Le Dr Renganaden Padayachy annonce la création d’un « Joint Public-Private Committee » permanent…

by | Jul 16, 2021 | Actualités, Economie

Dialogue entre le ministre des Finances et le secteur privé
Le Dr Renganaden Padayachy annonce la création d’un « Joint Public-Private Committee » permanent
• « Cette rencontre s’intègre dans la volonté portée au plus sommet de l’Etat, soit par le Premier ministre afin de baser la relance économique sur un dialogue continu et efficient entre le public et privé », soutient-il

• « Nous visons un taux de croissance de 9% pour l’année fiscale 2021/2022 », a-t-il affirmé

• « Pendant plus de 15 mois, le pays a enregistré un manque à gagner de Rs 81 milliards de devises en termes de devises étrangères », dira-t-il

• « Il n’y a pas de conflit entre le Premier ministre et moi », soutient-il

Lundi dernier, le ministre des Finances, et du Développement économique, le Dr Renganaden Padayachy, a rencontré les représentants de plusieurs organisations du secteur privé à Ebène. Il faut dire que la rencontre s’est révélée très fructueuse entre les deux partis concernés.
En présence des nombreux opérateurs économiques, des représentants de l’Economic Developement Board et ceux du secteur public, le Grand Argentier a lancé un appel au dialogue et à la collaboration au secteur privé et aux personnes présentes pour pouvoir relancer l’économie mauricienne. Cette rencontre était une initiative de l’EDB afin d’assurer une meilleure synergie entre les deux partis concernés concernant la réalisation des mesures budgétaires.
A cette occasion, le Grand Argentier a réitéré les objectifs du gouvernement pour atteindre un taux de croissance économique forte. Le ministre des Finances a également soutenu que l’initiative d’organiser une telle rencontre importante s’intègre dans la volonté portée au plus sommet de l’Etat, soit par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, afin de baser la relance économique sur un dialogue continu et efficient entre le public et privé. Il a fait comprendre qu’il est nécessaire pour le pays de retrouver une croissance robuste et durable. A cet effet, il a dit que le dialogue sera au cœur des stratégies de la relance économique du gouvernement. « Nous visons un taux de croissance de 9% pour l’année fiscale 2021/2022. Notre objectif, c’est de travailler ensemble pour y arriver », a-t-il maintenu.
Critères du FMI
Par ailleurs, le ministre des Finances a fait comprendre que la Banque de Maurice a sa politique de taux d’échange pour intervenir sur le marché afin qu’il n’y ait pas un manque de devises. « Mais en même temps, la banque centrale doit respecter certains critères du Fonds Monétaire Internationale (FMI) concernant le Floating Régime où le Fixed Regime », a-t-il souligné.
Soutenant que l’objectif du gouvernement vise à relancer l’investissement, le Grand argentier a aussi souligné la volonté du Premier ministre d’axer le développement sur le dialogue secteur privé-secteur public. Le Dr Renganaden Padayachy a ainsi annoncé la création d’un « Joint Public Private Committee », qui se réunira tous les trois mois pour passer en revue la mise en exécution des projets identifiés et remédier à tous les obstacles qui se présenteront en cette période de post-Covid-19. Ce qui, dit-il permettra aussi d’institutionnaliser les échanges et d’assurer un suivi régulier des problématiques.
Le ministre des Finances a aussi souligné que : « Nous capitalisons sur la vaccination et la réouverture en en mettant en œuvre efficacement les mesures budgétaires, cela avec le soutien des capitaines de l’industries ».

