D’inquiétantes ‘lignes de faille’ dans l’économie globale…

by | Jul 20, 2021 | Monde

Alors que la pandémie de covid-19 est loin d’être totalement maîtrisée…

Quelle est la situation économique globale actuellement ? Et à quoi peut-on s’attendre dans un proche futur ? Quelques éléments de réponse avec The Economist, qui fait état d’inquiétantes ‘fault lines’ en ce qui concerne la situation économique mondiale.
Alors que la pandémie de covid-19 avait causé un marasme économique effrayant au niveau planétaire, un étrange boom économique bat son plein.
Mais ce n’est pas nécessairement une occasion de se réjouir, devait avertir The Economist. Car sous cette reprise mondiale se cache trois lignes de failles (‘fault lines’). Ensemble, ces failles vont déterminer le destin économique de chaque pays, et si la plus étrange reprise économique mondiale, de notre mémoire collective, pourra être soutenue.
La première ligne fractale divise les pays qui ont pleinement entamé leur campagne de vaccination, ou qui vont l’achever à court ou moyen terme et les pays qui essaient désespérément d’obtenir des vaccins ou qui sont généralement à la traine dans ce domaine. Il est évident que seuls les pays qui ont la capacité de vacciner l’ensemble de leur population pourront maîtriser la covid-19. Valeur du jour, à l’échelle planétaire, seulement une personne sur quatre a pu recevoir une première dose du vaccin tandis qu’une personne sur huit a reçu les deux doses.
La deuxième ligne de faille concerne les disparités entre l’offre et la demande, et l’apparition des facteurs qui pourront soutenir une inflation, tels que l’augmentation du coût du fret, les nouveaux déséquilibres créés par les économies qui sortent du marasme économique, le manque de main d’œuvre dans certains secteurs et l’augmentation du prix du logement et du loyer, entre autres (voir texte en Encadré).
La troisième ligne de faille concerne l’enlèvement précoce des divers plans de soutien et de relance des gouvernements. À un moment donné, l’intervention étatique, qui avait commencé l’année dernière, devra nécessairement prendre fin. Déjà, certaines assistances étatiques commencent à prendre fin. Dans la plupart des pays, Il est très peu probable que ces aides continueront en 2022. En général, on peut dire que les pays du monde ont évité des vagues de faillites, mais il faut garder les doigts croisés, quand les prêts octroyés en urgence aux entreprises privées arriveront à échéance et qu’on ne pourra plus payer les employés à travers les deniers publics.
Les pessimistes redoutent une inflation semblable à celle des années 1970, voire un crash financier ou encore l’érosion de la vitalité du capitalisme par les aides étatiques. Pour The Economist, « Such apolyptic outcomes are possible, but they are not likely ». Il faudrait ainsi analyser comment ces trois failles vont interagir dans différentes économies.
Aux États-Unis, avec une abondance de vaccins et une aide gouvernemental massive, l’inflation atteint un niveau qui n’a pas été vu depuis les années 1980. Alors qu’il y a un manque de main d’œuvre dans certains secteurs, les salaires connaissent une hausse, alors même qu’il y a une pression continue sur la Reserve fédérale américaine de resserrer la masse monétaire en circulation.
Ailleurs, dans le monde développé, il y a moins d’exubérance. Ainsi, en ce qui concerne Europe, où l’on commence à rattraper le retard par apport à la vaccination, et où l’aide gouvernementale n’est pas aussi massive qu’aux États-Unis, l’inflation n’a pas encore atteint le même niveau que dans le pays de l’oncle Sam. Le danger dans ces pays : que les gouvernements réagissent trop vite à l’inflation importée des US, et mettent fin aux programmes de soutien trop rapidement. Ce qui aura comme résultats que leurs économies en souffriront, comme cela a été le cas durant la crise financière de 2007-2009.
Les pays à faible et à moyens revenus sont dans une impasse et essaient de trouver une sortie. Selon les prévisions, les pays sous-développés, dont beaucoup essaient désespéramment d’entamer leur campagne de vaccination, connaîtront une croissance bien moindre par rapport aux pays développés.
La covid-19 continuera d’affaiblir leur rétablissement économique, et leurs secteurs d’activités économiques émergents connaîtront des taux d’intérêts élevés. Car il y aura une pression vers le bas sur leurs monnaies, vu que leurs banques centrales ne pourront ignorer l’inflation importée. Le Brésil, le Mexique et la Russie ont augmenté leurs taux d’intérêts récemment et d’autres pays pourront suivre leur exemple. En résumé, la lenteur dans la campagne de vaccination et la restriction de la masse monétaire trop rapidement seront douloureux.
Le cycle économique a été fébrile, laissant le marasme bien loin en seulement une année. Il y aura peut-être une lumière au bout du tunnel en 2022, mais en attendant, il faut faire gaffe à ces lignes de faille.

Encadrement
Quand l’inflation s’invite à la fête
Selon The Economist, alors que l’économie américaine se réveille de sa torpeur dans le sillage de la pandémie, le prix de plusieurs produits connaît une hausse, sans parler des salaires et des loyers.
Quelque temps de cela, les experts prédisaient que la pandémie allait laisser une récession économique prolongée dans son sillage (‘slump’) dans les pays développés. Mais cela n’a pas été vraiment observé. Déjà en février, le ‘Budget Office’ du congrès américain revoyait à la hausse ses prévisions de la croissance, passant de 3,7 % à 7.4 %, soit le double.
Une croissance inattendue qui a apporté avec elle une inflation inattendue. À mai, l’inflation sous-jacente (‘core inflation’) avait atteint 8.3 %, un taux qui n’a pas été vu depuis 1980.
L’inflation dans d’autres pays a été moindre, mais a quand même dépassé les prévisions. Selon certaines prévisions, l’inflation dans certains pays européens pourrait atteindre 4 %, tandis que dans d’autres pays, elle pourrait atteindre 4.5 %.
Si cette hausse inflationniste continue, cela n’augurera rien de bon car les banques centrales devront ralentir l’économie ou même créer une récession pour contrecarrer l’inflation. Déjà, certaines banques centrales commencent à resserrer la masse monétaire en circulation en augmentant les taux d’intérêt.

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