Attouchements sur une fillette de 4 ans à Petite-Rivière

by | Apr 2, 2024 | Faits Divers

Le népalais accuse la mère de la victime de lui avoir vendu l’enfant

Queency Lisebeth Ritta, toxicomane de 33 ans, nie ces faits

Le père de l’enfant, qui ne l’a pas déclaré, cherche sa garde

Kalpana Koonjoo Shah ; « pas de place dans notre société pour ce genre de personne »

L’Ombudsperson for Children bouleversée

Les autorités ont rapidement fait le nécessaire pour sécuriser la fillette de quatre ans, qui a été victime d’attouchements sexuels à Petite Rivière, le week-end dernier. Alors que la police n’a pas tardé à arrêter le pervers, Jib Lal Mandal, un homme d’origine népalaise âgé de 48 ans, dans son dortoir se trouvant dans la même localité, la mère de la victime, Queency Lisebeth Ritta, une toxicomane de 33 ans, s’est également retrouvée derrière les barreaux dans le cadre de cette affaire. Elle est soupçonnée d’avoir permis à ce travailleur étranger de commettre cet acte envers sa fille contre de l’argent. Les deux ont comparu devant la Bail and Remand Court sous une accusation provisoire de « causing child to be sexually abused ».

Depuis la diffusion de la vidéo montrant la petite fille se faire agresser sexuellement par le Népalais, la brigade pour la protection de la famille de la division Ouest, dirigée par la surintendante de Police Ameeta Ramdour, est impliquée dans cette affaire. Une enquête a également été initiée par le ministère de l’Égalité des genres. La fillette, qui a été prise en charge par la Child Development Unit (CDU), a témoigné devant la Children’s Court ce lundi 25 mars, après avoir quitté l’hôpital Victoria, Candos. Elle a ensuite été placée dans un shelter et bénéficie d’un accompagnement et du soutien d’un psychologue du ministère de l’Égalité des genres et du bien-être de la famille.

Par ailleurs, des mesures ont été prises pour supprimer la vidéo montrant l’acte commis, qui circule sur les réseaux sociaux, afin de protéger la fillette. Une analyse psychologique a déjà été effectuée et a révélé un manque de capacité parentale de la part de la mère pour s’occuper de l’enfant. En attendant, le supposé père de la fillette, qui ne l’a malheureusement pas déclarée à sa naissance suite à des conflits avec sa concubine, a entamé des démarches pour obtenir sa garde.

Choc et colère

Cette affaire a provoqué un choc à la fois au niveau des habitants de la localité de Petite-Rivière, de la population en général, mais aussi auprès des autorités de l’île. Dès que la police a été informée de ce cas et que la vidéo a circulé sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes et personnalités ont élevé leurs voix pour condamner cet acte répugnant commis envers une innocente qui n’a rien demandé. Parmi ceux qui ont pris la parole, la ministre de l’Égalité des genres, Kalpana Koonjoo Shah ; l’Ombudsperson for Children, Aneeta Ghoorah et plusieurs autres.

D’autre part, cette affaire a provoqué une tension à Richelieu où une foule s’est massée devant le dortoir du suspect. Heureusement, la police est intervenue à temps pour l’arrêter et l’emmener en toute sécurité dans leurs véhicules. Des habitants n’ont cependant pas fléchi et sont même allés devant le poste de police de Petite Rivière. Ainsi, pour sa sécurité, le Népalais a été conduit au poste de police de Rose-Hill.

Vidéo

C’est samedi dernier que la vidéo a atterri sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence d’une durée de deux minutes, le Népalais est aperçu prenant l’enfant dans ses bras, tout en tenant un téléphone portable, avec la vidéo enclenchée en mode « selfie ». Le suspect, s’exprimant en anglais avec la fillette, procède ensuite à des gestes obscènes alors qu’elle semble figée. Dans la vidéo, il ne cesse de lui faire subir des attouchements, alors qu’ils semblent visionner une vidéo sur un téléphone cellulaire. En arrière-plan de la vidéo, la voix d’une femme peut être entendue en pleine conversation téléphonique. Il y a aussi une radio d’une chaîne locale qui joue.

Cette vidéo a été rendue publique après qu’une habitante de Petite-Rivière a réussi à subtiliser le téléphone portable du suspect, Jib Lal Mandal, 48 ans. Des voisins ayant reconnu la petite ont alerté les parents ainsi que la tante de l’enfant de quatre ans. Dès qu’elle a reçu cette vidéo d’une tierce personne, la tante et le père biologique de l’enfant se sont immédiatement rendus au poste de police de Petite-Rivière après avoir demandé des explications à la mère, qui était dans un état second.

Arrestation

La Brigade pour la protection de la famille de la division Ouest, dirigée par la surintendante de police Ameeta Ramdour, est intervenue immédiatement. Ils se sont rendus au domicile de la trentenaire où elle et sa fille ont été conduites au poste de police pour les besoins de l’enquête. Le protocole a été enclenché. Les membres de l’Unité de Développement de l’Enfant et de l’Unité de Protection Familiale ont été informés et l’enfant a été prise en charge le même jour, après les dépositions à la police. La fillette a ensuite été conduite à l’hôpital Victoria à Candos pour un examen.

