Enn Rev Enn Sourir: Karan Juglall : « Aider les enfants me donne l’envie et la joie de vivre »…

by | Jul 29, 2021 | Edito, Opinion, Santé

• « Le prochain grand défi est d’organiser très bientôt le plus grand concert caritatif de l’Océan Indien une fois que notre situation s’améliorera », affirme-t-il
• « Ma mère m’a toujours appris à prendre soin des autres autant que nous le puissions », soutient-il
Le fondateur et directeur exécutif de « Enn Rev Enn Sourir », Karan Juglall, explique que l’objectif de son association, qui est une Organisation Non Gouvernementale (ONG), est de faire en sorte que tous les enfants aient les mêmes chances de bénéficier d’un meilleur traitement possible. Dans une interview, accordée à Le Xournal, le travailleur social soutient qu’il faut sauver des enfants inopérables en gardant leur dignité intacte. Par ailleurs, notre interlocuteur dira que sa mère lui a toujours appris à prendre soin des autres quand nous le pouvons. D’où son intérêt pour aider les enfants qui font face à des difficultés pour survivre.
Q : Quand votre organisation a été fondée ?
R : L’ONG – « Enn Rev Enn Sourir » – a été fondée en 2016 et a obtenu l’approbation du ministère en mars 2017. La date, notamment le 10 mars, est également très symbolique en se situant entre deux autres grandes dates, le 8 mars pour la Journée mondiale de la femme et l2 mars pour notre Indépendance.
La pédiatrie comprend de nombreux aspects même lorsque nous voulons fournir des soins de santé spécialisés, par exemple ; la découverte et la diagnose de la maladie, traitement du cas, une institution médicale locale privé ou à l’étranger, une unité pédiatrique pour prendre en charge le cas, Accompagnement psychologique de l’enfant et des parents, un suivi médico-social après opération et traitement et sur tous ces faits, nous avons le financement. Ce dernier est également le fait majeur dans notre processus, car lorsqu’il s’agit de santé en clinique, c’est l’argent d’abord. D’ailleurs, les gens nous considèrent parfois comme une ONG financière pour les enfants malades plutot qu’une ONG pédiatrique.
Q : Quelle est la philosophie de « Enn Rev Enn Sourir » ?
R : Notre philosophie est aussi de devenir plus indépendant et sur cette base, nous avions déjà lancé l’année dernière la marque de t-shirt appelé Timan où les revenus sont utilisés pour un traitement d’enfant. D’ailleurs, nous devions organiser le plus gros concert caritatif en décembre dernier avec une superstar internationale en ‘guest’ mais la Covid-19 a changé la donne.
Cela viendra certainement dans le futur car tout était, en grande partie, préparé. Nous traitons également un projet appelé LOVE KIDS, qui ressemble à Kids United en France qui travaille pour l’UNICEF. Avec la Covid-19, on s’est dit de prendre le temps qu’il faut.
Courir pour un sourire est un autre projet qui nous aidera à récolter des fonds. Comme son nom l’indique, ce sera un parcours pour les amoureux de course. Ils courront non seulement pour leur propre santé mais aussi pour la santé de nos enfants.
Nous avons aussi nos « Enn temoinaz » et « Enn Prévention » qui ont pour objectif de sensibiliser, d’assurer la transparence et de récolter des fonds.
Sur le plan de la gestion, nous mettons en place un Conseil Médical Pédiatrique International, composé des professionnels du domaine pour être plus valorisés et améliorer nos services.
Q : Quel est l’objectif de « Enn Rev Enn Sourir » ?
R : « Enn Rev Enn Sourir » est une ONG pédiatrique pour les enfants atteints du cancer. Notre objectif est de faire en sorte que tous les enfants aient les mêmes chances de bénéficier du meilleur traitement possible pour sauver ou améliorer leur vie. Notre vision n’est pas seulement pour les enfants de notre patrie mais dans un futur très proche d’offrir les mêmes services aux enfants de notre région (Ile Rodrigues, Comores, Madagascar etc..). Nous avons également pensé que la santé d’un enfant ne devrait pas dépendre de la fortune de ses parents. Les enfants sont innocents, ils ont des droits et ils ne méritent pas de souffrir.
