Une grande dame dans un joli petit corps: Esha Luchoomun, mannequin malgré elle…

by | Jul 29, 2021 | Edito, Société

Elle sait d’où elle vient et où elle veut aller. Elle a transformé ses faiblesses en des qualités. Ses défauts d’hier sont aujourd’hui sa plus grande force. C’est de par ses expériences difficiles qu’elle s’est construite. Elle s’est trouvée, elle aime ce qu’elle est devenue et a l’intime conviction qu’elle sera là où elle veut être plus tard. Du haut de ses 18 ans, Esha Luchoomun, donne déjà l’impression qu’elle est une personne aguerrie. Derrière ses jolies traits et son corps de mannequin, se trouve en vérité l’archétype parfaite de ce qui devrait être les filles de la génération Y. Débrouillardise, humilité, force, sagesse, grandeur d’âme et brin de folies, étant les fils conducteurs qui guide sa destinée vers quelque chose de grand.

Le temps d’un pourparlers avec l’habitante de Solitude, rien ne laisse présager qu’elle soufflera seulement 19 bougies lors de son anniversaire cette année. Un trait de maturité, une compréhension de l’essence de la vie, une maitrise de l’éloquence, un savoir-faire particulier, une esthétique soignée, elle possède les atouts nécessaires pour devenir une future grande dame. Et Esha a surtout ce pouvoir de capter l’attention. Son regard, sa voix douce à la fois timide et chargée de convictions, ses gestes, sont en osmose. Une petite fleur qui peut être sensible à la lumière du soleil mais qui sait aussi se protéger de la pluie.
C’est principalement dans l’univers de la mode que la jeune fille s’est forgée. Ce monde, qui de l’extérieure parait féerique mais qui en vrai demande un bon paquet de sacrifice, de rigueur, de discipline, de professionnalisme, l’a recueilli depuis ses 14 ans. L’habitante de Solitude s’est par la suite adaptée à cet univers et en a fait un terrain de jeu, qui lui a permis de franchir des obstacles, de relever des défis, de se découvrir, de s’épanouir et de devenir indépendante très jeune. En quatre ans, Esha s’est radicalement développée, embellie et a atteint la meilleure version d’elle-même.
Cela dit, c’est par un total hasard que la jeune fille s’est retrouvée dans le monde de la mode. Elle nous dit que durant son adolescence, elle était plus ou moins un garçon manqué. « Quand j’étais petite, je ne m’intéressais pas aux trucs de fille. J’étais dans mon coin, je m’habillais n’importe comment. J’avais les cheveux afro. A l’époque, cela était moins à la mode que maintenant. J’avais du mal à en faire quelque chose de jolie. Je n’en étais pas trop complexé, vu que je ne prenais pas toutes ces choses au sérieux. A cette époque, je m’intéressais plus à grimper aux arbres et jouer au foot avec les garçons ».
Elle raconte ensuite qu’un jour, alors que sa mère et elle se promenaient à la Croisette, Grand-Baie, elle s’est fait approcher par une agence de mannequin. Ces derniers cherchaient des modèles de son style pour un shooting. Avec le soutien de sa mère, elle a décidé d’y prendre part sans savoir que cela allait changer sa vie. L’habitante de Solitude, après s’être fait maquiller et conseiller en matière vestimentaire, se rend vite compte qu’elle captive la lumière et s’entend très bien avec les objectifs des caméras. Elle dit d’ailleurs, qu’elle a été elle-même surprise par les résultats de la première séance. Cela fut le commencement.
En l’espace de quelques temps, sublimée par son nouveau elle, la jeune mannequin reprend confiance. Avant timide et réservée, Esha se rend compte qu’elle arrive à s’exprimer grâce à ses photos. Elle se sent bien dans sa tête, bien dans son corps, sous le feu des projecteurs… de plus, qu’avec l’argent qu’elle perçoit, ça lui permet d’être plus indépendante et d’aider sa famille. La cadette d’une grande sœur commence alors à s’investir dans ce monde qui deviendra sa nouvelle passion, toute en gardant les yeux rivés sur son éducation.
