189e commémoration de l’Abolition de l’Esclavage : Maintenons ce cap

by | Jan 30, 2024 | Actualités, Economie, Politique

Sous Jugnauth : Feu Karl Auguste Offman, président de la République, Mario Nobin CP

Sous Ramgoolam : aucun créole président de la République, aucune titularisation au poste de CP pour Jean Bruneau

Notre pays va célébrer le 1er février prochain les 189ans de l’Abolition de l’esclavage avec le Président de la République des Seychelles comme invité d’honneur. Cette occasion nous pousse à dresser un bilan sur la situation des descendants d’esclavage au sein de notre République ces dernières années, en particulier sous l’actuel gouvernement de Pravind Jugnauth et en comparaison avec ses prédécesseurs. Mettons l’accent sur les progrès réalisés et les domaines qui nécessitent un effort supplémentaire et de la volonté politique pour que l’inclusion et l’intégration ne restent pas de simples slogans.

En ce qui concerne l’éducation, nous ne pouvons que saluer les initiatives de la ministre Leela Devi Dookhun. Depuis qu’elle est à la tête de ce ministère, elle ne ménage aucun effort pour assurer que chaque enfant de la République ne soit pas laissé sur le bord du chemin menant à la réussite professionnelle et sociale. Ces dernières années, plusieurs mesures ont été prises afin de garantir que tous les enfants ne ratent pas le train du développement de notre pays. Après avoir rendu l’éducation tertiaire gratuite, il est encourageant de constater que l’actuel gouvernement a étendu cette mesure au niveau pré-primaire cette année.

Aujourd’hui, le parcours éducatif est gratuit de bout en bout et il n’y a aucune raison pour qu’un enfant soit laissé de côté. La réussite de Kelvina Edouard, une jeune fille de Cité La Cure qui a brillamment réussi ses examens de la PSAC l’année dernière malgré la grande pauvreté dans laquelle elle vit avec ses parents, est un exemple à suivre. Cela montre que rien n’est insurmontable dans la vie si l’on a la volonté de réussir.

Le débat sur la nécessité d’obtenir 5 crédits revient chaque année depuis que le gouvernement a entériné cette décision. Cette démarche doit être maintenue afin d’éviter une baisse du niveau de l’éducation publique. Maurice doit faire face à des défis majeurs sur le plan local, régional et international, et nous avons besoin de jeunes suffisamment formés pour prendre la relève dans les années à venir. Il est grand temps que les parents assument leur responsabilité dans l’éducation de leurs enfants et comprennent qu’elle est primordiale dans cet environnement ultra-compétitif dans lequel nous vivons.

Les autorités publiques ne peuvent pas tout faire seules, cela a été établi depuis longtemps. Il est nécessaire que les parents fassent les bons choix et établissent leurs priorités dans la vie. Tous les systèmes et programmes sont là pour que chacun et chacune trouvent leur place, que ce soit dans les filières académiques, scientifiques, techniques, technologiques, artistiques, sportives ou autres. Il est impératif de faire sa part et de chercher les meilleures opportunités pour que chaque famille organise sa vie quotidienne en fonction de l’éducation des enfants avant tout.

Il fut un temps où, lorsqu’on parlait de la communauté créole, le slogan à la mode était, «si pas badine….menotte», «si so photo pas dans studio li pou dans station». Ces préjugés ont grandement contribué à miner la confiance, détruire des ambitions et des rêves et ont empêché l’avancement de la cause de la communauté créole. Il fut aussi un temps où c’était l’élite créole qui dominait tous les domaines de la vie économique, sociale et politique de notre pays. Il est important de souligner ici la nomination de Daniel Labonne en tant que ‘Permanent Secretary’ sous l’actuel gouvernement, alors que d’autres avant lui, comme M. Pacifique, ont dû faire face à de nombreuses difficultés pour que leurs compétences soient reconnues. Allez demander pourquoi au sieur Bérenger qui avait fait d’autre choix dans son temps.

Rappelons que sous Navin Ramgoolam, les créoles avaient quasiment disparu de la haute hiérarchie de la fonction publique. Cela avait même poussé feu Mario Flore, Président du Mouvement Mobilisation Kreol Afrikin, à rétablir la vérité en publiant une liste dans son journal La Voix Kreol. Soulignons également que c’est sous le MSM de sir Anerood Jugnauth qu’un seul et unique créole est devenu Président de la République. Il s’agit du regretté Karl Auguste Offman. Alors que Jean-Claude de l’Estrac fut laisser sur le carreau par Navin Ramgoolam malgré un pressant appel de la communauté créole dans ce sens. Mentionnons aussi le cas de Jean Bruneau, qui est resté éternel No.2 de la force policière sous Navin Ramgoolam, le leader du Parti Travailliste qui tente aujourd’hui d’amadouer les créoles avec l’aide de Duval et Bérenger, alors que Sir Anerood et Pravind Jugnauth n’ont pas hésité à nommer Mario Nobin au poste de Commissaire de Police.

