Suraj Ray, président de MACOSS, de TESA et d’AHEAD (Mauritius)…

by | May 12, 2021 | Actualités, Opinion, Société

« Je félicite Pravind Jugnauth pour son courage et sa détermination en vue d’assainir la crise sanitaire de la Covid-19 »
• « Je suis pleinement satisfait de la façon dont Kailesh Jagutpal, gère la situation actuelle », soutient-il
• « Je salue les efforts de Sherry Singh ainsi que son équipe du ‘management’ qui ont maintenu communication et connectivité »

Dans une interview, accordée à ‘LE XOURNAL’, le président du MACOSS, de la TESA et d’AHEAD (Mauritius), Suraj Ray, a exprimé ses points de vue sur plusieurs sujets d’actualité qui concernent, entre autres, la gestion de la pandémie de la Covid-19 par le gouvernement contrairement à celle de nombreux pays, le soutien de la Mauritius Telecom pendant la période de confinement, l’avenir des Organisations Non Gouvernementales (ONGs), la situation intercommunautaire dans le pays, les violences au sein de la société mauricienne et les propositions budgétaires du MACoSS et ses attentes.
Sanjay BIJLOLL
Q : En tant que président de Mauritius Council of Social Service (MACOSS), comment jugez-vous la gestion de la pandémie de la Covid-19 par le gouvernement de Pravind Jugnauth ?
R : C’est une crise sans précédente, qui a frappé la République de Maurice. Disons-nous bien, presque tous les pays du monde ont connu le même sort, soit pire ! Imaginez, notre beau pays a fait face à deux confinements d’affilés en 12 mois seulement ! C’est énorme ! Et l’économie a définitivement pris un sale coup ! Oui, c’est très dur pour l’économie, pour la population et surtout pour le pays dans son ensemble.
Sans nul doute, il faut l’admettre, le travail abattu par le gouvernement de Pravind Jugnauth, par rapport à la crise sanitaire de Covid-19, est non seulement salutaire, mais très efficace. Je tiens à souligner que le Premier ministre qui a présidé le « High Level Committe » sur la Covid-19, a bien géré la crise de la COVID-19 et j’ai le sentiment qu’il s’est personnellement engagé pour venir en aide aux familles en difficulté et les plus vulnérables. De son côté, le « National Communication Committee Covid-19 » a toujours jugé utile d’informer les membres du public des derniers développements concernant la pandémie à Maurice et ce sur une base régulière. Grâce à la communication étatique, très rituelle et détaillée mais bien efficace, nous avons aujourd’hui un peuple bien avisé sur le mode de transmission de la maladie et la propagation du virus.
En tant que citoyen, je félicite le Premier ministre Pravind Jugnauth pour son courage et détermination en vue d’assainir la crise sanitaire de la Covid-19 suite à la nouvelle vague de contamination dans le pays et de permettre aux Mauriciens de renouer avec la vie et de retrouver une nouvelle normalité. Aussi, je tiens à remercier le ministre de la Santé et du Bien- être, Dr. Kailesh Jagutpal et toute son équipe qui accomplissent une tâche formidable dans l’intérêt suprême de la nation Mauricienne. Cette stratégie que de décréter certaines régions de l’ile à haute risques fait sa preuve. Une initiative qui mérite d’être saluée !
Q : Avez-vous un appel à faire aux Mauriciens, bien que nous sommes en période de déconfinement ?
R : Avant tout, j’exprime mon soutien à toutes ces personnes qui ont perdu leurs proches pendant le confinement. Je fais un appel pressant à nos concitoyens de continuer à respecter scrupuleusement tous les protocoles sanitaires misent en place par les autorités concernées. Il faut s’assurer tout le temps de la distanciation physique en public, le port du masque (convenablement) obligatoire et surtout bien se laver les mains et se servir des désinfectants (sanitizer) régulièrement pour se protéger soi-même avant tout, et ensuite, pour la sécurité de son prochain. J’estime que ces faits et gestes pratiques, mais essentiels, doivent impérativement s’insérer dans nos habitudes quotidiennes dès maintenant sans modalités ni lois. On n’a pas le choix ! Aussi, il faut se faire vacciner pour se protéger davantage. Je suis convaincu qu’avec le bien vouloir de tout un chacun et avec le maintien des nouvelles habitudes, post-confinement on réussira ensemble à combattre la pandémie de la Covid-19.
Q : Vous êtes aussi le président de la « Telecommunications Employees and Staff Association (TESA) » le syndicat représentant les employés de la Mauritius Telecom. Pouvez-vous nous dire dans quelle mesure MT a collaboré avec le gouvernement et les autorités concernées pendant la période de confinement ?
