Stratégie pour la relance touristique…

by | May 4, 2021 | Actualités

Pas de précipitation pour les autorités locales : une réouverture saine et ‘une luxury destination’ privilégié.
Arvind Bundhun « La relance se fera dans les bonnes conditions, rien ne sert à donner des coups d’épée dans l’eau »
• Malte s’apprête à payer les touristes pour les faire venir !

Le tourisme reste jusqu’à aujourd’hui l’une des industries les plus durement touchées par la COVID-19 à travers le monde. Si beaucoup de choses ont évolué sur la gestion de la pandémie en société, les solutions pour permettre les gens de voyager et de profiter d’autres cultures librement sans conséquences restent jusqu’à maintenant problématique. Après plus d’un an sous le coup de ce virus, les pays dépendant de ce secteur cherchent toujours la meilleure stratégie à mettre en place pour les relances. Mais pour l’instant, le plan le mieux abouti reste la vaccination des populations, qui toutefois n’est pas chose évidente en raison de la densité des habitants dans certains pays et l’accessibilité des vaccins.
Malgré cela, hors de question de rester les bras croisés. De nombreux pays commencent à étaler leurs stratégies et la compétition est déjà lancée. Cependant, chacun y va à son rythme, étant donné que la situation n’est pas similaire partout. A Maurice, Arvind Bhundun, président de la MTPA, affirme que le gouvernement travaille en étroite collaboration avec le secteur privé pour permettre une relance en bonne et due forme. Il fait ressortir que des plans de communication seront activés, une fois que le pays ira vers la réouverture des frontières. Et explique qu’une stratégie sera mise en place pour que Maurice reprenne sa place parmi les leaders en terme de destination de rêve.
Les Maldives veulent vacciner ses touristes
Aux grands maux, les grands remèdes pour les Maldives. Alors que notre confrère de l’Océan Indien basait la majorité de son économie sur le tourisme, la pandémie y a mis un frein brutal. Le pays est ainsi passé de plus de 1,7 million de visiteurs annuels avant la pandémie, à 555 494 en 2020 et ce chiffre connait une descente progressive. En manque de vacanciers, les autorités ont décidé de prendre les choses en main depuis fin mars. L’atoll paradisiaque offrira à ses futurs touristes la possibilité de se faire vacciner contre la Covid-19.
En effet, si certains pays ont vacciné presque toute leur population, comme en Israël, ce n’est pas le cas partout. Une situation que les Maldives souhaitent exploiter. Plutôt que de mettre en place un passeport vaccinal, le pays aux 26 atolls compte en effet proposer à ceux qui le veulent leurs deux doses de vaccin. L’idée est de proposer une offre touristique avec le moins d’inconvénients. Une fois que le pays sera totalement vacciné, un plan de communication qu’ils appellent les 3V, signifiant ‘Visite, vaccination, et vacances’, sera lancé.
Un package intéressant car cela signifie que les touristes devront rester pendant plusieurs semaines dans le pays. En revanche, le ministre n’a pas précisé si les vaccins seraient facturés, ni à quel prix. Avant d’arriver à cela, la population locale devra avoir été totalement vaccinée. Pour le moment, 53% des habitants ont reçu leur première dose. Mais le ministre est confiant, indiquant qu’en raison de la petite population des Maldives, tout le monde serait bientôt vacciné… et prêt à accueillir des touristes pour la “vaccination package”.
Malte s’apprête à payer les touristes pour les faire venir !
Malte accueille habituellement 2 millions de visiteurs chaque année. Mais en 2020, à cause de la pandémie, le tourisme a chuté de 80%, ce qui a directement impacté les finances du pays. Pourtant, l’île a été assez épargnée par la pandémie. Mais la crainte du virus et les fermetures des frontières ont obligé Malte à affronter une saison vide. Ainsi pour attirer les visiteurs, les autorités de Malte ont décidé d’offrir de l’argent aux touristes. Le chèque varie en fonction de la durée des vacances, du type de logement et de la région. Mais, il peut tout de même atteindre les trois chiffres par personne.
A savoir, 200€ pour les visiteurs séjournant dans ses hôtels 5 étoiles, 150€ quand il s’agit d’hôtels 4 étoiles et 100€ pour les résidents des hôtels 3 étoiles. Cette somme sera offerte sous forme de prestations à utiliser au sein de l’établissement, par exemple pour un soin au spa, un repas au restaurant ou une consommation au bar. Quant aux touristes qui séjourneraient sur l’île de Gozo, à 25 minutes en ferry de Malte, une réduction de 10% viendrait carrément s’ajouter à ce barème.
Toutefois, il existe une série de conditions pour recevoir cette réduction. Tout d’abord, le gouvernement s’est uniquement associé avec des hôtels sur l’île. Il faut donc loger dans un de ces établissements pour être éligible. Un dispositif visant à mettre les hôtels de Malte dans une position très compétitive alors que le tourisme international redémarre lentement. De plus, il faut faire la réservation de manière indépendante. Ce n’est donc pas valable si vous passez par une agence. Enfin, dernière condition et non des moindres : la vaccination. En effet, Malte n’ouvre ses frontières qu’aux personnes vaccinées depuis au moins 10 jours.

