En toute simplicité : zoom sur Mgr Jean Michaël Durhône, le nouveau Berger de l’Eglise Catholique à Maurice ?

by | Aug 20, 2023 | Actualités, Société

La nouvelle est tombée le vendredi 19 mai à 14h précises : le Pape François a nommé le père Jean Michaël Durhône, évêque de Port-Louis. Depuis les préparatifs vont bon train pour accueillir le 12e évêque de Port-Louis. Cet homme dont l’entourage qualifie de réservé, mais toujours souriant et « tranquillement heureux ».

Agé de 52 ans, Jean Michaël Durhône, succède en ce dimanche 20 août, au cardinal Maurice Piat. Apôtresle 3e prêtre mauricien à succéder aux apôtres en terre mauricienne. Pour les Catholiques, c’est une grande fierté de voir cet homme, ordonné prêtre le 7 août 2005, devenir le 12e évêque de Port-Louis… Mais qui est Jean Michaël Durhône ? Réponse dans ce reportage.

Issu d’une famille de neuf enfants, Jean-Michaël Durhône est né le 5 juin 1973 à Vacoas. Il est le benjamin d’une fratrie de neuf enfants ; il a quatre frères et quatre sœurs. Il est le petit dernier. Le nouvel évêque a fait ses études primaires à l’école Notre Dame de la Visitation à Vacoas.

Passionné par la littérature indienne, il désirait rejoindre le Mahatma Gandhi College. Mais comme il le dit, le Seigneur en avait décidé autrement et c’est au collège Saint-Joseph qu’il a fait ses études secondaires et découvre sa foi chrétienne. Dans un entretien, il raconte qu’il a toujours été proche des autres religions. Il avait même intégré le Youth Tamil Club et il était le seul enfant non-tamoule et cela ne le dérangeait. D’ailleurs, dans sa localité, il côtoyait des Mauriciens de toutes les religions et il compte d’ailleurs, des cousins et cousines de foi musulmane. Malheureusement, Jean-Michaël Durhône a perdu son père en 2002 et sa mère en 2020. Il a aussi un frère qui est mort il y a trois ans.

Après ses études secondaires, le jeune Jean-Michaël Durhône est entré à l’Institut de Pédagogie de l’ile Maurice, puis il s’est lancé dans l’enseignement. En grandissant, il a découvert sa foi et son grand amour pour Dieu. Jean-Michaël Durhône a choisi alors de devenir un homme d’église. Il a commencé son cheminement au service des vocations du Diocèse de Port Louis en 1993, puis il est parti à Nantes.

Le 7 août 2005, il a été ordonné prêtre. Aussitôt son ordination, le père Durhône a été nommé vicaire à la cathédrale Saint-Louis. En 2010, il poursuit des études de catéchèse à l’université Lumen Vitae en Belgique. A son retour en 2012, il est nommé responsable de la Catéchèse et du Service des Vocations ainsi que vicaire à la paroisse Sainte-Hélène, à Curepipe.

Puis, Jean Michaël Durhône est nommé aumônier des Servants d’autel en 2012, du Collège St Mary’s, Rose-Hill, en 2013 et de la Jeunesse ouvrière catholique en 2018. En septembre 2015, il est curé par intérim à Notre-Dame-de-la-Visitation, à Vacoas avant d’être nommé vicaire à Saint-Sauveur, à Bambous.

Le 31 juillet 2016, le Cardinal Piat le nomme Délégué épiscopal du Service diocésain de la catéchèse et du catéchuménat.

Jean Michaël Durhône occupe également le poste de secrétaire de la Conférence Episcopale de l’Océan Indien (CEDOI). En 2020, le Cardinal Piat lui confie la charge du Service diocésain de la Pastorale des Jeunes.

Autre fonction qu’il a occupée au sein de l’Eglise, il a été aumônier diocésain de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, délégué de l’évêque au journal La Vie Catholique, Curé de la paroisse de Notre Dame du refuge et Sainte Famille…

Et c’est le 19 mai, qu’il a été nommé Evêque de Port Louis.

Un homme très apprécié

Le père Jean Michaël Durhône, est le 12e évêque de notre île et le troisième prêtre mauricien à occuper cette fonction… Pour lui, c’est la fin d’un chapitre et le début d’une nouvelle aventure. Depuis que sa nomination a été annoncée, les félicitations affluent de toutes parts.

Jacques Durhône, le grand frère du nouveau chef du diocèse mauricien, ne cache pas sa joie à la suite de cette annonce. « C’est une grande nouvelle pour la famille. Je vaquais à mes occupations quand j’ai entendu sa nomination à la radio. J’ai pris quelques secondes, puis je me suis dit : mais on parle de mon frère ! J’ai été choqué et j’ai eu des frissons. J’ai ressenti quelque chose d’inexplicable. Toute la famille est vraiment fière et heureuse pour lui et on le félicite », a-t-il confié à la presse.

