Iran : sept militantes libérées scandent des slogans devant leur prison

by | Feb 10, 2023 | Monde

Des médias iraniens ont annoncé la libération de plusieurs militantes et journalistes de la prison d’Evine, qui sont sorties en chantant.

Rées à la prison d’Evine ont été libérées, selon des médias basés à l’étranger soutenant les manifestants. Ces derniers s’appuient sur des vidéos des détenues libérées chantant des slogans devant la prison. Parmi elles figurent Saba Kordafshari, détenue depuis 2019 alors qu’elle militait contre le port du hidjab, et la photographe Alieh Motalebzadeh, dont le dernier séjour en prison avait débuté en avril dernier. Après leur libération, elles ont scandé le slogan du mouvement « Femme, vie, liberté », ou encore « À bas les oppresseurs dans le monde », d’après une vidéo diffusée par Mme Motalebzadeh sur son compte Twitter.

« Elles ont joué un rôle essentiel dans le mouvement pour le droit des femmes et ont été injustement détenues ces dernières années », a estimé le groupe Front Line Defenders (« Défenseurs de première ligne »). « Leur place est réellement au cœur du mouvement ». Les autres détenues libérées sont Fariba Asadi, Parastoo Moini, Zahra Safaei, Gelareh Abbasi et Sahereh Hossein, des militantes qui, pour certaines, ont déjà passé plusieurs années en prison.

« Grâce hypocrite » ?

Les autorités iraniennes ont déjà relâché cette semaine Armita Abbasi, 20 ans, jugée en janvier après avoir été arrêtée en octobre 2022 lors de manifestations dans la ville de Karaj, près de Téhéran. En novembre, la chaîne américaine CNN, citant des fuites et une source médicale anonyme, avait affirmé qu’elle avait été admise à l’hôpital après avoir été violée en détention. Les autorités ont démenti. Après sa libération, elle a remercié ses soutiens dans une vidéo sur Instagram.

Prême, l’Ayatollah Ali Khamenei, selon laquelle il avait accepté de gracier un nombre important de prisonniers. Les défenseurs des droits de l’homme avaient appelé à la plus grande prudence, évoquant la poursuite des arrestations et le maintien en détention de nombreux militants. « La grâce hypocrite de Khamenei ne change rien », a dénoncé Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, évoquant de la « propagande ».

Des milliers de personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans le mouvement de contestation déclenché par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans arrêtée pour le non-respect du code vestimentaire très strict imposé aux Iraniennes.

 

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