Immigration au Canada : Côté pile et côté face ce n’est pas la vie en rose ?

by | Aug 2, 2023 | Actualités

Depuis la pandémie de la Covid-19, le désir des Mauriciens de quitter le territoire pour aller vivre de nouvelles aventures à l’étranger, a connu une augmentation monstre. Hormis les étudiants qui cherchent un meilleur cadre académique pour leurs études supérieures et de meilleure perspective, on note dorénavant que ce désir d’aller chercher l’eldorado ailleurs, a gagné bon nombre d’adultes et familles mauriciennes. A la recherche d’une vie plus confortable avec un meilleur salaire, de plus en plus de nos citoyens plient bagage, pour s’embarquer dans l’aventure de l’immigration. Et le pays qui est devenu le plus populaire chez les Mauriciens, c’est certainement le Canada en raison de sa forte demande d’emploi et ses facilités offertes aux migrants.

Chaque année plusieurs centaines, voire des milliers de nos compatriotes, entament leur processus de déménagement pour commencer une nouvelle vie, au pays de Justin Trudeau. Et les prévisions des agences indiquent que cette tendance continuera à connaitre une hausse dans les prochaines années. Mais c’est sans compter que bon nombre de personnes ne connaissent pas la vraie réalité du terrain. En effet, beaucoup de Mauriciens qui y sont déjà, préfèrent ne pas décevoir leurs proches à l’idée que ce voyage tant rêvé, n’est finalement pas comme ils l’avaient prédit. Ou d’autres restent silencieux par honte ou par fierté de révéler leur véritable situation. Mais quoi qu’il en soit, nous vous le disons maintenant, malheureusement tout n’est pas rose au pays du Grand Nord Blanc.

En réalité, tous ne se plaignent pas ! Parmi les personnes que nous avons questionnées pour réaliser ce dossier, certains affirment parvenir à trouver leur compte. Le fait est uniquement qu’émigrer au Canada n’est pas pour tout le monde. Car si nombreux en rêvent et se font une fixation particulière avant d’y mettre les pieds, l’aventure Canadienne dans son fond, est une tout autre histoire. D’ailleurs aucune immigration n’est facile et rien ne tombe du ciel. Car avant de pouvoir vivre cette vie paisible qui nous motive à franchir le pas, cela requiert des efforts intenses et continus de travail, d’adaptation et de remise en question, ainsi qu’une détermination inoxydable durant plusieurs années. Eh bien même, on ne peut jamais être certain du résultat. Comme un peu partout d’ailleurs !

Migrant économique et appât

Voilà maintenant plus de quelques années que le Canada travaille d’arrache-pied sur des programmes liés à l’immigration. Ce pays, rend non seulement ses programmes d’immigration plus attrayants, mais offre également de nouvelles opportunités pour des catégories spécifiques de migrants de s’installer dans ce pays étonnant, avec toutes les facilités possibles. D’après Statistique Canada, le pays figure parmi les pays acceptant le plus de migrants au monde. Selon leur programme, il compte accueillir pas moins de 500 000 immigrants par année d’ici 2025.  Les personnes en galère, y trouvent certainement une occasion rarissime qui arrive à faire fantasmer devant toute cette amabilité et opportunité. D’ailleurs comme tout pays, le Canada a aussi beaucoup de charmes et avantages que d’autres pays n’ont pas.

Mais ne vous détrompez pas ! Si le Canada fait autant les yeux doux aux migrants, ce n’est pas par gentillesse (bien qu’ils soient réputés pour cela) mais uniquement car cela sert d’appât dans un but de sortir son économie de la situation difficile dans laquelle, il se trouve actuellement. En effet, si le pays favorise autant l’immigration internationale en masse, ce n’est pas juste pour offrir un permis de résidence et faire profiter ses ressources à tous ceux qui le souhaitent mais c’est bien dans un contexte spécifique. Ces ouvertures sont avant tout motivées par le fait que le pays fait face à une pénurie de main-d’œuvre sur le marché du travail et face à une population vieillissante. Le plan d’immigration n’est ainsi qu’un outil pour pallier les manques afin de redresser leur économie et les problèmes liés.

