Serial killer : Enfermé pour le meurtre de deux femmes de 40 ans en 2021, Umyaad Ebrahim avoue trois autres meurtres…

by | Nov 15, 2023 | Faits Divers

La recherche des cadavres retardée par la disponibilité de la pelleteuse Les enquêteurs étudient encore les aveux du patient en psychiatrie

 

A-t-il été rattrapé par des remords ? Est-ce juste un coup de bluff ? A-t-il toutes ses capacités mentales ? Autant de questions sur lesquelles les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) ont dû se pencher cette semaine pour comprendre les soudains aveux d’Umyaad Ebrahim, déjà incarcéré pour le meurtre de deux femmes en 2021. Voulait-il juste sortir un peu dans la nature ? Ou est-ce qu’il essaie simplement de confirmer le statut de serial killer qu’il s’est construit ? En tout cas, l’habitant de Curepipe de 39 ans, qui semble s’être identifié à Joe Goldberg, dans la série “You”, a réussi à susciter une énorme intrigue chez les Mauriciens, désirant savoir s’il existe réellement ce genre de personnage chez nous, mais aussi à quel point la réalité peut s’approcher de la fiction.

 

Cependant, Umyaad Ebrahim a rapidement refait surface dans l’actualité. Arrêté pour la mort d’une femme nommée Zahira Ramputh, qu’il avait enterrée dans un verger de litchis à Mare-d’Albert après l’avoir étranglée, une fouille a également permis de découvrir une deuxième femme, notamment Hema Coonjoobeeharry, une habitante de Bambous, qui se trouvait à dix mètres de là. Déjà, en mai 2021, après les aveux d’Umyaad Ebrahim sur la manière dont il avait attiré ces deux femmes de 40 ans, la MCIT savait qu’elle avait affaire à un déséquilibré mental, soupçonné d’être un tueur en série et d’avoir fait d’autres victimes. Un appel à témoins avait été lancé, invitant toute personne dont un proche âgé de trente à quarante ans avait disparu à l’époque, à se manifester. Mais jusqu’à présent, cette démarche est restée vaine.

 

« Mo pou cozer aster »

Après son arrestation pour double meurtre, l’habitant de Curepipe avait été hospitalisé à l’hôpital psychiatrique de Brown Sequard. Il a été examiné par un panel de médecins qui ont conclu qu’il était apte à être interrogé. Depuis lors, il est en détention préventive à la prison de Beau-Bassin. Cependant, la semaine dernière, il a décidé de faire des révélations qui glacent le sang à la Major Crime Investigation Team (MCIT) North. “Je vais parler maintenant”, aurait-il dit aux policiers. Il a raconté aux hommes du surintendant de police Vikash Seebaruth qu’il avait commis au moins trois autres meurtres, dont certains seraient des hommes. Ces déclarations choquantes n’ont pas été prises à la légère. L’interrogatoire a d’ailleurs été enregistré sur vidéo.

 

Le trentenaire a avoué qu’en 2018, alors qu’il était vigile, il avait tué un homme qui ressemblait à un travailleur bangladais d’une vingtaine d’années. Il a expliqué qu’il assurait la surveillance d’un site lorsque le jeune homme s’est aventuré dans un poulailler. Umyaad Ebrahim raconte qu’après avoir tué sa cible, il l’a traînée un peu plus loin sur un terrain en friche. Il affirme qu’il a ensuite creusé la terre avant d’enterrer le jeune homme. Selon le présumé meurtrier, cet homme aurait volé des légumes, c’est pourquoi il l’aurait éliminé. Umyaad Ebrahim a également déclaré aux enquêteurs qu’en plus du Bangladais, il aurait tué deux autres hommes il y a plusieurs années.

 

Recherche

 

Suite aux déclarations d’Umyad Ebrahim à la Major Crime Investigation Team (MCIT) la semaine dernière, la police s’est rapidement mise au travail ce lundi pour vérifier la véracité des propos du tueur en série. Ainsi, dès le matin, les autorités ont récupéré Umyaad Ebrahim à la prison de Beau-Bassin où il est incarcéré afin qu’il puisse indiquer les lieux d’inhumation des cadavres. Sous une forte escorte policière, il a d’abord été conduit au tribunal de Grand-Port pour sa comparution. Les enquêteurs, sous la direction de l’inspecteur Rakesh Juggoo, ont ensuite utilisé un ordre de la Cour pour permettre à Umyad Ebrahim de participer à cet exercice.

 

Umyad Ebrahim a ensuite été transporté dans un champ à Deux-Bras, dans la région de Plaine-Magnien. Les autorités policières locales ont mobilisé tous les moyens nécessaires pour effectuer les fouilles. Plusieurs équipes de la Special Mobile Force (SMF) ont été dépêchées sur place. La tractopelle de la Special Mobile Force (SMF) a été utilisée. Le Dr Maxwell Monvoisin, médecin légiste de la police, ainsi que des membres du Forensic Science Laboratory et des représentants du département sanitaire du ministère de la Santé ont été envoyés sur les lieux. Des membres de la Dog Section Unit ont également été mobilisés. Le périmètre a été bouclé par des membres de la Special Supporting Unit.

 

Plus le même paysage d’il y a cinq ans

Pendant ce temps, Umyad Ebrahim a été interrogé. Il a expliqué comment il s’était battu avec sa victime lors d’une dispute avant de l’achever. Il a ensuite confirmé que c’est bien à cet endroit qu’il avait tué puis enterré le travailleur bangladais. « Monn fouy enn trou ek anter li enn met profonder », a-t-il déclaré aux enquêteurs dirigés par le surintendant de police Seebaruth. Le problème, cependant, était que ces terres, qui datent de cinq ans, ont été transformées et sont désormais utilisées pour la culture de légumes et de fruits. Les lieux ont été nettoyés et clôturés. Ainsi, le trentenaire a indiqué qu’il avait quelque peu perdu ses repères car le paysage avait changé. « Mo pa pe rapel kot sa exakteman. Plas la nepli parey. Avan ti bwa ek touf isi. Aster inn bare partou », a-t-il expliqué aux enquêteurs.