J’avais 15 ans lorsque, pour la première fois, je suis tombée sur une mère tenant son enfant souffrant d’une tumeur au cerveau à proximité du marché de Port Louis, suppliant d’envoyer son enfant à l’étranger pour un traitement. J’ai d’abord pensé à un voleur, mais ma mère m’a ensuite explique comment fonctionne le système. Maintenant, beaucoup de choses ont changé et nous sommes fiers que notre ONG a aidé à améliorer les choses pour nos enfants malades. En réalisant cette triste réalité, j’ai dit à ma mère qu’un jour je deviendrais ‘quelqu’un’ pour les aider et c’est là que tout a commencé. Puis, j’ai commencé à rêver de ce projet et j’ai commencé à avoir des idées.
En me demandant pourquoi moi, j’ai rencontré quelqu’un qui s’appelait Micheal Pompeia qui m’a conseillé de commencer à travailler dans des ONG pour voir si je suis une personne qui peut travailler dans ce domaine, car il est très facile de dire que nous voulons faire du travail social que de le faire
Q : Parlez-nous de votre parcours dans le social ?
R : J’ai commencé comme bénévole depuis l’âge de 17 ans, J’avais travaillé dans plusieurs ONG et j’ai d’abord été identifié par un journaliste en 2015 alors que j’occupais un poste plus élevé dans une ONG. Depuis, cela m’a aidé à penser différemment et à m’orienter dans le lancement de mon ONG. J’ai environ plus de 12 ans dans ce domaine. En 2016, l’accumulation de nombreux faits m’a poussé à quitter mon emploi et à me lancer dans cette nouvelle aventure.
Je voulais être heureux et vivre une vie où je fais les choses que j’aime. Depuis cette étape, toute ma vie a changé et pour beaucoup d’autres aussi.
Je pense que je suis comme Obélix, qui est tombé dans la marmite quand il était enfant. Ma mère avait passé tout son temps à aider les autres, elle a adopté mon frère aîné Kevin. Elle avait même accepté l’infidélité de mon père qui a eu des enfants en dehors de son mariage. Meme, mon grand-père était un travailleur social et aidait beaucoup de gens à Vallée Pitot. Jusqu’a ce jour, beaucoup de gens de ma localité me parlent de mon grand-père. Depuis mon jeune âge, ma mère m’a inscrit dans un club social appelé Au Naw N Sha où j’ai participé à des activités. Ma mère m’a toujours appris à prendre soin des autres autant que nous le puissions. Aujourd’hui, je fais de cette valeur mon travail. Seule, ma mère a toujours cru en moi et elle m’avait encouragé à réaliser mon projet de rêve.
Nous disons que derrière la réussite de chaque homme, il y a une femme. Pour moi, cette femme l’était, est et restera toujours ma mère. Elle nous a quitté le 29 septembre 2019.
Q : Pourquoi choisir cette voie ?
R : Comme tout le monde a pour objectif de devenir quelqu’un ; ça peut être médecin, pilote, avocat, journaliste, boulanger etc… moi aussi c’était mon choix. Même la vie m’a fourni toutes les circonstances pour aller dans cette direction. A la fin, je n’avais pas le choix. Je crois que c’est mon destin.
Q : Qu’est-ce que cela vous apporte d’aider les enfants au quotidien ?
R : La joie, confiance et le fait qu’ils se sentent en sécurité pour avoir la volonté de venir à la clinique pour se faire soigner et d’avoir l’envie de vivre car la plupart du temps, ils ne comprennent pas ce qui se passe et c’est le seul moyen de réussir leur maladie, donc il faut les garder motivé.
