Budget 2022-2023: Les démagogues veulent-ils faire tomber la démocratie ?…

by | Jun 22, 2022 | Opinion

Cette semaine a surtout été marquée par les nombreux discours de nos politiciens autour de la présentation du budget 2022-2023, le 7 juin dernier. Si on pouvait trouver un autre nom pour notre opposition parlementaire et extra-parlementaire, démagogie aurait fait l’affaire. Comme chacun le sait, la démagogie a bien exterminé la démocratie à Athènes, en Grèce. Et s’il fallait différencier un démagogue et un escroc, l’unique différence réside dans la taille de la tentative d’enfumage et pas dans les principes de fonctionnement. Voilà à quoi joue dangereusement l’opposition en faisant planner le spectre du Sri Lanka.

Pour pouvoir parler de ce sujet, il nous faut comprendre ce que c’est que la démagogie. Merci à Wikipedia pour la définition simple et facile. « La démagogie (du grec demos « le peuple » et ago « conduire ») est une notion politique qui explique les façons par lesquelles les dirigeants mènent le peuple en le manipulant pour s’attirer ses faveurs, notamment en utilisant un discours flatteur ou appelant aux passions… », n’est-ce pas là, la pratique des Boolell, Mohamed, Ramgoolam, Anquetil ou autres Joanna Bérenger? Qu’avons-nous entendu de concret depuis la présentation du budget de la part des Rouges ? « Nous aurions fait, A à la place de B et C à la place de D » ou encore, «il fallait faire X à la place de Y » et bien sûr, « nous à l’époque, nous avions fait M et non N » …

Messieurs et mesdames démagogues du Parti Travailliste, la population dans son ensemble se souvient que sous votre gouvernement, la Basic Retirement Pension était de Rs 3 623 et que le salaire minimum des femmes ‘cleaners’ ne dépassait pas les Rs 1 500 mensuellement. Quand le gouvernement donne au peuple, c’est qu’il reconnaît que la population a besoin de soutien et pas qu’on l’asperge de faux arguments pour leur faire perdre espoir. Pour sa part, Arvin Boolell a tenu une conférence de presse pour ‘avertir’ la population que Maurice va ‘finir comme le Sri Lanka’, quelques minutes seulement après le discours de Padayachy. Une obsession qui dévoile clairement que l’Opposition n’est pas entièrement innocente pour les dérapages du 22 avril dernier. De la démagogie pure et simple !

Quelques rappels sonores !

À entendre Shakeel Mohamed critiquer le gouvernement sur la mesure concernant les veuves musulmanes comme étant déjà existante, on se demanderait si l’ancien ministre du Travail ne serait pas en train de perdre le cap ! Comme dirait cette phrase, « 20 ans dans la marine, jamais vu la mer ! ». La vérité est que Shakeel Mohamed, ancien Ministre au gouvernement de Navin Ramgoolam, n’a jamais soulevé le petit doigt pour les veuves musulmanes, publiquement durant son mandat, et a aujourd’hui le culot de critiquer et de chercher un gain politique sur le malheur de ces dames auxquelles le gouvernement de Pravind Jugnauth a accordé une attention particulière. Un discours vide, lourd et non-sens de celui qui se veut être Calife à la place du Calife, applaudi par ses sous-fifres.

Heureusement, la Ministre Kalpanah Koonjoo-Shah lui a rappelé : «What hon. Shakeel Mohamed conveniently, and I must say, deliberately omitted to say is that the Muslim Family Council was set up in 1991 and the Prime Minister then was the late Sir Anerood Jugnauth.»

Lui qui venait de critiquer des décisions de 1987 aurait du mal à faire comprendre pourquoi alors en 1995, il a choisi de démarrer sa campagne au sein du MSM.

L’honorable Vikash Nuckcheddy a tout juste rappelé : « Yesterday, hon. Shakeel Mohamed was very harsh against the MSM and especially, Late Sir Aneerood Jugnauth. He mentioned that Late Sir Aneerood Jugnauth has done injustice to a part of the population in 1987. I find it strange that now, in 2022, he finds an injustice, but when he needed a party to launch his political career, he found no other party than the MSM of Late Sir Aneerood Jugnauth!

But, Mr Speaker, Sir, it is under the same MSM, under the leadership of the same Late Sir Aneerood Jugnauth that hon. Shakeel Mohamed started his political career in 1995!”

Avant que son collègue de la circonscription No 9, le ministre Deepak Balgobin l’a administré une piqure de rappel sur le fait que les députés félicitent ou font référence au Premier Ministre durant leurs interventions : « Mr Deputy Speaker, Sir, a little bit earlier, we heard hon. Shakeel Mohamed saying one thing: that each one of us here, on this side of the House, we only thank our Prime Minister, and we only take his name. As if, we do not think! It is only the Prime Minister who thinks and we just listen! He said this a bit earlier on.