 

Avec l’aide de la pelleteuse mécanique, les soldats de la Special Mobile Force (SMF) ont quand même commencé les fouilles. Ils se sont principalement basés sur les indications du suspect ainsi que sur les indications des chiens renifleurs de la police. L’opération de recherche, qui rappelait un marathon, a duré plusieurs heures. À un moment donné, elle a dû être interrompue en raison d’un problème mécanique avec la machine, puis a repris. Finalement, n’ayant rien trouvé, la police a arrêté les recherches vers 15 heures. Umyaad Ebrahim a été reconduit en prison.

 

Les fouilles suspendues, la pelleteuse étant hors service

 

Après n’avoir rien trouvé lundi, la police prévoyait de reprendre les fouilles le mardi 7 novembre 2023 à Deux-Bras dans le champ indiqué par Umyaad Aryaaz Ebrahim. Cependant, en raison d’une défaillance mécanique de la pelleteuse de la Special Mobile Force utilisée pour l’opération, les recherches n’ont pas pu être effectuées. Bien que des réparations aient été entreprises, elles n’ont pas abouti. La police envisage maintenant la possibilité de faire appel à une société privée pour obtenir une pelleteuse, car il serait plus coûteux de réparer l’un des tractopelles qui n’est pas complètement fonctionnel. Bien que le suspect n’était pas prévu pour l’exercice de mardi, les enquêteurs ont pris des dispositions spéciales auprès de la prison pour le ramener sur les lieux en cas de découverte de restes humains.

 

En attendant, les fouilles n’ont pas eu lieu mercredi non plus et devront être reprises ultérieurement, car la MCIT devra maintenant sous-traiter pour les équipements lourds. De plus, les véhicules lourds de la SMF sont conditionnés pour les catastrophes naturelles et étaient en attente après l’avertissement de fortes pluies émis par la météo mardi. Jusqu’à présent, aucune date n’a été annoncée pour la reprise des fouilles. De l’autre côté, le propriétaire du champ a subi d’importants dégâts, estimés à plus de Rs 100 000. Cependant, il a collaboré pleinement avec la police, préférant laisser les autorités faire leur travail même au détriment de ses revenus.

 

Les enquêteurs approfondissent leurs investigations

 

Pendant ce temps, les enquêteurs n’ont pas chômé mais ont approfondi leurs investigations pour faire la lumière sur les récentes déclarations faites par Umyaad Ebrahim concernant l’ouvrier bangladais. Cette affaire est une véritable énigme car elle remonte à 2018. De plus, le tueur en série ne connaît pas lui-même sa victime, qui serait un Bangladais. Jusqu’à présent, la police n’a pas pu identifier l’identité de la victime présumée. Ils se sont penchés sur les disparitions de Bangladais pendant cette période, mais leur tâche est difficile et laborieuse compte tenu du nombre de travailleurs étrangers portés disparus dans les postes de police de l’île.

 

Deux autres pistes étudiées

 

Depuis les déclarations d’Umyaad Ebrahim affirmant avoir fait au moins trois autres victimes, y compris un ressortissant bangladais, la MCIT explore deux autres pistes après avoir obtenu des informations spécifiques. La MCIT a entrepris une enquête minutieuse sur le terrain afin de recueillir un maximum d’informations sur cette affaire. Elle cherche à vérifier la véracité des déclarations d’Umyaad Ebrahim et à obtenir des détails sur l’identité des deux autres présumées victimes. Les enquêteurs tentent de déterminer si Umyaad Ebrahim est impliqué dans la mort de deux individus, l’un à Curepipe et l’autre dans le Nord de l’île.

 

Serial killer

Pour rappel, Umyad Ebrahim a fait les gros titres en 2021. La police a ouvert une enquête après la disparition de sa petite amie Zahira Ramputh. Umyaad Ebrahim a été arrêté et soumis à un interrogatoire intense. Il a avoué l’avoir tuée et enterrée dans un verger de litchis à Mare- d’Albert où il travaillait comme vigile. Le 28 mai 2021, il a conduit la police jusqu’au verger de litchis, situé dans le village de Mare-d’Albert, et a montré aux enquêteurs l’endroit exact où il avait enterré Zahira Ramputh. Après des fouilles, les restes de la femme ont été découverts. La police est retournée sur les lieux pour établir un périmètre de sécurité.

Convaincue à l’époque que cet endroit était devenu un cimetière aux mains de l’accusé, la police a continué à exercer une pression sur lui. Le lendemain, il a révélé la disparition de sa deuxième petite amie, Hema Coonjobeeharry. Les fouilles menées par la police ont abouti à la découverte des restes de ces deux femmes de 40 ans. L’homme a été inculpé pour les meurtres de ces deux femmes.

Umyaad Ebrahim utilisait Facebook pour attirer ses victimes. Dans ses aveux, il a raconté comment il avait séduit les deux quadragénaires en les convainquant qu’il les aiderait dans leurs démarches pour émigrer au Canada. Il leur a fait croire qu’il les emmènerait au Canada, où vivaient ses parents adoptifs et où il prévoyait également de s’installer.

L’enquête est menée par l’inspecteur Rakesh Jugoo sous la supervision du SP Vikash Seebaruth de la MCIT Nord. Ces derniers cherchent également à comprendre pourquoi il n’a pas fait ces révélations lors de son arrestation en 2021, et pourquoi il a décidé de lever le voile la semaine dernière.

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