Esha explique qu’elle fut néanmoins contrainte de laisser son esprit de petite fille de côté. En côtoyant des personnes plus murs dans le domaine, elle s’inspire sur la façon dont elle doit se comporter et rentre immédiatement dans le bain. Grâce à son agence, elle accomplit des choses qu’elle n’aurait jamais penser, tels que des apparitions sur des panneaux publicitaires, dans des magazines et elle a aussi été élue meilleur top-modèle de l’année 2020 par l’hôtel Hennessy Park. Puis, elle aime les nombreuses possibilités que lui apporte ce métier, à savoir le fait de porter des créations de personnes très talentueuses.
Bien qu’elle soit polyvalente et qu’elle peut se prêter à toutes les styles, c’est sur ses racines que la jeune mannequin bâtit sa personnalité. Passionné par la culture africaine et leurs origines, elle découvre ce qui sera son point fort. « La culture africaine représente la racine d’un arbre pour moi. Elle est tellement riche en histoire qu’elle m’émerveille. Je ne cesserai pas de la mettre en avant. Je veux que le continent africain gagne sa place dans le concert des peuples et des nations. Je veux que nous assumions plus nos traits africains. Nos cheveux, notre peau, nos coutumes ».
La top-modèle explique surtout que ce métier l’a aidé à devenir une personne qu’elle aime. « Je fais tous les jours de belles rencontres. Puis, c’est pour moi un gagne-pain. Je suis très débrouillarde et indépendante grâce à ce domaine. J’avance d’aventure en aventure avec de l’assurance. Cela m’a aidé à vivre des expériences formidables et à remonter chaque challenge qui se présentait à moi. J’ai acquis de la maturité et j’ai appris à avoir plus confiance en moi. J’accepte mes cheveux tout comme mon corps, ce qui n’était pas du tout le cas avant » dit-elle.
Dorénavant, bien qu’elle se soit séparée de son agence, elle avance toujours dans ce monde, qu’elle peut mieux apprivoiser. « Maintenant j’avance en freelance, je suis mon propre agent. Cela me permet de travailler avec plus de monde, une chose qui n’était pas possible lorsqu’on est sous contrat. De plus, c’est moi qui décide ce que je veux faire » dit-elle. Pour se promouvoir, elle peut compter sur les réseaux sociaux, ses pages Facebook, Instagram ou Tik-tok lui servent d’outils de marketing. Elle peut aussi compter sur les connaissances qu’elle a fait pendant ses trois ans dans son ancienne agence.
L’autre soutien invétéré que la jeune femme a obtenu a été celle de sa mère et de ses amis. « Ma famille et mes amis ont été pour moi d’un grand soutien. Après les travails et les études, j’ai besoin de m’évader, de redevenir une fille normale. Pour cela, je peux compter sur eux ». D’ailleurs pendant ses temps libres, l’habitante de Solitude aime se divertir en boite, dans les spas, à la plage, ou aller faire du shopping entre filles. Elle ne cache pas non plus qu’elle aime la bonne nourriture, manger des sushis croustillants et faire un peu de yoga de temps en temps.
Lorsqu’elle regarde dans le rétroviseur du passé et qu’elle s’attarde sur son parcours, Esha dit trouver des moments difficiles mais surtout beaucoup de bonheur et de fierté. « J’ai commencé ma carrière à l’âge de 15 ans. Je ne m’attendais pas à trouver ma place dans ce monde. Aujourd’hui, je ne peux qu’être fière, de ce que je suis devenue et ce que j’ai accompli. Il y a eu de la chance mais aussi beaucoup de travail. Et je ne compte pas m’arrêter là ».
D’ailleurs, bien que ses ambitions d’avenir soient grandes et sont bien ancrées dans une part de sa tête, elle préfère ne pas trop en révéler, par principe et éducation avant tout mais aussi parce qu’elle veut que ce soit sa réussite qui fasse écho à sa place. Alors que de l’autre côté, elle ne cache pas un côté timide lorsqu’on parle de ses rêves. Quoi qu’il en soit, la jeune femme garde les pieds sur terre et se donne les moyens pour arriver à ses fins. Bien qu’elle a commencé à gagner sa vie depuis très jeune et que sa carrière aurait pu être assuré dans le mannequinat, elle espère dure comme fer que ses résultats de HSC lui conviendront.

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