Découverte macabre à Plaine verte : Abdoola Hussain Fakeermahamode, séquestré, drogué et laissé affamer pendant une semaine pour son argent

by | Mar 25, 2024 | Faits Divers

Zaid Santally et son épouse Saamnaz derrière les barreaux sous trois charges d’accusation, y compris meurtre.

Le jeune homme, fils d’un ami de la victime, ne cessez de demander de l’argent à la victime

Zaid Santally, 42 ans, et son épouse, Saamnaz, née Panawoolah, âgée de 39 ans, ont comparu devant la cour de Port, dans la matinée de ce samedi 23 mars 2024, pour séquestration, extorsion et meurtre. Le couple habitant Plaine-Verte, ont été arrêtés la veille par la Criminal Investigation Division de Port-Louis Nord, après la découverte du corps d’Abdoola Hussain Fakeermahamode, dit Said. Ce fonctionnaire, âgé de 63 ans, qui réside également la localité, a été retrouvé dans une locale à la rue Bénarès, qu’il louait au père du suspect, un tailleur actuellement en voyage à Umrah. Retrouvé dans un état critique, après avoir été portant manquant pendant près d’une semaine, le sexagénaire a rendu l’âme avant que les secours arrivent.

Les premiers éléments de l’enquête indiquent que Zaid Santally avec l’aide de son épouse, Saamnaz, aurait profiter de l’absence de son père pour kidnapper la victime. Ils auraient tous deux séquestré le sexagénaire dans l’ateliers de couture afin de pouvoir le dépouiller de son argent. En attendant, ils ont administré plusieurs doses de médicaments à Abdoola Hussain Fakeermahamode, qui n’a même pas eu de quoi mangé et de quoi boire. Le rapport d’autopsie pratiquée par le Dr Gungadin, à la morgue de l’hôpital Jeetoo, a révélé qu’il, a succombé des suites d’un œdème cérébral et pulmonaire aigu.

Le couple a été arrêté après des suspicions des amis de la victime, qui s’inquiété de sa disparition. Ces derniers ont d’abord questionné la jeune femme, originaire de Terre-rouge, qui a fini par tout avoués.  Alertés, la Criminal Investigation Department de Port-Louis Nord et la Major Crime Investigation Team, s’est saisie de l’enquête. Lors d’un premier interrogatoire, Zaid Santally a refusé de répondre aux questions des enquêteurs et a affirmé qu’il le fera seulement en présence de son avocat. Les deux ont été conduits sur le lieu du drame, en fin d’après-midi de vendredi, avant d’être reconduits en cellule.

« Un homme bon toujours prêts à aider ».

Selon les indications, Said, qui travaillait dans le secteur public, était célibataire et vivait seul dans un appartement à la rue Bénarès, à Plaine verte. Dans son quartier, la victime était connue comme un homme bon ayant le coeur sur la main était très apprécié. « il était un homme exemplaire d’un excellent caractère. Li ti bien kontan éd dimoun. Zamé li ti refiz pou éd kikenn ». Le sexagénaire pouvait également toujours compter sur ces trois amis d’enfance, avec qui il entretenait d’excellentes relations. Parmi comptait le père du suspect, avec qui il avait loué une locale de sa maison afin d’y aménager son atelier de couture.

Porté manquant

Selon les faits, Said aurait été kidnappé dans la soirée du samedi 16 mars. Le dimanche qui s’est suivi, son ami Bashir Abdool Rahim et son fils se sont rendu à son au domicile comme à leurs habitudes, pour lui apporter un repas. Or, le dimanche le sexagénaire n’a pas répondu lorsqu’ils ont frappé chez lui et qu’ils l’ont appelé. «Nounn tapé, nounn kriyé, nounn sonn li plizier foi. Li pann reponn » soutien Bashir Abdool Rahim. Ce dernier raconte qu’il devait par la suite recevoir un texto de son ami lui disant qu’il n’est pas là et qu’il s’est rendu à l’aéroport pour le travail. «Nounn sagrin ek nounn dir li pann gagn so manzé pou li manzé».