On se souvient aussi que Joe Lesjongard a été Premier ministre par intérim sous un gouvernement du MSM entre 2000 et 2005. Aujourd’hui Joe Lesjongard en tant que ‘Senior minister’ et Président du MSM, Dorine Chuckowry, ministre, Sandra Mayotte, ‘Private Parliamentary Secretary’, ou encore la député Joanne Tour, Jean-François Chaumière et Françoise Labelle en tant qu’ambassadeurs sont de dignes représentants de la communauté créole.

Depuis que Pravind Jugnauth est Premier ministre, nous pouvons affirmer avec force et conviction qu’il a opéré un véritable changement de paradigme en faveur de la communauté créole et en particulier des plus démunis de notre société. Le salaire minimum a grandement contribué à améliorer la vie de la majorité des familles créoles qui travaillent principalement dans le secteur primaire de l’économie. Cette mesure a été un déclic majeur vers un progrès social plus rapide, avec des effets positifs dans différents domaines tels que l’accès au logement, l’éducation, la formation et l’amélioration du niveau de vie en termes de confort et d’alimentation.

N’oublions pas le geste du gouvernement durant le Covid avec le Wage Assistances Scheme, le Self Employed Assistance Scheme. Nous n’osons même pas imaginé le cauchemar qu’auraient vécu la communauté créole sous un gouvernement travailliste avec Sithanen  en train de « rasse dipain malheureux » dans pareil situation.

Aujourd’hui avec des mesures telles que la bourse Independence Grant Scheme de 20 000 Rs ou l’allocation mensuelle de 2 000 Rs pour les enfants de zéro à ans, nous avançons dans la bonne direction en termes d’indépendance financière pour ceux qui se trouvent en bas de l’échelle, principalement les descendants d’esclaves. Cependant, il reste encore certains domaines où les choses sont bloquées, notamment en ce qui concerne l’émergence de générations d’entrepreneurs parmi les descendants d’esclaves.

Nous avons observé certains progrès à un certain niveau, car de nombreux individus se sont lancés dans leur propre entreprise, surtout après avoir perdu leur emploi suite à la pandémie de Covid-19 dans certains secteurs. Cependant, tout cela reste très basique et se limite principalement aux petits commerces, snacks, et autres. Il est impératif de monter d’un cran, et dans ce contexte, le gouvernement a le devoir de supprimer les barrières. En effet, les descendants d’esclaves n’ont pas de terres ou d’autres biens à hypothéquer pour démarrer leur entreprise. Ils sont désavantagés dès le départ, et c’est là que le gouvernement doit intervenir et mettre en place un système pour l’émancipation économique de la communauté créole. Beaucoup se fait à la Banque de Développement, il faut vulgariser les mesures et les opportunités.  Prenons seulement l’allocation de mauvais temps pour les pêcheurs. Il est passé des miettes sous Navin Ramgoolam à Rs  675 sous le primeministership de Pravind Jugnauth.

Dans le passé, une génération de politiciens considérait les créoles comme une menace et une nuisance sinon un dépôt fixe. Ils ont tout fait économiquement et politiquement pour éliminer cette partie de la population, en prétextant souvent comme le MMM vouloir la défendre.  Ce faisant, ils ont créé un système qui n’est pas très différent de l’apartheid en Afrique du Sud. Ils ont accaparé tout ce qui pouvait l’être, que ce soit les partis politiques, les postes au sein des ministères et de la fonction publique en général. Même le secteur privé a donné l’image d’être là pour permettre aux créoles de survivre, même si c’étaient des miettes qui leurs étaient réservées.

La communauté créole a souffert de nombreux préjugés. On disait que les créoles étaient synonymes de fléaux sociaux. Politiquement, nous pouvons affirmer aujourd’hui que personne ne s’est réellement soucié du sort de la communauté créole. Certains, plus mal intentionnés que d’autres, ont alimenté les préjugés afin de bloquer tout progrès, tandis que d’autres ont utilisé les créoles à leurs propres intérêts, ceux de leurs partis et de leurs proches.