Pendant ce temps, le présumé suspect, qui vit dans la région de Cité Richelieu, Petite-Rivière, a été arrêté. Ce poseur de carreaux est arrivé à Maurice le 6 décembre 2023 et a un permis de résidence jusqu’au 30 juin 2024. Il était sous contrat avec une compagnie de construction.

Révélations troublantes

Après son arrestation, Jib Lal Mandal a fait des révélations troublantes aux enquêteurs. Il a avoué son forfait mais a expliqué que la mère de la fillette serait au courant qu’il avait fait des attouchements sur sa fille et qu’elle aurait même filmé la scène. Selon lui, il aurait donné de l’argent à la mère qui lui aurait livré sa fille. Il a été formellement interrogé en présence d’un interprète au cours de la semaine.

La police a également arrêté Queency Lisebeth Ritta. Cependant, la toxicomane de 33 ans nie les faits et affirme ne pas être au courant de cet incident. Selon elle, cet acte se serait produit le samedi 16 mars, lorsqu’elle est allée prendre sa dose de méthadone. Elle a expliqué qu’étant interdit d’emmener des enfants sur les lieux, elle aurait confié sa fille à sa voisine. Le Népalais, poseur de carreaux, en aurait profité pour commettre des actes odieux sur sa fille alors qu’il était venu pour effectuer des travaux.

Enquête

La police compte bien démêler le vrai du faux dans cette affaire. Les deux suspects ont été présentés devant la justice ce dimanche. Lundi, les parents et la fillette ont été interrogés dans le cadre de l’enquête. Les services d’un psychologue ont été sollicités pour examiner les parents surtout la mère qui est dans l’incapacité de garder l’enfant. Une enquête préliminaire a révélé que la mère de l’enfant avait l’habitude de laisser sa fille chez son voisin lorsqu’elle devait se rendre au poste de police pour suivre son traitement à la méthadone.

La version de la femme de 33 ans est confronté à celui du présumé bourreau qui est tout aussi crédible, étant donné la situation de la toxicomane. L’enquête suit son cours sous la supervision de la Woman Superintendent of Police (WSP) Ameeta Ramdour de la Brigade pour la protection de la famille. Elle ne devrait pas tarder pour aider les enquêteurs à y voir plus clair. L’affaire sera ensuite transmise au tribunal pour enfants.

« So papa abitié okip li »

La tante de la fillette, qui a dénoncé l’affaire à la police, souhaite qu’une solution soit trouvée pour le bien-être de l’enfant. « Ou kone li ena so fami. So papa abitié okip li ek aste so bann zafer. La pou tir enn zanfan apre seki linn viv ek met li dan shelter, li pa fasil alors ki so papa la mem. Ena dimounn pou okipe li », confie-t-elle.

La dénonciatrice a aussi été entendue par la police, ce lundi, concernant la provenance de la vidéo. Elle a expliqué que dès qu’elle a reçu cette vidéo d’une tierce personne, elle s’est présentée au poste de police pour la montrer. Elle a préféré ne pas remettre son portable aux enquêteurs car elle estime qu’il n’y a pas lieu d’enquêter sur elle car elle a fait son devoir de sortir sa nièce du danger et de la protéger de ce pervers.

De l’autre côté, le père de l’enfant, un trentenaire qui habite également Petite-Rivière, ne sait plus comment faire pour obtenir la garde de sa fille de quatre ans. Il n’y a aucune preuve qui indique qu’il est le père biologique de sa fille car la mère l’a déclarée à la naissance alors que le couple était en conflit. Sur l’acte de naissance de l’enfant, il est écrit qu’elle est née de père inconnu. Le trentenaire est démoralisé et depuis l’incident, il n’a pu rendre visite à sa fille, qui avait l’habitude de venir chez lui.

Kalpana Koonjoo Shah ; « pas de place dans notre société pour ce genre de personne »

Les réactions n’ont pas tardé à la suite des images qui ont circulé sur les réseaux sociaux après cet énième cas d’attouchements sexuels sur mineur. La ministre de l’Égalité des genres, Kalpana Koonjoo Shah, a vivement condamné cet acte, en affirmant qu’il n’y a pas de place dans notre société pour ce genre de personne. Elle a affirmé que son ministère a agi promptement pour donner une assistance psychologique à la jeune victime qui a été placée dans un ‘Shelter’. Elle a lancé un appel à la population pour dénoncer ce genre d’agression.

L’Ombudsperson for Children bouleversée

 

L’Ombudsperson for Children, Aneeta Ghoorah, s’est aussi exprimée après avoir été informée de ce cas. Elle se dit très bouleversée. « Cette affaire m’a complètement retournée. Le bureau a également alerté les autorités qui avaient déjà pris des mesures immédiates. Nous allons écrire une lettre au commissaire de police pour obtenir des informations complètes sur ce cas. Nous sommes là comme des chiens de garde, veillant au bien-être des enfants », confie la médiatrice pour les enfants. À l’approche des vacances scolaires, elle exhorte les parents à sensibiliser leurs enfants aux propositions indécentes que certains adultes pourraient leur faire. « Avec les enfants qui seront sûrement seuls à la maison ou confiés à des proches, nous demandons aux parents de bien s’assurer à qui ils confient leur garde ».

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