L’élève à la matricule 8392

Alors que Marie-Lise Yan, rectrice du collège Saint-Joseph, s’est remémorée du parcours de l’élève à la matricule 8392.

« Nous avons une tradition au collège. Chaque élève a une matricule propre à lui qui est conservée dans un grand registre manuscrit. J’ai eu l’occasion d’aller chercher dans les archives et j’ai pu retrouver celui de Mgr Durhône qui est le 8392 », explique-t-elle.

Elle se souvient aussi que Mgr Jean-Michaël Durhône faisait partie de la fameuse bande de F3 Blue. Elle y enseignait l’anglais et la littérature anglaise.

Marie-Lise Yan parle d’un jeune homme réservé, mais toujours souriant et « tranquillement heureux ». Elle a aussi eu l’occasion de côtoyer son ancien élève en tant que prêtre et elle affirme qu’il est une grande force tranquille. J’apprécie l’authenticité de son être. Il a toujours eu ce regard franc et honnête, souligne la rectrice du St-Joseph, avant d’ajouter que  son ex-élève fera un bon évêque. « J’ai entendu beaucoup de personnes dire que succéder au Cardinal Maurice E. Piat n’est pas chose facile, mais je n’ai aucun doute sur son charisme. Il saura marquer cet épiscopat de sa personnalité », confie-t-elle avec conviction.

La fierté de ses amis

Au collège Saint-Joseph à Curepipe, la nomination de Monseigneur Jean-Michaël Durhône à la tête du diocèse de Port-Louis revêt une dimension exceptionnelle. Dans un entretien accordé à la presse, Rahmat Jauhangeer, un de ses amis du collège affirme qu’il avait appris que son ami faisait partie du petit groupe de prêtres, parmi lesquels un évêque devait être choisi. « J’étais déjà très fier de lui. Mais quand j’ai appris la nouvelle, j’ai ressenti une joie immense. C’était tellement inattendu », avoue-t-il avec une fierté des plus légitimes.

Un autre ami, Gervais Gaiqui abonde dans le même sens. « En tant que catholique, j’avais entendu des noms, dont certains étaient très médiatisés. À aucun moment-, on n’avait évoqué le Père Durhône. J’ai été surpris et vraiment très content pour lui. »

Alors que Navin Gopall qui l’a aussi côtoyé soutient : « Au bureau, je ne manque pas de dire à tout le monde que le nouvel évêque est mon ami. Je suis tellement content pour lui. He is the right person in the right place.»

Selon eux, le Père Durhône est quelqu’un de calme, timide, humble, mais terre à terre et avec un sens de l’humour. Une des personnes qui l’a côtoyée durant ses années collèges affirme que ses amis le taquinait toujours en ces termes : « To pou vine mon père toi ? ».  Car il n’utilisait jamais de mots vulgaires ou grossiers.

En toute humilité

D’ailleurs, le principal concerné a démontré ses qualités dans un entretien paru dans la presse mauricienne.

Invite à parler de sa vocation, Monseigneur Jean-Michaël Durhône a confié que c’est un processus lent, un cheminement, une suite de rencontres, de réflexions et d’interrogations. Il indique que jusqu’à 15 ans, il avait une vie réglée qui le satisfaisait totalement : école, football pendant la récréation, leçons, football au Gymkhana, puis re-football devant la télévision. « J’ai commencé à réfléchir sur le sens que je voulais donner à ma vie en participant, à 16 ans, à une retraite organisée par le collège à laquelle j’y suis allé un peu à contre-cœur parce que c’était en pleine période de révision. Il revient aussi sur un incident, qui dit-il a été déterminant. ‘Je devais aller à une retraite, mais je suis arrivé en retard à la gare et j’ai raté le bus. Je suis retourné chez moi en me disant que je n’irais pas. Mais mon père ne l’a pas entendu de cette oreille et a décidé de me conduire à la retraite en voiture. Les choses se sont précisées petit à petit et ma vocation s’est fortifiée.’

Il avance aussi qu’à un moment, il est tombé amoureux d’une jeune fille qui faisait partie d’un groupe de réflexion. Alors deux choix s’offraient à lui : le mariage ou la prêtrise. Il fallait choisir entre l’amour pour une personne et un amour qui se met au service d’une multitude de personnes et le choix a été facile.

