l’hôtel, que je  réalise l’étendue de la catastrophe qui a frappé la capitale. Le bulletin d’information, en hindoustani, nous montre en effet ce qui s’est passé autour de nous.

Cette lettre n’a pas pour but d’inciter qui que ce soit à remercier le Très Haut pour ma vie sauvée ; ni même de susciter quelque émoi pour le sort d’autres rescapés qui, ne partageant pas notre bonne fortune de rouler en berline allemande ou d’avoir les moyens de se mettre à l’abri des intempéries au Suffren, sont aujourd’hui confrontés à bien plus dramatique qu’une facture pour réparations, aussi douloureuse soit-elle.

Pour avoir, à une époque lointaine et combien différente, été dépositaire des pouvoirs qui sont aujourd’hui les vôtres, je me permets de vous alerter publiquement du danger à confier une enquête judiciaire à quelque jeune magistrat inexpérimenté. Je me crois autorisé à m’interroger, publiquement, quant au nombre de magistrats qui savent qu’ils ne sont pas tenus, lors d’une enquête judiciaire, de se limiter à prendre note des conclusions d’une enquête policière préalable.

Au risque de choquer plus d’un, j’affirme que le judiciaire peut et doit dans les circonstances, enquêter sur la police et ceux qui la dirigent, y compris le Commissaire de Police, le Chef de Cabinet et le ministre de l’Intérieur.

Les conclusions du rapport Domah

L’on se souviendra qu’un Fact-Finding Committee avait été institué par la suite et placé sous la présidence du juge Bhushan Domah. Celui-ci déclarait, à l’époque : « Il nous faut concevoir des structures solides pour éviter qu’un tel désastre se reproduise ».

On peut légitimement nous interroger sur ce que le PTr a fait depuis. La décence nous empêche d’en dire d’avantage. Avis aux suiveurs aveuglés de Navin Ramgoolam pour sa soi-disant compétence.

Ezio Hadriel

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