Nos nouveaux formats pour la Ligue des champions

by | Dec 18, 2023 | Sports

→ La formule écolo

Un jour ou l’autre, l’UEFA sera bien obligée de chercher un moyen pour limiter l’impact carbone de ses compétitions. Quitte à transformer les poules de la Ligue des champions en championnats, autant faire en sorte que toutes les équipes s’affrontent. Ou que la moitié des équipes s’affrontent, du moins. Pour ce faire, il suffirait de diviser l’Europe en deux : conférence Sud et conférence Nord. Les meilleures équipes du Sud affronteraient ensuite les meilleures équipes du Nord, ce qui offrirait des matchs allers-retours plus équilibrés que dans le cadre d’une division Est-Ouest un peu trop guerre froide.

Pour cette saison 2023-2024, la frontière Nord-Sud entre les 24 équipes se serait située entre Salzbourg, le plus au nord des clubs du Sud et Munich, où le Bayern serait le plus au sud des clubs du Nord. Par ailleurs, le découpage suivrait une logique géographique et non nationale. Souvent, cela reviendrait au même. Mais il suffirait que Marseille se soit qualifié à la place de Lens pour que Salzbourg se retrouve dans la conférence Nord. Avant que les clubs grecs, turcs, israéliens et ceux de l’ex-Yougoslavie ne commencent à qualifier plus d’équipes que les Anglais, l’OM devrait toujours être assuré de figurer dans la conférence Sud.

Alors, évidemment, on perdrait avec cette version le goût des chocs thermiques, des Copenhague-Galatasaray et des Lens-Séville. Mais c’est pour la planète, on vous a dit. Et cela conférerait à la compétition reine un goût de Game of Thrones, avec les scènes dans la neige et les scènes au soleil. À la fin, de toute façon, la géographie ne compterait pas plus que maintenant. Ce seront toujours les plus riches qui gagneront.

→ La formule Battle Royale

La Coupe du monde, le trophée le plus convoité de la planète, ne se remporte qu’en jouant sept matchs. Cette Ligue des champions nouveau format se jouerait donc aussi en sept matchs. Sauf que, petite subtilité, il n’y aurait pas de phase de groupes. Fini les matchs ennuyeux sans enjeu qui ne servent qu’à décorer et remplir le programme TV du mardi soir. Toutes les rencontres seront à élimination directe, il n’y aura plus le droit à l’erreur. Ce sont en tout 128 équipes qui seront engagées dans cette nouvelle compétition, en partant d’un premier tour jusqu’à la finale pour décrocher le trophée ultime. De cette façon, on réduit le nombre de matchs pour les joueurs, toutes les rencontres auront un vrai enjeu et surtout, tout le monde aura sa chance. Eh oui, car avec 128 équipes engagées, il y a de quoi réaliser des coups.

Pour choisir les concurrents, ce sera assez simple. Le système de qualification reste le même qu’aujourd’hui, selon les classements au coefficient UEFA, chaque pays aura le droit d’envoyer un certain nombre de clubs. La grosse différence, c’est que la Ligue Europa et la Ligue Europa Conférence disparaîtront. Donc, toutes les équipes qui se qualifiaient pour ces deux compétitions auront désormais une place dans la toute nouvelle LDC. Avec les places qualificatives pour les coupes d’Europe via les coupes nationales et une extension du nombre de places attribuées aux pays avec le plus de points au coefficient UEFA, on arrivera aisément à 128 équipes. Le tirage au sort prendra un poil plus de temps, mais ça vaudra le coup.

Et enfin, pour éviter un gros bazar dès le premier tour, les champions nationaux des 32 nations les mieux classées au coefficient UEFA bénéficieront de statuts de tête de série. Un système qui récompense les meilleures équipes de chaque pays, mais n’empêche pas Manchester City de tirer le Real Madrid dès le premier tour. Ou bien Arsenal. Parce qu’il y en a marre que les équipes d’un même pays ne puissent pas s’affronter. Et qu’on a aussi envie de voir l’APOEL Nicosie en quarts de finale de Ligue des champions. Comme en 2012.

→ La formule ouverture sur le monde

Le football n’est pas le seul sport qui a décidé de modifier sa formule de Coupe d’Europe pour tenter d’attirer un public plus large. Le rugby aussi a effectué un relooking extrême en 2020. Exit les 5 poules de 4 équipes, remplacées par 2 poules de 12 équipes avec 4 rencontres à disputer pour se qualifier pour les huitièmes de finale. Avant d’y apporter un léger changement en 2022 : l’intégration de trois équipes sud-africaines. De quoi inspirer le football qui aime bien chiper des idées au rugby (arbitrage vidéo, arbitres équipés de micros). Et on pourrait donc imaginer que parmi les 36 équipes qualifiées pour la Ligue des champions, on y retrouve par exemple le vainqueur de la Copa Libertadores (Flamengo), une équipe de MLS (au hasard l’Inter Miami), le vainqueur de la Ligue des champions africaine (Al Ahly) ou encore une équipe d’Arabie saoudite (au hasard Al-Nassr).

Cela pourrait ainsi combler le manque à gagner et le manque d’intérêt dont peut souffrir la Ligue des champions avec l’exode de nombreux joueurs en Arabie saoudite notamment. Alors oui, cela ferait bizarre d’avoir des clubs saoudiens ou brésiliens en C1, mais il y a bien déjà eu le Qatar ou le Japon invités à la Copa América. Et puis cela ferait toujours moins bizarre que de voir la Ligue des champions se disputer sans Cristiano Ronaldo, Lionel Messi ou encore Karim Benzema. Le football a changé, l’Europe n’est plus forcément l’endroit où tous les joueurs veulent aller et il faut donc s’adapter à ces changements. Si la Ligue des champions veut rester la plus grande compétition de clubs au monde, cela doit passer par l’élargissement de ses frontières. En plus, ça permettrait de dégager ce Mondial des clubs qui n’intéresse personne et où il n’y a pas le moindre suspense. Une bonne chose de faite.

0 Comments

Laisser un Commentaire

Dernière édition

Le Xournal
Lire en ligne

Xournal Dimans

Le Xournal
Lire en ligne