Économie mondiale…Sans surprise, Ajay Banga devient président de la Banque mondiale

by | May 4, 2023 | Actualités, Economie, Monde

Seul candidat en lice, Ajay Banga a été élu président de la Banque mondiale à l’issue d’une réunion du conseil d’administration. Il devrait prendre ses fonctions le 2 juin prochain.

L’Américano-indien de 63 ans, a assuré à plusieurs reprises vouloir donner la priorité au financement de la lutte contre le réchauffement climatique et à la réforme de la Banque mondiale.

Traditionnellement, la BM est chasse gardée des États-Unis, dont un citoyen a toujours dirigé la Banque depuis sa création. Mais cette hégémonie était de plus en plus remise en cause, notamment par les grands pays émergents, Brésil, Chine, Inde et Russie en tête, qui souhaitent, depuis plusieurs années, voir leur place dans les institutions financières internationales se renforcer.

Un choix stratégique

Dans un contexte de montée des tensions géopolitiques, la décision américaine de proposer la candidature d’Ajay Banga (qui est né et a grandi en Inde), était tout sauf anodine. En effet, il semblerait alors que les États-Unis tentent de se rapprocher de l’autre géant asiatique pour contrer l’influence chinoise dans la région.

Dès sa désignation, Banga s’est lancé dans une tournée mondiale visant à promouvoir sa candidature et à obtenir le soutien d’un maximum de pays, en particulier émergents et en développement. Il a ainsi pu compter sur l’Inde, le Kenya ou encore l’Afrique du Sud, qui ont soutenu sa candidature.

Mais pas seulement, puisque Banga a aussi pu compter sur le soutien d’un certain nombre de pays francophones, notamment, comme le rappelait Abdoul Salam Bello, administrateur de la Banque mondiale représentant 23 pays africains.

Un défi de taille

Le plus dur reste désormais à faire pour Ajay Banga, qui devra répondre aux attentes sur deux dossiers brûlants et liés: la réforme des institutions financières internationales, à commencer par la Banque mondiale, et une montée en puissance du financement de la lutte contre le réchauffement climatique.

D’autant que les besoins sont énormes, comme l’a rappelé à plusieurs reprises le FMI; un minimum de 1’000 milliards de dollars par an sera nécessaire sur les prochaines années pour aider les pays émergents et en développement à y faire face.

Lors des réunions de printemps, les principaux contributeurs à la Banque mondiale se sont entendus pour augmenter ses capacités de financement de 50 milliards de dollars sur les dix prochaines années, un effort important mais notoirement insuffisant comparé aux besoins.

Afin d’y répondre, Ajay Banga n’a pas caché sa volonté d’embarquer le secteur privé. Parmi les solutions préconisées, il envisageait notamment de repenser l’approche de financement par projets précis, de manière à être plus incitatif à l’égard du secteur privé. Il aura désormais la possibilité de passer de la théorie à la pratique.

 

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