Q : Quels ont été vos plus grands accomplissements au niveau de votre ONG ?
R : Faire le premier pas pour construire “Enn Rev Enn Sourir” qui était le plus gros je suppose. Depuis, j’ai accompli beaucoup de choses, comme travailler pour la plus grande cas pédiatrie de l’histoire de l’Ile Maurice, Terry Louise, Heart’s transplantation, ma collaboration avec des institutions et des professionnels pédiatriques internationaux, la quantité de sourires réalisés. Je ne m’attendais pas à ce qu’était d’aller de l’avant. Je suis très heureux de pouvoir servir les enfants atteints de maladies graves, gagner la confiance du public était une tâche ardue et nous avons encore beaucoup à prouver, nos résultats avaient attiré donateurs internationaux et aussi récemment l’ONG a obtenu la collaboration d’une superstar internationale, Willy William comme ambassadeur et bien d’autres choses.
Ma méthode est de laisser mes actions parler à ma place. Je préfère rester concentré dans mon travail et sauver les enfants. Je donne beaucoup pour obtenir un bon résultat, je n’ai pas le temps pour les choses inutiles comme les ‘gossip’ ou souhaiter du mal aux autres etc… c’est ce que ma foi m’a appris pour réussir dans la vie.
Q : Combien de personnes travaillent avec vous pour le bien-être des enfants ?
R : Nous sommes un groupe de plus de 50 personnes à bord ; 11 d’entre eux sont les membres du conseil d’administration, suivis de notre ONG Conseils dont nous avons 3, les médecins locaux et internationaux, les ex parents et le reste sont les ambassadeurs de l’ONG.
Nous accueillons des enfants âgés de 0 à 18 ans. Nous avons également eu la chance de commencer à suivre un enfant alors qu’il était encore dans le ventre de sa maman. Pas plus longtemps que demain naîtra un enfant que l’on suivait depuis la semaine dernière lorsque le gynécologue a découvert son anomalie.
Nous collaborons désormais avec plus de 20 cliniques dans le monde spécialisées en pédiatrie. Nous avons mieux à améliorer nos services à l’étranger et nous améliorons l’objectif principal de notre travail tout en etant plus transparent que nous le pouvions vis-à-vis de nos donateurs. En parlant de cela, nous arrivons avec un site Web avec les dernières technologies que nous montrons plus de transparence et de suivi.
Q : Parlez-nous plus longuement d’un projet sur lequel vous souhaitez mettre l’emphase et quel est son objectif…
R : Tous nos projets sont très importants pour moi afin que je puisse réaliser ce dont je rêve pour nos enfants, cela prend quelques années. Nous sommes jeunes et avec les bénédictions de Dieu et de ces parents, je continuerai mon voyage. J’irai jusqu’au bout de mon rêve.
Mais le prochain grand défi est d’organiser très bientôt le plus grand concert caritatif de l’Océan Indien une fois que notre situation s’améliorera avec le Covid.
Notre priorité était, est et sera toujours de veiller à ce que tous nos enfants ne soient pas négligés en ce qui concerne leur santé. C’est notre présent et ce sera notre avenir. Nos autres membres de l’équipe ont également des idées pour aider nos enfants à se faire soigner mais je ne parlerai pas sur leurs projets. Tout le monde est indépendant au sein de notre conseil d’administration et ce sont de jeunes professionnels et ils présenteront mieux leur projet le moment venu.
Hors texte
Profil de Karan Jugall
Karan Juglall, qui habite à Vallée Pitot, est âgé de 29 ans. Il est le directeur général à plein temps de l’ONG – « Enn Rev Enn Sourir.
Il a fréquenté l’école primaire de Notre Dame De La Paix RCA et il a poursuivi ses études secondaires au City College de Port-Louis.
Détenteur d’un diplôme en services communautaires à Curtin Mauritius, Karan Juglall poursuit actuellement son BSC en services sociaux.

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