Grâce à un travail acharné et à des campagnes de sensibilisation intenses, les choses ont considérablement changé, et les créoles ont réussi à sortir la tête de l’eau dans de nombreux domaines, même s’il reste quelques poches de résistance. Surtout au niveau de l’éducation, où la prise de conscience est réelle. Nous ne devons plus nous cacher à l’annonce des lauréats. Nous sommes très fiers des Gaëlle Saminaden, Jean Benoît Yencana et Désiré Dian qui sont de formidables avocats à la cour. Nous saluons ces combattants des temps modernes qui ont contribué à faire avancer cette cause. Nous ne citerons pas de noms de peur d’en oublier certains, ce qui serait incorrect, mais la contribution de Mario Flore et de ses soldats est particulièrement appréciable et motivante.

Il y a eu beaucoup de progrès dans divers domaines, que ce soit dans l’éducation ou autres. Dans le domaine du sport, les créoles ont atteint l’excellence avec de nombreux succès au niveau local, régional et international. Cependant, ces réussites n’ont pas toujours été accompagnées d’une reconnaissance de la part du gouvernement ou des autorités. Il est donc essentiel que le gouvernement accorde une attention spéciale à la préparation de nos athlètes et que les récompenses et la reconnaissance de l’État soient présentes après leurs efforts. Certes, des progrès ont été réalisés avec le ministre Stephan Toussaint sous la direction de Pravind Jugnauth, mais il faut en faire davantage, car tout le monde n’a pas la possibilité de faire flotter les couleurs nationales sur la scène internationale.

En ce qui concerne l’emploi, il est un fait que les créoles ont subi de plein fouet le chômage depuis l’accession de Maurice à l’indépendance. Depuis 1968, avec l’exode des créoles vers d’autres pays encouragé par un parti politique en particulier, tous les postes à responsabilité dans la fonction publique ont été confiés à des Mauriciens d’autres communautés. À partir de ce moment, il n’y avait plus aucune possibilité d’emploi pour les créoles, car à l’époque, l’industrie sucrière était le principal employeur du secteur privé et ne pouvait pas absorber toute la main-d’œuvre disponible.

Cependant, comme mentionné précédemment, la situation a changé et, ces dernières décennies, les créoles ont beaucoup progressé dans le domaine de l’éducation grâce à une prise de conscience. Sous les gouvernements précédents, les créoles ont toujours été victimes d’un apartheid en ce qui concerne l’accès aux postes dans la fonction publique et les corps paraétatiques. L’injustice et la discrimination envers la communauté créole étaient à un niveau de pourrissement tel que nous avons dû alerter le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies pour tirer la sonnette d’alarme et ainsi voir naître des organisations telles que ADAM de Jean Claude César. Nous saluons leur travail et les encourageons à persévérer.

C’est également un fait que certaines familles et régions doivent encore faire des efforts afin que les créoles se débarrassent définitivement de leurs problèmes. Les jeunes parents qui ont eux-mêmes souffert de leurs parents et grands-parents doivent assumer leurs responsabilités en se disant que personne ne viendra apporter le progrès sans effort, et qu’il faudra encore lutter. Cette lutte sera vaine si nous ne faisons pas notre part.

Au sein de notre République, il y a également les Chagos, Rodrigues et Agaléga. En ce qui concerne les Chagos, aucun gouvernement n’a fait autant d’efforts pour que nous récupérions notre territoire et que les Chagossiens soient enfin libres de retourner dans leurs îles natales. L’histoire retiendra que c’est grâce au courage de sir Anerood Jugnauth que Maurice a traîné le Royaume-Uni devant la Cour internationale de Justice, remportant une victoire écrasante sur l’empire britannique. Le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont trompé notre pays pendant 50 ans, ignorant les principes fondamentaux des droits de l’Homme et du droit international, tout en n’hésitant pas à mener des guerres prétendument pour défendre ces mêmes principes.

Il faut maintenir la pression sur le gouvernement britannique pour que les droits des Chagossiens soient respectés conformément aux conventions internationales et au jugement de la Cour internationale de Justice.

À la veille des 188 ans de l’Abolition de l’Esclavage, nous sommes convaincus que Pravind Jugnauth entrera dans l’histoire comme celui qui aura donné leur véritable place et leur dignité à la communauté créole. Grâce à lui, le Musée Intercontinental de l’Esclavage est maintenant une réalité, et nous sommes convaincus qu’il ne s’arrêtera pas là.

Terra Del Fuego

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