Bashir Abdool Rahim a expliqué qu’en premier lieu, il a pensé que son ami s’était fâché avec lui. Il indique que la dernière fois qu’il a vu son ami en vie, c’était le 12 mars, le jour de l’Indépendance. Accompagné de son fils, il était venu effectuer un travail de maçonnerie dans la cour de la victime. Le suspect était également sur les lieux ce jour-là. Le sexagénaire soutien qu’il était question que lui et son fils viennent compléter le travail commencé le samedi 16 mars mais ils ont eu un empêchement. « Monn pansé linn enkoler akoz nu pann vini samedi » dit-il, en éclatant en sanglots.

Inquiétudes

Une semaine est passé et Saïd Fakeermahamode n’avait toujours pas donner de nouvelle. Comme il s’était absenté du travail depuis plus d’une semaine, ses collègues ont alerté son cousin pour savoir ce qui se passait. Ce dernier, un policier, a essayé de le joindre par téléphone mais il ne répondait pas. Le cousin s’est alors rendu à son domicile en compagnie des policiers du poste de Plaine-Verte mais Saïd Fakeermahamode n’était pas chez lui. Le policier a alors alerté d’autres proches de la victime.

En interrogeant ses amis, il a appris que Saïd Fakeermahamode avait un compte joint avec un ami et que depuis le 18 mars, plusieurs sommes d’argent avaient été retirées du compte. Il a également appris que son cousin était souvent harcelé par le fils de son locataire, Zaid Santally, pour qu’il lui remette de grosses sommes d’argent. Vendredi matin, persuadé que Zaid Santally et son épouse étaient impliqués dans la disparition de son cousin, le policier a alors rapporté la disparition du fonctionnaire à la police.

Les amis de Saïd Fakeermahamode s’étaient également lancés dans les recherches et l’un d’eux est reparti chez son ami à la route Bénarès. Quand il est arrivé dans la cour du sexagénaire, il a vu une jeune femme, qui n’est autre que la bru du locataire de la victime, sortir de la cour en catimini. C’est ce qu’il a raconté à Bashir Abdool Rahim. Ils ont eu des suspicions car les beaux-parents de cette jeune femme sont actuellement à Umrah et elle n’avait aucune raison de se rendre au domicile de Said. « lot Kamarad la inn blok li ek inn questionne li. Madam la inn bafouillé ek linn fini par admet ki li ek so mari inn sequestrer Said ek ki Saïd encor la haut », raconte Bashir Abdool Rahim.

Selon les informations, lorsque Saïd Fakeermahamode a été retrouvé, il était toujours en vie. Il devait pousser son dernier soupir quelques minutes plus tard, à l’arrivée des policiers. L’autopsie de Saïd Fakeermahamode a été pratiquée par le médecin légiste Prem Chamane. Celui-ci a conclu qu’il est décédé d’un oedème pulmonaire et cérébral aigu. Des échantillons de son ADN ont été envoyés au laboratoire à des fins d’analyse. « Nou ti grandi ansam. Nou ti plis ki frer. Nou ti ena kat kamarad. Mo sir Bondie inn gard ene bon plas pou li dan paradis, li ti telman bon», confie Bashir Abdool Rahim.

Zaid Santally, 42 ans, et son épouse, Saamnaz, née Panawoolah, 39 ans, de Terre-Rouge, ont comparu devant la Bail and Remand Court ce samedi. Une charge provisoire de meurtre a été logée contre eux. Le suspect Zaid s’est montré violent envers les officiers de la MCIT et il a passé de mauvais commentaires avant que la cour siégeait. À sa sortie de cour, il a insulté les membres de la presse.

L’enquête est menée par les policiers de la Criminal Investigation Department de Port-Louis Nord, en parallèle à l’enquête faite par les hommes de la Major Crime Investigation Team.

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