But, Mr Deputy Speaker, Sir, he tends to forget. Let us have a look at Hansard for the Budget debates of 2013-2014. Hon. Mohamed was Minister of Labour, and I have it here, Mr Deputy Speaker, Sir. You know how many times in his speech he mentioned hon. Dr. Navin Ramgoolam? How many times in his speech he mentioned the hon. Prime Minister? I will tell you! 29 times, he said hon. Prime Minister!

6 times, he mentioned –

“(…) hon. Dr. Navinchandra Ramgoolam(…),

Under the leadership of hon. Dr. Ramgoolam (…),

I commend our hon. Prime Minister (…),

I thank our hon. Prime Minister (…).”

Again, in the next paragraph, “under the leadership of our hon. Prime Minister.”

That is only in one Budget debate, Mr Deputy Speaker, Sir! 2013-2014! Because next year, in 2014, li ti pe rod tiket li osi! You do not come and say this! ».

Plus tôt, Vikash Nuckcheddy avait également reproché au député du No 3 d’avoir critiqué les backbenchers du gouvernement, qui ne fustigent pas les mesures budgétaires en ces termes : « Hon. Shakeel Mohamed mentioned that we backbenchers, we should be able to come and pinpoint the lacunas of the Budget but, Mr Speaker, Sir, I went through the several interventions of hon. Shakeel Mohamed while he was sitting as the Third Member of the Constituency No. 13 as a backbencher from the year 2005 to 2010, there is not a single time where he dared to raise his finger at the measures of the then Government. He said nothing when NRPT was implemented. He said nothing when interest on saving accounts of kids was taxed. He said nothing when other such measures were implemented. I understand his position as these were the measures, like he said, of his Pradhan Mantri. His Pradhan Katori Mantri had control of everything! »

« L’épisode micro ? »

Il y a aussi ces femmes critiquant le Speaker après les expulsions des députés Karen Foo Kune Bacha, Joanna Bérenger ou encore, Arianne Navarre Marie et qui ont été «named ». Tout de suite, on évoque que cela porte atteinte à la femme en politique. « Où était ces dames, notamment Stéphanie Anquetil, quand une femme parlementaire se faisait insulter publiquement par son leader lors d’un rassemblement du 1er mai pour ‘un micro’ .

L’Entente du ‘Desespwar’

Revenons à notre définition de Wikipedia sur la démagogie ! En général, le discours du démagogue sort du champ du rationnel pour s’adresser aux pulsions, aux frustrations du peuple, à ses craintes… C’est ce que tente de faire l’entente dite ‘l’Espoir’. Ce regroupement du MMM, PMSD, Reform Party et Nando Bodha a recours à la satisfaction immédiate des attentes ou des souhaits les plus flagrants du public ciblé, sans recherche de l’intérêt général mais dans le but de s’attirer personnellement la sympathie et de gagner des soutiens.

Cela est visible dans les discours de Paul Bérenger, qui a concédé dans un premier temps que le gouvernement a fourni des efforts pour ensuite se montrer fidèle à sa réputation d’éternel insatisfait. La notion de la démagogie nous vient donc de la Grèce antique où être un démagogue consistait à raconter au peuple que la farine serait chère (pour plaire aux paysans) et le pain bon marché (pour plaire aux autres). En termes simples, le démagogue tient des propos qu’il sait sont idiots et contradictoires les uns avec les autres en pensant que cela va l’amener à être élu, et donc à vivre aux dépens des autres sans avoir à travailler vraiment.

Nando Bodha a lui aussi sombré dans cette catégorie quand il semble vouloir dire qu’il avait les mêmes propositions dans son programme du Rassemblement Mauricien.

Pour Aristote, la démagogie, comme l’anarchie, étaient des maladies de la démocratie et le principe est le même, le démagogue et l’escroc pensent que le peuple est idiot, et dans le fond, cela les amuse de les tromper…

Pour ces démagogues, le Premier Ministre et le Ministre des Finances ont tort ! Ils ont tort de dire que le Budget a été préparé dans un contexte difficile, lié à la crise sanitaire-économique de la Covid-19 et de l’autre, la guerre Ukraine et Russie. Il faut se rendre compte que cette démagogie a commencé avant, en même temps que le Ministre des Finances a entamé sa préparation pour le grand oral du 7 juin dernier.

Si l’opposition parlementaire se contente de critiquer dans les conférences de presse et au Parlement, l’Opposition Extra-Parlementaire de Laurette, Darren, Valayden ou Sunnassee, elle, est plus active. Souvenons-nous que la démagogie a anéantie la démocratie en Grèce !

Les tentatives d’émeutes en avril, cumulées par la sortie soudaine des vidéos sur des cas de brutalités policières au mois de mai et la série de dénonciation suivant ces vidéos, le tralala médiatique… Pensez-vous que toutes ces actions sont anodines ? Si le gouvernement veut travailler pour le peuple avec le peuple, d’autres cherchent à retourner le peuple contre le peuple.

À bon entendeur, salut !

Tierra Del Fuego

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