Vaccination de 70%
Au chapitre de la vaccination, le Grand Argentier a rappelé que déjà quelques 580 000 personnes ont reçu leur première dose de vaccin. Avec l’arrivée de 500 000 doses de Sinopharm, il se dit confiant d’atteindre l’immunité générale avec un taux de 70% de la population vers fin septembre, soit à la veille du lancement de la deuxième phase de réouverture de l’économie.
D’autre part, le ministre des Finances a fait ressortir qu’avec la fermeture des frontières pendant plus de 15 mois, le pays a enregistré un manque à gagner de Rs 81 milliards de devises en termes de devises étrangères.
« L’objectif du lancement de la deuxième phase de réouverture de l’économie vise à protéger la population tout en procédant à la reprise de l’industrie du tourisme avec la réouverture des frontières se fasse en deux phases. La réouverture prochaine des frontières, le 15 juillet 2021 et le 1er octobre 2021, sont des facteurs clés pour pérenniser le plan de relance économique. La visite des officiers du Groupe d’Action Financières (GAFI) à Maurice sera un autre élément important pour que le pays soit retiré de la liste des juridictions sous surveillance accrue », a-t-il souligné.
Soutenant que les mesures budgétaires aideront à stimuler l’investissement dans le pays, à soutenir la transformation et la modernisation des industries afin de générer plus d’emplois, le ministre des Finances a parlé de la création d’une nouvelle industrie manufacturière, celle de la production de vaccins et de produits pharmaceutiques et d’une nouvelle industrie de l’énergie verte. Il a aussi déclaré que l’EDB mettra en place une ‘Trade Development and Intelligence Cell’ pour regrouper toutes informations liées au commerce et un ‘Export Development Programme’ pour améliorer l’exportation.
Aide du secteur privé
Le ministre des Finances a remercié le secteur privé pour son aide dans le cadre de la préparation du budget et il a également laissé entendre que la relance des investissements est une priorité tant dans le secteur public que dans le secteur privé. « Le Budget 2021/2022 privilégie également la modernisation en soutenant la création de nouveaux pôles de croissances, dont la production des produits pharmaceutiques », dira le Grand Argentier. Il a annoncé la création du Transformation Fund, doté d’un montant de Rs 5 milliards à être orienté vers des entreprises en difficulté.
Le Dr Renganaden Padayachy a aussi soutenu qu’il nous faut un régime flottant qui permet un centre financier international de fonctionner. « La BoM joue son rôle pleinement en empêchant une dépréciation de la roupie plus forte », maintient le ministre des Finances qui a ajouté que selon le FMI, la roupie mauricienne est surévaluée de 30% à 40%. « Je ne suis pas d’accord sur ce point, le gouvernement non plus. Nous faisons de sorte à trouver le juste équilibre entre l’entrée et la sortie de devises. Avec l’intervention de Mauritius Investment Corporation (MIC) et la BoM, nous essayons d’établir un prix raisonnable pour notre monnaie dans ce temps difficile jusqu’à ce qu’on retrouve une reprise graduelle avec les services touristiques », a-t-il indiqué.
Dépréciation de la roupie
Cependant, le Dr Renganaden Padayachy a fait comprendre que la dépréciation de la roupie a un impact sur les prix. Et d’ajouter que : « Mais il y a d’autres facteurs également qui explique la hausse des prix. Si on prend l’exemple de l’huile comestible, le prix au niveau mondial a augmenté en raison de la cherté des intrants dans la production ».
Le Grand argentier a ainsi laissé entendre que : « Nous allons agir d’une façon pour que la population ne souffre pas par rapport à des fluctuations brutales des prix sur le marché étranger ».
Par ailleurs, le Dr Renganaden Padayachy a souhaité qu’avec l’ouverture des frontières, le glissement de la roupie ne se poursuit pas. Cependant, il a noté que le pays passe en ce moment par la pire des crises.
Par la même occasion, le Dr Renganaden Padayachy a fait ressortir qu’il sort lui-même du secteur privé pour avoir travaillé pour la chambre de Commerce et d’Industrie. Il a ainsi indiqué que de tout temps, il y a eu des discussions entre le secteur privé et le gouvernement. Et d’ajouter que : « Il y avait beaucoup de macadams dont la date d’ouverture, pour la CSG, il y a aura des points divergeants comme pour le Solidarity Levy. L’important est qu’on voit le Bigger Picture qui concerne la relance économique et comment faire en sorte de retrouver une croissance positive et comment augmenter le taux d’investissement et comment amener le secteur privé à investir de nouveau ».
FMI, MIC et BoM
Concernant la demande du FMI que le MIC ne soit plus sous le contrôle de la BoM, il note que cette institution a rédigé un rapport technique. A cet effet, il a dit que : « Nous habitons Maurice, nous savons ce que nous avons à faire et comment le faire et comment sortir de la crise ».