Sri Lanka invente des bulles bio
Après 10 mois de fermeture de leurs frontières, le pays a rouvert ses portes aux touristes étrangers, grâce à une initiative qu’ils ont inventé et baptisé comme des ‘bulles bio’ et ‘bulles de voyages’. Elle désigne un agrément de pays à pays permettant le retour des touristes étrangers. C’est notamment le cas en Asie-Pacifique, où l’Australie, Hong-Kong, la Nouvelle-Zélande et encore Singapour évoquent ou appliquent déjà cette ouverture partielle de leurs frontières.
Le but est d’éviter les interactions entre les touristes et les locaux les 15 premiers jours de voyage. Si aucune quarantaine n’est imposée à l’arrivée, 3 à 4 tests PCR sont à prévoir en fonction de la durée du séjour. Un visa électronique et une assurance santé sont aussi obligatoires. Les touristes doivent réserver leurs nuitées parmi une liste d’hébergements prédéfinis et peuvent se déplacer vers une vingtaine de sites touristiques, où des créneaux leur sont réservés. Après 15 jours, les visiteurs sont libres de se déplacer partout dans l’île.

La Thaïlande travaille sur des corridors de voyage
Première destination internationale en Asie du Sud-Est, la Thaïlande accueillait avant la crise du Covid près de 40 millions de voyageurs internationaux. Elle tente aujourd’hui de relancer son économie en planifiant le retour progressif des touristes, indispensable à sa croissance. Un parcours du combattant alors que le pays est frappé par une nouvelle vague de contaminations. Mais les autorités du tourisme ne cessent de trouver de nouveaux moyens d’attirer les visiteurs internationaux, tels qu’une quarantaine raccourcie, une quarantaine pour les golfs et les yachts, etc.
Le ministre thaïlandais du tourisme a aussi déclaré que la Thaïlande et le Singapour discutaient de la formation de bulle de voyage. La Thaïlande envisage de créer ses bulles de voyage avec des pays de l’ANASE où les cas de Covid-19 sont peu nombreux, comme le Viêtnam et le Laos. Les autorités ont noté que Singapour a l’expérience de l’établissement de voies vertes avec des pays d’Asie et d’Océanie et la Thaïlande espère rejoindre ce groupe. De l’autre côté, le fait de partager une frontière terrestre avec le Viêtnam et le Laos facilite la formation de bulles de voyage. Le ministre a l’intention de lancer les bulles de voyage en octobre.
Les Seychelles accueilleront à nouveaux les croisières
Pas de temps pour les Seychelles. Les autorités sont en train d’accélérer le retour des touristes dans l’archipel. Depuis le jeudi 25 mars 2021, les touristes sont admis dans le pays sans être mis en quarantaine et quel que soit le pays d’origine à l’exception de l’Afrique du Sud. Il faudra juste être muni d’un test PCR négatif de moins de 72 heures. Le retour des touristes aux Seychelles a été possible grâce à une rapide campagne de vaccination. Sur une population totale de 98,000 habitants, près de 90, 000 doses ont été administrées à la population, et plus de 27, 400 personnes ont reçu une double injection du vaccin chinois Sinopharm ou d’AstraZaneca.
Les Seychellois, qui avaient été l’un des premiers pays à interdire les bateaux de croisière, ont aussi pris la décision, qu’à partir du mois d’août, les croisiéristes pourraient être autorisés à revenir visiter les différentes îles de l’archipel. Cependant, seuls les bateaux de croisière de mois de 300 passagers pourront débarquer dans les îles. Pour les plus gros navires, cela évoluera en fonction de la pandémie de la Covid-19.
Cette reprise du tourisme est cependant freinée par la décision de nombreux pays européens de mettre en place de nouvelle mesure de confinement. En temps normal, plus de 8 000 touristes se rendaient aux Seychelles toutes les semaines, mais le chiffre été tombé à 300 visiteurs. Cela alors que le tourisme est le premier pilier économique du pays avec 25 % du PIB.
Le Royaume-Uni se penche sur le “passeport Covid-19”
On se dirige de plus en plus vers ce qui pourrait être l’avenir du voyage. Alors que le rythme de vaccination va bon train au Royaume Uni, soit 412 642 doses par jour en moyenne et que la baisse régulière du nombre de cas quotidiens est passé résolument sous la barre des 5 000, le pays de sa majesté, plus précisément l’Angleterre a franchi la phase 2 du déconfinement. Depuis le 12 avril, les bars, les pubs et les restaurants ont pu à nouveau accueillir des clients dans leurs espaces extérieurs tandis que les magasins non essentiels, les salles de sport et les coiffeurs ont été autorisés à rouvrir leurs portes.
Le Premier ministre britannique a aussi annoncé que le gouvernement travaille actuellement sur un plan pour permettre une accessibilité dans les déplacements. Cela à travers, un document certifiant qu’une personne a été vaccinée, a récemment subi un test négatif ou a contracté le virus au cours des six derniers mois devrait être mis en place pour l’accès aux lieux à forte fréquentation au Royaume-Uni. Des tests grandeur nature seront menés dans les semaines à venir.

