Ce que les Mauriciens vivent au Canada : Ni la terre promise, ni l’eldorado attendus par ceux qui sont tentés par l’aventure

by | Aug 1, 2023 | Actualités

Penser que l’herbe est plus verte ailleurs ou fantasmer sur des lendemains meilleurs sont sans doute ce que les agents d’immigration et des firmes spécialisées dans l’exode pour ne pas dire l’exil tentent de vous vendre. Derrière quelques ‘success stories’, il y a beaucoup d’horreurs sur le revers de la médaille. Le Canada entre mythe et réalité fait déjà frémir.

Pour beaucoup de Mauriciens, leurs aventures Canadiennes, ne se sont pas résumé aux splendides paysages de la nature qu’on retrouve sur les cartes postales ou les après-midis détente dans les parcs. Et même si le sirop d’érable est particulièrement accessible partout dans le pays, nombreux ressassent un gout amer de leur voyage, pour maintes et diverses raisons. La première étant que les employeurs ne blaguent pas sur cet aspect de ‘venir pour travailler’. En effet, des Mauriciens avec qui nous avons parlé, ont raconté à quel point il faut bosser dur et fort, pour ne pas dire trimer, avant de pouvoir finir sa journée et de rentrer chez soi. Car bien qu’en matière de conditions, de bien-être et de sécurité, plusieurs avantages sont mis à la portée des employés, il faut bien comprendre que lorsqu’on est sur son lieu de travail, aucune place n’est plus permise pout tout autre chose mais chaque dollar est reçu pour l’effort donné et la sueur versée.

Comme nous le conte cet ancien habitant de Rose-Hill. Agé maintenant de 33 ans, celui qui a commencé son immigration au Canada depuis plus de trois ans, explique qu’à Maurice, il travaillait dans une entreprise privée spécialisée dans les produits nettoyants. Aujourd’hui ce père de famille, bosse dans une usine de volaille dans une région de l’Ontario. Sa tâche consiste à attacher des poules avec une corde. Une des exigences de ses patrons, il doit en attacher au moins huit par minute. Le décompte a lieu à la fin de la journée et s’il n’a pas atteint l’objectif, cela peut entraîner des conséquences sur son salaire.

Se tuer à la tâche

Autre témoignage, cet ancien habitant de la capitale, détenteur d’un ACCA et qui travaillait à la caisse dans une branche de la banque, Bank-one, à Maurice. Quand l’occasion s’est présentée, il s’est tout de suite rué vers le Grand Nord Blanc, laissant tout derrière lui. Mais sur place, notamment dans un quartier du Québec, c’est dans une grande boucherie qu’il s’est retrouvé. Son travail consiste aujourd’hui à couper et nettoyer des cochons. Le trentenaire affirme que tout se fait sur un rythme de 50 cochons par jour pour un équipe de quatre personnes. Toutefois, il avoue que son cachet demeure alléchant.

Parmi les autres intervenants, on retrouve Robert et Jordan, deux jeunes issus d’une localité de Port-Louis. Le premier était électricien et le second soudeur à Maurice. Aujourd’hui, ils travaillent tous deux sur un même chantier au Quebec dans leur filière professionnelle. Et alors qu’ils ont dû recommencer tout leur processus bien que possédant des certificats et de l’expérience dans leur domaine, ils affirment que leur travail n’est pas de tout repos. Les deux soutiennent que malgré leurs bonnes conditions physiques, ils ont été à plusieurs reprises, pris de malaise sur leurs lieux de travail, tellement ils sont confrontés à des taches difficile toute au long de la journée. Et à cela s’ajoute des supérieurs et collègues canadiens qui abusent de leurs positions.

L’aventure canadienne laisse un goût amer

A Moka, aujourd’hui Dawood est chauffeur de taxi marrons mais le quadragénaire n’a pas toujours fait ce métier. Auparavant, il était un employé de la poste de Maurice et il comptait plusieurs années de service. Ce dernier avait décidé de tout plaquer en 2017, pour aller travailler dans une usine de papier au Canada. Cependant, trois ans plus tard, ne pouvant plus supporter son nouveau style de vie et son nouveau travail, il a préféré retourner au pays. Cela-dit, il n’a pas pu retrouver son ancien job et doit maintenant utiliser sa voiture comme gagne-pain, en raison de son âge avancé.

Krish, un habitant de Chemin Grenier, lui, a connu plus de succès. Déjà propriétaire de plusieurs arpents de terrain et de business à Maurice, il a réussi à faire prospérer quelques entreprises au pays de Justin Trudeau, pendant les 30 ans, qu’il a vécu là-bas. Mais ce n’est pas pour autant qu’il conseille aux Mauriciens de s’y rendre surtout si la détermination pour se tuer au travail n’y est pas. Il affirme avoir trouvé beaucoup de nos compatriotes et même des familles regrettées amèrement leurs décisions. De souligner « pa pensé si travay fini 17hr depi 16;30 fini coumans al preparé dan twalet ou ki lindi pe pren congé, pena sa isi »

Si certains parlent d’argent que l’on peut gagner. Peu vous diront que les taxes peuvent grimper jusqu’à 45%. De plus, il faut s’endetter pour tous ce que l’on veut acquérir. Sans compter le Capital Gains Tax pour la revente des plus-values.

Parmi les témoignages, nous avons également des policiers et d’autres personnes qui travaillaient à leur propre compte comme maçon, charpentier ou peintres, qui ont tenté l’aventure et qui aujourd’hui regrettent. Même s’ils n’ont pas eu d’autres choix que de rester là où ils sont car les alternatives manquent, leur seul désir reste de retourner un jour à Maurice, qu’il qualifie de paradis.

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