Qualité de vie

Si beaucoup de Mauriciens et migrants du monde entier optent pour le Grand Nord Blanc, c’est pour sa qualité de vie, qui est considérée par beaucoup comme l’une des meilleures au monde. En effet, dépendant des régions, une perception existe belle et bien que le coût de la vie y soit généralement moins élevé qu’en Europe, exception faite de Vancouver et Toronto. Généralement, on y vante les coûts abordables quant à la survie, l’accès à l’éducation et à la santé, la stabilité politique, les libertés individuelles, les possibilités de grandir ou la proximité de la nature.

En somme, les Canadiens jouissent d’un bon filet social qui assure à l’ensemble de ses résidents des produits et service de première nécessité. Des mesures d’aide et d’accompagnement sont continuellement mises en place en faveur des nouveaux arrivants en quête d’un emploi. Et l’accueil même s’il n’est pas aussi légendaire que le nôtre est plutôt positif comparé à certains pays d’Europe. De plus, le taux de criminalité y est relativement faible et ils prônent une culture d’ouverture. Mais nous allons voir tout cela en détail.

Service santé

Généralement, les services de santé sont gratuits au Canada. Une fois que le patient est ENFIN entré dans le système et qu’il obtient un rendez-vous, chez un spécialiste, la prise en charge est tout à fait correcte. Cependant, selon certains intervenants, l’aspect ACCES aux soins comporte quand même des failles. Selon les dires, la problématique est qu’il peut subvenir tard et faire perdre de longues semaines parfois vitales au patient. Ce dernier est généralement complètement impuissant en matière de délais sauf à avoir de la famille dans le corps médical qui passe des coups de fils aux bonnes personnes, souvent infantilisé et trimballé par les interlocuteurs de la santé.

Bien que les médecins québécois soient globalement d’un très bon niveau sur le plan académique, sur le plan humain, c’est un autre sujet. Est également pointé du doigt, le coût des soins dentaires. En effet, tous les soins ne sont pas pris en charge et parmi : Les soins dentaires et oculaires qui sont rarement couverts par l’assurance-maladie gouvernementale. Alors un détartrage effectué par un hygiéniste dentaire peut vous couter très chère. Pour soigner une carie, il faut prévoir au moins 140 dollars. Un traitement orthodontique pour un enfant : 7000 dollars.

Température

Au Canada, il faut savoir vivre avec ses saisons. C’est l’un des pays connaissant les conditions hivernales les plus rudes. Partout au pays, des épisodes de très grand froid peuvent nuire à la santé des personnes qui y vivent. Lors de chutes de la température en-deçà de la normale, il peut être difficile de vous tenir au chaud et en sécurité. Le froid menace quiconque n’est pas habillé chaudement, et beaucoup de personnes souffrent de gelures et d’hypothermie. Notamment : les sans-abris ; les travailleurs en extérieur ; et les personnes habitant des maisons mal isolées (sans chauffage ou sans électricité)

Par ailleurs, l’été n’est malheureusement pas plus attrayant en raison de la canicule. Le pays qui, par sa situation géographique se réchauffe plus vite que le reste de la planète, est confronté ces dernières années à des événements météorologiques extrêmes dont l’intensité et la fréquence sont accrues par le changement climatique. Cela à souvent tendance à se manifester par des incendies monstres, provenant des nombreux forets et espace verte qu’elle possède.

 

D’ailleurs, le vendredi 2 juin dernier, le Québec, été devenu l’épicentre d’un incendie monstre qui a embrasé une grande partie du Canada. Des hectares de forêt ont été avalés par les feux, après que la province a fait face à une centaine d’incendies. Des flammes de plusieurs mètres de haut ont ravagé tout sur leur passage. Au total, plus de 15000 Québécois ont dû quitter leurs logements. Et en quelques jours, les incendies ont dégradé la qualité de l’air à grande échelle.