Maurice mise sur une réouverture saine
Pour sa part, le président de la MTPA, Arvind Bhundun, a fait ressortir qu’à Maurice, la conjoncture n’est pas pareil que les autres pays. Il a expliqué qu’un des points culminants pour la réouverture et la relance du tourisme se repose sur la campagne de vaccination. Arvind Bhundun précise que les Seychelles et les Maldives ont une population moins importante que Maurice, raison pour laquelle, ils peuvent se permettre de commencer leurs plans de communication. Alors qu’il dit qu’ici, les stratégies seront dévoilées et une campagne de séduction sera lancé, quelques temps avant la reprise de touriste.

Le président de la MTPA estime que ce serait donner des coups d’épée dans l’eau, si les autorités activent une campagne alors que le pays est encore fermé et est en lockdown. Il affirme que les pilonnages de promotion se feront en temps et lieux. D’ajouter qu’il n’y a aucune raison pour se précipiter étant donner que les pays porteurs de touristes sont aussi fermés. Cependant, il affirme que des exercices de communication digitale sont faites à travers le monde pour faire en sorte que les étrangers gardent toujours à l’esprit que Maurice reste une destination de rêve.

Si Arvind Bhundun n’a pas donné plus de précision quant aux stratégies qui seront adopté pour séduire les voyageurs, il affirme qu’un plan s’est dessiné en prenant en considération que les tendances de voyage ont drastiquement changé. Il se dit d’ailleurs confiant que Maurice pourra se positionner graduellement comme une destination de rêve. Mais dit-il, cela prendra le temps qu’il faut. De faire ressortir que Maurice a déjà montré qu’il est un très bon élève dans la façon que la pandémie a été traité.

Sen Ramsamy : « J’ai de très bonnes idées pour les stratégies de relance touristique ».
Le consultant en touriste et le Managing Director de la Tourism Business Intelligence et ex-directeur de l’AHRIM explique qu’il a aussi plusieurs idées afin de promouvoir l’ile au niveau touristique. Il considère d’ailleurs que la pandémie peut être un stimulateur potentiel pour une relance plus dynamique. Cependant, il ne cache pas qu’il y aura des gros défis à relever. Sen Ramsamy met aussi l’accent sur le fait que le gouvernement ne doit pas se fermer quant aux conseils extérieurs. Affirmant que son expertise est sollicité par de nombreuses entités au niveau international, il se dit disposer à travailler avec les autorités locaux afin d’apporter son aide.
Dossier réalisé par Joel Marianne

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