Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy déclaré coupable et condamné à un an de prison ferme

by | Oct 4, 2021 | Politique

L’ex-chef de l’Etat a été reconnu coupable, dans le dossier Bygmalion, pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy a annoncé faire appel de la décision.
Un an de prison ferme, sous bracelet électronique. Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable ce jeudi 30 septembre par le jugement du tribunal pour « financement illégal de campagne » à l’issue du procès Bygmalion.
La peine « sera aménagée sous le régime de la surveillance électronique à domicile » a annoncé la présidente en fin de matinée. Dans cette affaire de dépenses excessives, le parquet avait requis un an de prison, dont six mois avec sursis.
Comment le procès Bygmalion a viré au bal des faux-culs
« Nicolas Sarkozy m’a demandé d’aller faire appel, ce que je ferai immédiatement en sortant d’ici », a déclaré à la presse Thierry Herzog, l’avocat de l’ancien président, dès la sortie de l’audience.
De deux à trois ans et demi pour les coprévenus
L’ancien chef de l’Etat, absent de l’audience, « a poursuivi l’organisation de meetings », après avoir été « averti par écrit du risque de dépassement » du plafond légal, a dit la présidente. « Ce n’était pas sa première campagne, il avait une expérience de candidat », a poursuivi la magistrate.
Contrairement à ses 13 coprévenus, Nicolas Sarkozy n’était pas mis en cause pour le système de double facturation imaginé pour masquer l’explosion des dépenses de campagne autorisées. Durant les cinq semaines de procès en mai-juin, il n’était venu à l’audience que le jour de son interrogatoire.
L’ancien dirigeant de Bygmalion, Bastien Millot est condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis, une condamnation supérieure à la peine requise. Pour lui aussi, la peine ferme sera aménagée. L’homme, qui est aussi un ancien collaborateur de Jean-François Copé, a toujours nié son implication. Une peine de deux ans de prison dont un avec sursis est également prononcée contre l’autre co-fondateur de Bygmalion, Guy Alves. 18 mois avec sursis avaient été requis.
Jérôme Lavrilleux, lui, écope de trois ans de prison dont deux avec sursis. C’est lui qui est condamné à la plus grosse peine pour le moment. « La peine sera aménagée à domicile », a annoncé la présidente. Il est également déclaré inéligible pour une durée de cinq ans.
Guillaume Lambert, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, a été condamné pour escroquerie, de même que Philippe Briand, ex-président de l’association de financement de la campagne.
Des frais volontairement « oubliés »
En 2012, briguant un second mandat, Nicolas Sarkozy est sanctionné par le Conseil constitutionnel pour un dépassement d’un peu plus de 300 000 euros du plafond autorisé pour la campagne présidentielle.
Deux ans plus tard, la presse révèle que ce dépassement s’élève en réalité à environ 22 millions d’euros. Dépenses sous-évaluées, fausses factures et frais volontairement « oubliés » : l’ancien directeur de la campagne du président sortant, Jérôme Lavrilleux avoue au micro de BFMTV avoir participé à une vaste combine visant à faire gagner le candidat de la droite.
L’ancien chef de l’Etat est mis en examen en 2016. L’enquête n’a toutefois pas établi que Nicolas Sarkozy avait décidé de la mise en place du système, ni qu’il y avait participé ou même en avait été informé.
En mars, dans l’affaire dite « des écoutes », il est devenu le premier ancien président de la Ve République à être condamné à trois ans de prison dont un ferme pour « corruption » et « trafic d’influence ». Il a fait appel.

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