Le sens de la vie

by | Mar 11, 2024 | Opinion

Naître, vivre et mourir ! Cette semaine, l’interruption volontaire de grossesse, IVG, c’est-à-dire l’avortement, a été inscrite dans la Constitution française. Cette décision peut paraître paradoxale lorsque nous savons que le vieillissement de la population est l’un des plus grands problèmes auxquels font face les sociétés occidentales depuis la fin du 20ème siècle et en ce début du 21e siècle. Cela montre à quel point le sens même de la vie devient de plus en plus incompréhensible dans ce monde extrêmement complexe et compliqué dans lequel nous évoluons de nos jours. Au nom des droits des femmes à disposer de leur corps comme bon leur semble, la France, État laïque devient le premier pays au monde à inscrire l’interruption volontaire de grossesse dans sa Constitution malgré l’opposition du Vatican, qui a dénoncé « un droit à supprimer une vie ».

 

Dimanche dernier, chez nous à Maurice, six jeunes ont connu une mort atroce lorsque le ‘Kanwar’ qu’ils transportaient a percuté un câble de moyenne tension du Central Electricity Board à Arsenal. Les jeunes convoyaient ce ‘Kanwar’ dans le cadre de la fête Maha Shivaratree, célébrée hier avec beaucoup de dévotion et de ferveur à travers le pays. Parmi les six jeunes qui ont péri, deux sont morts électrocutés et quatre sont décédés des suites de graves brûlures. Cet incident a plongé tout le pays dans le désarroi et le désespoir, même si certains provocateurs ont tenté d’attiser la haine entre les communautés. Heureusement, leur venin n’a pas eu d’influence sur la majorité des Mauriciens, qui préfèrent de loin la coexistence pacifique dans la paix et l’harmonie.

 

La classe politique pleure le décès de l’ancien député Eric Guimbeau. Le Leader du Mouvement Mauricien Socialiste Démocrate (MMSD) et PDG du groupe Saint Aubin a fait une chute de sa motocyclette à Union Ducray. Après plusieurs heures en soins intensifs, il a rendu l’âme. Depuis le début de cette année, plusieurs jeunes, hommes, femmes et enfants ont perdu la vie dans des circonstances atroces, que ce soit à la suite d’accidents de la route ou autres. Pas plus tard que le dimanche 25 février dernier, le petit Kayron Fricain, 5 ans, et son beau-père, Mathieu Russie, ont péri à Mapou à la suite d’un accident. Nous mentionnons ces cas pour montrer à quel point la vie est devenue fragile sur cette terre.

 

Les images des inondations du 15 janvier dernier lors du passage du cyclone Belal sont encore fraîches dans nos mémoires, et malgré le faible nombre de victimes, bon nombre de nos compatriotes auraient pu y perdre la vie ce jour-là. Heureusement, malgré toute la démagogie de l’Opposition, cela n’a pas eu lieu, même si dans leurs discours fous, ils avaient annoncé plusieurs morts. Le samedi 24 février dernier, un camion transportant une pompe à béton a percuté la passerelle des piétons à Roche-Bois, qui heureusement s’est effondrée sans faire de victime.

 

Par ailleurs, nous sortons tout juste de la pandémie de Covid-19, qui a fait près d’un millier de victimes à Maurice et des millions à travers le monde, y compris certaines personnes très fortunées qui n’auraient jamais pensé devoir affronter un destin aussi tragique. Quelle leçon tirer de tous ces événements, les uns plus malheureux que les autres, sur le sens même de la vie à un moment où certains jeunes continuent de perdre leur temps, leur énergie et mettent en danger leur santé mentale et physique en devenant accros à des drogues de synthèse et à des substances nocives telles que l’héroïne ou la cocaïne.

 

Quel sens donner à sa vie quand certains individus choisissent de propager la haine et le racisme, encouragent la division, l’intolérance et l’ignorance. Alors que Maurice est un pays exceptionnel où presque toutes les races et les religions du monde se retrouvent, vivent en paix et en harmonie en toute liberté. Cette liberté d’expression, d’association, de manifestation, de pratique de sa langue, sa culture, sa religion et ses traditions dans l’égalité et sans crainte.

 

Aujourd’hui, le monde est rempli de souffrances. Selon les évaluations de la vulnérabilité nationale de certains pays, nous pouvons nous attendre à une augmentation du risque mondial de catastrophes naturelles telles que les phénomènes météorologiques extrêmes, les tremblements de terre et les tsunamis au cours des prochaines décennies. Cette augmentation du risque signifie également que nous serons témoins d’un plus grand nombre d’atteintes à la vie humaine et aux biens. Au travail comme à la maison, nous ne sommes plus épargnés par le stress, l’anxiété ou les difficultés financières. La vie s’est accélérée comme jamais auparavant et nous la vivons avec des technologies d’automatisation et de connectivité qui nous rendent plus dépendants que jamais de nos gadgets. Cette époque hyper-connectée rend plus difficile pour nous de trouver un sens à notre vie. Les leaders politiques et sociaux ont une immense responsabilité envers la jeunesse de ce pays pour leur apprendre à regarder au-delà de leur propre douleur et à découvrir un plus grand sentiment de satisfaction dans la vie.

 

Devons-nous continuer dans cette voie hyper-compétitive ou finalement la vie n’a-t-elle plus de sens et attendons-nous d’être touchés par le malheur pour comprendre qu’il est inutile de courir vers le bonheur tout en marchant sur les pieds des autres.

 

Les leaders politiques et autres oseront-ils enfin adapter leur discours pour dire aux jeunes de vivre en harmonie avec leurs rêves, de ne jamais cesser d’apprendre, de faire preuve de générosité et d’altruisme, de s’engager pour une cause, de donner de l’amour, de transmettre ses connaissances et ses valeurs, de voyager et d’ouvrir son esprit.

 

Naître, vivre, mourir, c’est le destin des hommes,

Le secret de la vie et le décret de Dieu ;

Tout ce que nous étions et tout ce que nous sommes,

Tout ce que nous serons… en trois mots… que c’est peu !

 

Mais si l’instant obscur qui nous a donné l’être,

Dans son germe contient un avenir sans fin,

Si l’effort a son but et non pas son peut-être ;

Si tout ce qui commence à son terme divin ;

Si notre esquif atteint, guidé par l’espérance,

Par le fleuve du temps l’océan éternel ;

Si la mort que l’on craint n’est qu’une renaissance ;

Si la terre n’est rien que la route du ciel ;

Si, quand le temps finit, l’éternité commence,

Heure unique et sans sœur, qui ne frappe qu’un coup !

Si l’amour est un jour bonheur et non souffrance ;

Vivre alors, vivre, ami ! dans un mot… c’est beaucoup !

 

Henri Durand, poète français (1818-1842)

Terra Del Fuego

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