R : Mes collègues et membres de la TESA ont eu la lourde tâche de servir la population pendant cette période de crise étant donné que la télécommunication demeure un service essentiel. Ils ont fait un travail d’arrache-pied et formidable en bravant les dangers et risques avec bravoure et professionnalisme. En tant que « front liners », ils ont été partout – dans les centres de quarantaine, les hôpitaux, les bureaux et là où la connectivité téléphonique est plus que nécessaire pour les autorités et l’état d’assurer une communication continue, sans faille, avec la population pendant la période de confinement sur l’évolution du virus. En un mot, tout a reposé sur la télécommunication.
J’exprime mon respect sans réserve à tous mes collègues de MT pour leur courage et leurs contributions en toute humilité et sincérité. Sans nul doute que tout cela a été possible, grâce à la vision du Chief Executive Officer (CEO) de MT, Sherry Singh. Et là. Je dois saluer les efforts de ce dernier et de son « management team ». Ils ont su assurer que MT soit une fois de plus à la hauteur des attentes de ses clients mais aussi de la population en étant au chevet de chaque Mauricien pendant le confinement, maitrisant parfaitement l’enjeu qu’est l’information et maintenant, l’équilibre entre communication et connectivité, tout en conjuguant avec efficacité, loisir et la dimension d’utilité publique ! « Je suis satisfait que les enfants qui ne pouvaient pas sortir de chez eux pendant durant le confinement ont été particulièrement gâté par « my.t » de MT. Je remercie de tout cœur l’équipe de « my.t » et MT qui ont su apporter sourires et joie à ces milliers d’enfants et parents à travers le pays. »
Q : Comment-voyez-vous l’avenir des Organisations Non Gouvernementales (ONGs) à Maurice ?
R : Très prometteur. Les rôles des ONGs sont d’une part très dynamique et d’autre part uniques, multidimensionnels et incontournables depuis la nuit des temps ! Qu’on le veuille ou non, il sera comme ça toujours ! Les ONGs renforcent les démocraties et amènent l’équilibre entre l’économie et l’environnement, tout en s’appuyant sur le social. Cet équilibre est nécessaire. De son côté, le gouvernement définit les grands axes du développement socio-économique du pays découlant du model capitaliste tout en maintenant l’incontournable « Welfare State » qui fait tant la fierté des Mauriciens que la stupeur des étrangers !
Le gouvernement s’assure du bien-être de la nation Mauricienne dans son ensemble tout en tenant compte les aléas d’une civilisation qui repose, quand même, sur la rationalisation des activités collectives. Alors que, les ONGs sont souvent ces acteurs incontournables de la société civil qui complémentent les décisions et actions du gouvernement.
Des fois, situation oblige, ils agissent en tant que porte-voix des sans-voix pour s’assurer que l’inclusion, le partage et la cohésion entre les différentes couches de la population, la nature et les autres dimensions de la planète coexistent en harmonie. Par exemple, pour ne citer qu’un, en 2015, l’assemblée générale des Nations Unies a adopté les objectifs de développement durable (ODD) – plus connu comme les « 17 Sustainable Development Goals » (SDG) dont Maurice est signataire. Or, Maurice doit honorer ses engagements sous l’agenda 2030, et c’est là que, par exemple, devient important le rôle, le travail et la contribution des ONGs comme partie prenantes et partenaire pour l’accomplissement de ces promesses étatiques ! Qu’on ne laisse personne derrière !
Q : Comment voyez- vous la situation intercommunautaire dans le pays ?
R : Maurice demeure un exemple dans le monde entier en ce qui concerne l’entente qui existe entre les différentes composantes de la société mauricienne. La façon dont vivent les Mauriciens ainsi que la fratrie et les complicités intercommunautaires sont extraordinaires. Sur ce plan-là, tout le monde se met d’accord ! Bien que, de temps en temps, il y a des pyromanes qui veulent semer la zizanie entre les différentes communautés, le gouvernement, les forces vives et les ONGs agissent comme un rempart contre ces divers tentatives malsaines mais isolés qui veulent diviser les communautés et crée l’instabilité. Il est bon de souligner que les autorités veillent au grain sur ces tentatives de dérapages ici et là !
Il est très rassurant que le Premier ministre s’engage personnellement avec beaucoup de sérieux pour rassembler toutes les communautés de ce beau pays, surtout en ces moments difficiles. L’appel de Pravind Jugnauth a été très bien accueilli par les Mauriciens malgré les difficultés, problèmes et critiques de part et d’autre.
Q : Et quid, concernant les violences au sein de la société mauricienne ?
R : Oui, la période de confinement a pesé de tout son poids sur les structures familiales et la morale des individus. C’est un phénomène dirai-je presque « normal » mais un mal absolument pas nécessaire ! Plusieurs cas de violences ont été suivis par les ONGs. Moi-même, alors que je suis également le président d’AHEAD (Mauritius), une ONG qui a son siège social à l’Amitié, j’ai dû apporter mon soutien à ces plusieurs personnes et familles en difficultés qui faisaient face à des problèmes aigus d’anxiétés et de tensions – d’où la nécessité d’interventions. Par exemple, plusieurs cas de pertes d’emplois et de manque de nourritures ont été rapportés chez nous.