 

Chance d’intégration

Si vous pensez que le Québec n’attend que vous, que vous ne fournirez aucun effort et que tout va simplement glisser, l’immigration Canadienne n’est pas pour vous. Bien sûr, il existe une infrastructure d’accueil et d’aide à l’intégration mais les chances de s’intégrer dépendent majoritairement de l’immigrant. Si ce dernier est timide, casanier, solitaire ou autres, il ne s’intégrera tout simplement pas. On doit se préparer aux changements avant et pendant l’immigration. Le Canada ne s’adaptera pas à vous, mais vous devrez vous adaptez au pays. Mais aussi, il faut bien comprendre qu’on habite ensemble mais chacun chez soi.

 

Racisme

À l’international, le Canada a la réputation d’être une terre d’accueil idyllique et inclusive. En réalité, le pays n’est pas toujours exemplaire et conserve un système sélectif incluant certaines formes d’exclusion raciale et socio-économique. Les politiques ont certes permis d’augmenter la diversité ethnoculturelle et raciale parmi les migrants économiques mais les intervenants ont cependant tous reconnu le racisme et la discrimination systémique dans leur immigration au Canada. Car même s’ils se sont dotés d’une politique de multiculturalisme structurée, il demeure que certaines personnes, eux, sont toujours fermé à la venue d’étrangers en masse chez eux.

 

De l’autre côté, les politiques migratoires excluent certains migrants en fonction des critères basés sur la classe sociale, la situation économique, et le niveau linguistique. L’exclusion socio-économique ayant lieu à plusieurs niveaux : pour rentrer, s’intégrer, et rester définitivement au Canada.

Travail

Pour le boulot, pas de soucis. Vous trouverez certainement un employeur prêt à vous embaucher si vous recherchez un poste de commis, vendeur/euse, serveur/euse, chauffeur/livreur, gardienne d’enfant, dans l’entretien, dans des usines, au ménage, et autres. Mais ne vous attendez pas à voir votre expérience professionnelle reconnue à sa juste valeur. Votre école, aussi prestigieuse soit-elle n’influencera pas votre salaire. Le petit boulot est un passage obligé pour la plupart des étrangers et les reconversions sont maitres. Et dans la plupart des cas, être livreur de pizza ou plongeur dans un restaurant ne débouchera pas forcément sur un poste de chef de projet par exemple. En fait, plus on reste dans un type d’emploi et plus il est difficile de rebondir.

Si vous êtes dans un métier régi par un ordre quelconque, attendez-vous à galérer. Cela concerne les ingénieurs, instituteurs, médecins, infirmières ou ingénieure. Seulement quelques pays ont un passe-droit quant à la reconnaissance des diplômes : on parle ici de la France, des États-Unis. Si vous avez fait médecine à Maurice, vous devrez refaire l’équivalent de 3 ans de “mise-à-niveau”… Même chose pour les ingénieurs. Des gens bardés de diplômes, finissent souvent dans une boucherie, une usine, ou encore comme chauffeurs de taxis.

 

Aussi ne vous attendez pas à trouver un poste dans les hôpitaux, à la Mairie, dans les services publics comme à Maurice. Seulement quelques chanceux auront ce privilège.

Impôts

De manière générale, si vous êtes légalement admis au Canada à titre de résident permanent ou temporaire (travailleur ou étudiant), l’Agence du revenu du Canada et Revenu Québec vous considéreront comme étant un résident fiscal. Et tous les résidents disposant d’un revenu doivent payer leur quote-part des dépenses de l’État qui serve à assurer des services à la collectivité. Tous doivent donc faire une déclaration annuelle de leurs revenus, quelle qu’en soit la source, aux fins de deux impôts soit provincial et fédéral. Car le régime fiscal du Québec, de même que celui du Canada, repose sur le principe de l’autocotisation. En quelques sortes, vous travaillez pour payer les infrastructures du Canada.