Parlant des qualités pour être un bon évêque, Monseigneur Jean-Michaël Durhône dit croire qu’il doit savoir prendre le temps d’écouter ses collaborateurs, ceux avec qui on partagera la charge, écouter les membres de l’Église et écouter aussi la société civile. « Il faut qu’il soit quelqu’un qui aime son pays et soit prêt à apporter sa contribution pour le faire avancer. Il faut qu’il s’exprime sur les grandes questions de notre temps : les droits et la dignité humaine, le changement climatique, les enjeux économiques, le combat contre la drogue… Bref, tous les sujets qui nous préoccupent. Une de mes priorités sera l’éducation, parce que la construction d’une société repose sur l’éducation, la capacité de savoir et de se former, pour pouvoir grandir, » a-t-il souligné dans cet entretien.

Pour Monseigneur Jean-Michaël Durhône, un prêtre doit avoir une liberté d’expression. Il n’est pas muselé, mais il a des responsabilités par rapport à ce qu’il dit et ce qu’il fait. Il doit se comporter de manière à ce qu’il ne soit pas – et l’Église avec lui – soupçonné de soutenir une tendance ou un parti politique. Chaque prêtre doit, comme tout Mauricien, assumer ses propos et son comportement, et veiller à ce qu’il ne mette pas le feu à notre tissu mauricien fragile. Chacun doit, donc, assumer ses responsabilités, précise-t-il.

Ajoutant que l’Église prend toujours position quand il s’agit des questions de droits humains, de dignité humaine et de liberté. Cela dit, chaque évêque a son style, sa personnalité, sa forme et sa manière de dire, mais le fond ne change pas : l’Église prend toujours position quand il s’agit des questions de droits humains, de dignité humaine et de liberté démocratique. Etre calme et posé ne signifie pas qu’on ne prenne pas la parole quand il le faut, quand la situation l’exige.

Parlant de la chose politique, le nouvel évêque a affirmé que l’Église ne prend pas position pour un camp ou un autre. Son rôle est d’aider le Mauricien à faire preuve de discernement pour qu’il puisse prendre ses responsabilités en tant que citoyen. La mission de l’Église est de rappeler au citoyen qu’il ne soit pas se désintéresser de cette question, de l’importance d’exercer son droit de vote, après avoir étudié les différentes propositions, ainsi que les programmes et projets de société.

En outre, Monseigneur Jean-Michaël Durhône a souligné qu’un évêque doit apprendre. ‘Je crois que c’est dans le travail sur le terrain et les rencontres avec les autres, au sein de l’Église et au-delà, que je vais apprendre à devenir un évêque,’ a-t-il souligné avec humilité.

Hors texte

Passage de relais

Tout comme Monseigneur Jean-Michaël Durhône, le Cardinal Piat avait également été nommé évêque de Port-Louis à l’âge de 52 ans.

Pour rappel, c’est en 2016 que Mgr Maurice E. Piat a soumis au pape François sa lettre de démission en tant qu’évêque de Port-Louis. En novembre de cette même année, il avait été élevé au rang de cardinal par le pape François.

Le nouveau patron de l’église catholique à Maurice, a choisi pour devise épiscopale : « Reçu gratuitement pour donner gratuitement ». Cette devise est inspirée de l’Évangile de Saint Matthieu. Elle évoque la continuité. C’était la même que Durhône avait choisi pour son ordination comme prêtre, en 2005.

En toute simplicité

Dans son livret d’ordination, Monseigneur Jean-Michaël Durhône a tenu d’ores et déjà à s’adresser aux fidèles.

« Depuis ma nomination comme votre nouvel évêque, j’ai été très touché par tous ces messages de soutien que j’ai reçus. Je voudrais rendre grâce au Seigneur pour toutes ces personnes qui se sont mises en route pour préparer mon ordination épiscopale le dimanche 20 août,’ a-t-il écrit.

Un peu plus loin, il a invité tout un chacun à le porter dans la prière et les invite à venir célébrer dans la joie son ordination pour ‘devenir avec vous et parmi vous le pasteur selon le cœur de Jésus Christ le Bon Berger.’

Les détails pratiques

Plusieurs évêques feront le déplacement pour cette ordination :

Gilbert Aubry (Evêque émérite de Saint-Denis de la Réunion)

Pascal Chane Teng (Evêque nommé de Saint-Denis de la Réunion)

Charles Mahuza Yava (Vicaire Apostolique de l’Archipel des Comores)

Fabien Raharilamboniaina (Président de la Conférence Episcopale Malgache et Evêque de Morondava)

Père Luc René (Administrateur du Vicariat Apostolique de Rodrigues)

Les plus hautes autorités de l’Etat ainsi que l’ensemble des députés ont été invités à la célébration.

A 13h, le père Laurent Rivet proposera une animation spirituelle à Marie-Reine-de-la-Paix. La célébration commencera à 14h pile et sera retransmise en direct sur la MBC 2.

Les Mauriciens sont invités à y venir nombreux. D’ailleurs, les différentes paroisses s’organisent pour faire de cette cérémonie, un évènement inoubliable.

 

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