La précarité de l’existence humaine, l’insécurité, les dépendances et la vulnérabilité sont les pépinières qui encouragent la violence. On peut comprendre que la violence domestique s’y ajoute « naturellement » ! Sur un autre ordre d’idées, la police a fait et continue de faire un travail remarquable.
En tant que président de MACOSS et au nom de nos membres ONGs, je félicite le Commissaire de Police, Mr. Kemraj Servansingh et toute son équipe qui ont maintenu l’ordre, la discipline, la paix et la sécurité dans le pays pendant le temps de confinement. Et il est vrai qu’ils continuent de nous servir aujourd’hui encore avec le même sérieux ! Nous accordons tout notre soutien à ces braves officiers qui sont là pour nous servir et faciliter nos vies quotidiennes. La tâche de la police devient de plus en plus difficile quand certains individus ou malfrats, s’adonnant à des actes isolés, essayent des faire fi aux lois et règlements.
Je plaide pour le respecter des forces de l’ordre. Vous en conviendrez avec moi, pendant le confinement, il y a eu des accidents de la route qui ont choqué les Mauriciens alors qu’ils ont couté la vie à des personnes, et surtout des jeunes. Je suis très attristé par cet état de choses et ces nouvelles qui apportent un chagrin immense aux familles des victimes endeuillées. Je tiens à présenter mes vives sympathies à ces familles endeuillées tout en espérant que les routiers deviennent encore plus responsables, courtois et attentifs aux codes de la route pour éviter le pire.
Q : Peut-on connaître les propositions budgétaires de MACOSS ?
R : La tâche incombe au gouvernement et au ministre des Finance et du Développent économique de donner les moyens de bases aux ONGs pour qu’elles puissent contribuer davantage dans l’économique du pays et dans le développement durable. Il ne faut pas oublier que les ONGs demeurent un acteur incontournable et méritent une attention particulière.
Suite à la rencontre avec le Dr. Renganaden Padayachy, ministre des Finances et du Développement économique, les grandes lignes des propositions de MACOSS pour 2 021-2 022 peuvent se résumer ainsi :
(a) L’internet (WIFI), le téléphone (MT ou autres), l’eau (CWA) et l’électricité (CEB) sont tous nécessaires pour le bon fonctionnement des ONGs. Aujourd’hui, le tarif pratiqué est sur une base commerciale qui pèse très lourd sur le panier des dépenses des ONGS. Il est temps que le gouvernement subventionne l’eau, l’électricité et l’internet, y compris téléphone et WIFI.
(b) Les ONGs ont besoin de la main d’œuvre et ont un potentiel énorme à créer et maintenir des emplois. Que le gouvernement veuille bien étendre le « Wage Assistance Scheme » aux ONGS. La création et le maintien des emplois réduiront drastiquement la délinquance. Alors que le programme « Youth Employment Programme (YEP) » n’est pas subventionné par l’Etat, il est quasiment difficile voire même impossible d’offrir un programme d’accompagnement aux jeunes chômeurs qui cherchent à mettre en pratique ses compétences. Les ONGs demandent à ce que l’Etat facilite cette transition en réduisant le fardeau fiscal des salaires ;
(c) Que les ONGs soient exemptées de la TVA pour les achats ou trouver un mécanisme pour que les ONG puissent récupérer cette somme qu’est la TVA ;
(d) Que le gouvernement investit massivement pour que la population bénéficie de l’eau potable du robinet de la CWA 24/7 en ligne avec les droits humains et les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Q : Qu’attendez-vous du budget 2 021/2 022 ?
R : J’espère que les mesures qui seront annoncées par le gouvernement renforceront la capacité des ONGs et reconnaisse la capacité, le rôle et l’importance des ONGs, qui demeurent un partenaire indissociable pour les autorités concernées. Je suis confiant que le Dr. Renganaden Padayachy saura présenter un budget équilibré qui va répondre non seulement aux attentes des ONGs, qui amènera davantage de créations et préservation d’emplois, aidera aux développements socio-économiques du pays, mais surtout répondra aux aspirations des Mauriciens dans son ensemble.
Q : Un mot de la fin …
R : En tant que président de MACOSS, de TESA et d’AHEAD (Mauritius), je souhaite bonne chance et bon courage au ministre des Finances, en ce moment très difficile pour le pays. J’espère qu’il présentera un très bon budget qui pourra non seulement répondre aux aspirations et attentes des ONGs mais aussi celles des Mauriciens en général, plus particulièrement ceux qui se trouvent au bas de l’échelle.

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