Les taux d’intérêts varient notamment de 15% à 24% pour les impôts provincial et fédéral distinctement. Ainsi même si vous êtes dans la tranche de revenu le plus bas possible, vous devrez quand même retourner 30% de votre salaire, tous les ans. Et cela peut monter jusqu’à 48%. Ce qui veut dire que si vous obtenez Rs 100 000 par an (par exemple), seulement Rs 52 000 seront dans votre poche et ce n’est qu’une façon de parler !

Les petites dépenses pas si petites

Si certaines choses telles que la nourriture, le logement, l’acquisition d’un transport ou autres sont super accessibles, d’autres le sont moins. D’abord, l’offre alimentaire qui reste bien moins étoffée qu’en Europe peut engendrer des coups additionnels, surtout si on est gourmets. Si on veut manger bon en goût et pour la santé, il faut payer assez cher. Mais aussi, le climat engendre des coûts importants par rapport aux amplitudes thermiques (entretien des voitures, toitures…) Puis, le permis de conduire et les droits d’immatriculation sont payables annuellement. Il y a des taxes qu’il faut payer, même à l’acquisition d’un véhicule d’occasion.

Pas de deuxième chance en cas d’accidents de la vie

Comme en Amérique du Nord, ATTENTION aux accidents de la vie : Une maladie grave ? Si mauvaise assurance, le coût des soins et médicament peut devenir prohibitif et ensuite, il sera très difficile (voire impossible) de souscrire certains contrats d’assurance (assurance-vie par exemple). Un divorce houleux ; Un accident de voiture ; un problème avec la justice, tout cela peut vous couter gros et chère. Le concept de la « seconde chance » ne semble pas très répandu sur le continent américain.

Cash machine

Si par malchance, vous avez un jour besoin d’un avocat ou d’un expert-comptable ? 280 dollars de l’heure hors taxes pour un bon professionnel et cela peut même atteindre 400 dollars de l’heure voire plus à Montréal. Si ce dernier vous téléphone pour savoir où vous en êtes car il n’a pas de vos nouvelles ? Il vous facture le temps de conversation téléphonique (1/4 d’heure = ¼ de 280 dollars sur votre prochaine facture) alors que c’est lui qui est demandeur et à l’initiative de l’appel. Oui les professionnels vendent très chèrement leur précieux diplôme québécois !

Marché réglementé

Si vous avez un rêve pour devenir businessman ou d’avoir un jour votre entreprise, à ce niveau également, ce sera un problème. En réalité, le marché Canadien est préservé de l’entrée de concurrents agressifs par des normes protectionnistes assez fortes sur beaucoup de produits.

Les barrières à franchir et les coûts pour importer au Canada sont telles que le nombre d’acteurs sur chaque marché est réduit en général aux grosses entreprises déjà présentes historiquement.

Autre exemple, le marché bancaire est définitivement fermé, avec un nombre de convives définis (les BIG 6) qui se partagent le gâteau après s’être entendus les uns les autres, avec la bienveillance des autorités. Le gouvernement canadien limite la concurrence étrangère des entreprises de téléphonie sans-fil, ce qui induit les tarifs indécents des abonnements cellulaires (Canada 2ème pays OCDE le plus cher en la matière).

Accepter

Pour conclure, on dira le Canada n’est pas non plus un pays qu’il faut à tout prix éviter mais reste une belle terre d’accueil pour ceux qui le souhaitent. Si vos ressources financières vous le permettent et si vous êtes parrainés lors de l’installation, par un employeur ou une famille, votre aventure vous paraitra moins compliquée. En essayant de vous habituer, vous pourrez même trouver la vie au Canada intéressante, passionnante et pleine de charme.

 

0 Comments

Laisser un Commentaire

Dernière édition

Le Xournal
Lire en ligne

Xournal Dimans

Le Xournal
Lire en ligne