En ce qu’il s’agit le MIC, le Grand Argentier a laissé entendre qu’il considère qu’il est mieux d’investir nos réserves dans notre pays que de le faire dans des pays où on ignore ce qu’on fait avec nos réserves. « Ici on sait que le retour sur l’investissement sera de 2 ou 3% », dit-il
Concernant les allégations de conflit entre le Premier ministre et lui, le ministre des Finances et du Développement économique a dit que : Ce sont des manœuvres politiques. « Arvin Boolell est un ami, il faut lui demander ce qu’il veut dire par cela », a-t-il maintenu.
Les nombreux opérateurs qui y étaient présents ont accueilli favorablement la tenue de cette rencontre. Ci-dessous les réactions des :
Kevin Ramkalaon, CEO du Business Mauritius :
« Cette rencontre a permis de confirmer notre intérêt de travailler ensemble pour la réalisation des projets nationaux »
Le CEO du Business Mauritius, Kevin Ramkalaon, a affirmé que la rencontre les partis concernés représente une opportunité pour la communauté des affaires de confirmer son intérêt pour travailler ensemble pour la concrétisation des projets nationaux concernant l’implémentation des mesures importantes qui contiennent dans le Budget 2021/2022, mais aussi comment développer l’investissement privé, l’emploi et des réformes structurels nécessaires pour l’avenir.
Il a également fait comprendre que c’est intéressant qu’après la première réunion (après la présentation du budget 2021/2022), une autre sera faite de façon régulière durant l’année, ce qui permettra de travailler ensemble pour la reprise économique du pays.
Areff Currimjee,
« Le dialogue entre les deux partis est important »
Le président de Mauritius Exporting Association (MEXA), Areff Currimjee, a indiqué que cette rencontre a permis d’avoir un dialogue important et chacun a écouté les interventions des autres. « C’était très important », dira-t-il.
Areff Currimjee a aussi fait ressortir que le Grand Argentier a pris connaissance des points de vue d’une manière globale des opérateurs. « Et maintenant, nous devons aller de l’avant et travailler ensemble pour pouvoir réaliser les actions concrètement », estime-t-il.
Arnaud Lagesse, CEO du CEO du Groupe IBL :
« Une telle rencontre répond aux besoins du secteur privé d’avoir un dialogue avec le secteur public »
Le CEO du Groupe IBL, Arnaud Lagesse, a indiqué que cette initiative d’organiser une telle rencontre entre les représentants des partis concernés répond tout à fait aux besoins que nous avons aujourd’hui, soit au secteur privé d’avoir dialogue ouvert avec le secteur public.
L’homme d’affaires a également laissé entendre que lors de cette rencontre, on a évoqué des bons sujets et bonnes idées. « Le ministre des Finances et du Développement économique a écouté aux problèmes auxquels font face les opérateurs », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Arnaud Lagesse a déclaré qu’il faut une suite régulière pour permettre aux secteurs privé et public eu égard aux divers secteurs de se parler plus souvent et ainsi résoudre les problèmes aux bénéfices de notre pays dans sa globalité.
Roshan Seetohul, président de l’Outsourcing Telecommunication Association of Mauritius :
« Dans le passé, il n’y a pas eu une telle rencontre »
Le président du Outsourcing Telecommunications Association of Mauritius, Roshan Seetohul, a d’emblée fait ressortir que dans le passé, il n’y a pas eu une telle rencontre. « Or, l’actuel ministre des Finances et du Développement économique, le Dr Renganaden Padayachy, a pris l’initiative et l’a fait. Cela s’est bien passé pendant les trois heures. Des différents intervenants de plusieurs secteurs ont intervenu et on les a écoutés. Le Grand Argentier a pris note et c’est bon que l’exercice ait lieu chaque trois mois ».
Cédric De Spéville, CEO du Eclosia Group :
« On doit travailler ensemble »
Le CEO du Eclosia Group, Cédric de Spéville, a situé l’importance de cette rencontre et ce en soutenant ceci : « Je crois que le symbole de remettre les représentants du secteur privé et ceux du public de manière méthodique autour d’une même table est un symbole hyper positif. Maintenant, on travaille ensemble ».
Hemraj Ramnial, Chairman de l’Economic Development Board :
« Il y a eu un dialogue très important pour le pays et le secteur privé »
Le Chairman de l’Economic Development Board (EDB), Hemraj Ramnial, a soutenu qu’il y a eu un dialogue très important dans le l’intérêt du pays et du secteur privé.
Il a fait comprendre que cette rencontre permettra les deux partis de travailler ensemble. « Il y beaucoup des défis en jeu mais aussi plusieurs opportunités », dira Hemraj Ramnial, qui a ajouté ceci : « S’il y avait un alignement entre les partis concernés et une vision commune, cela permettrait de développer le pays. La création aura des commissions par l’EDB permettra aux partenaires d’avoir des idées ».

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