Le navire chinois Lu Rong Yuan Yu 588 n’est plus prisonnier des récifs : l’exercice de pompage de l’huile se poursuit à la rade de Port-Louis…

by | Mar 15, 2021 | Actualités

Naufrage au large de Pointe-aux-Sables

• L’opération s’est faite sans aucune fuite
• Une enquête préliminaire initie pour connaitre les circonstances du naufrage
Le danger de toute fuite d’huile, émanant du chalutier Lu Rong Yuan Yu 588, échoué le 7 mars dernier sur les récifs de Pointe aux Sables, est complètement écarté. Quatre jours après que le chalutier s’être fait prisonnier de nos récifs, les autorités mauriciennes ont fait le nécessaire pour éviter une nouvelle marée noire. Après une opération délicate menée par les capitaines et les officiers de la Mauritius Port Authority et de plusieurs unités policières, le navire Lu Rong Yuan Yu a été remorqué vers la rade de Port-Louis, ce jeudi 11 mars. L’exercice de remorquage qui a débuté peu avant midi ce même jour, s’est effectué sans fuite d’huile, affirme les autorités.

Les autorités, dont le ministère de l’Économie océanique, se réjouissent fortement de cette opération terminée avec succès. Bien que l’exercice de pompage n’ait pas été complété, le navire a pu gagner la rade de Port-Louis en toute sécurité en milieu de journée, ce jeudi 11 mars. Le pompage du fuel va ainsi pouvoir reprendre sereinement sur ses lieux. Sur les 130 tonnes que contenait le bateau, 12 tonnes avaient déjà été hélitreuillées jusqu’à ce mercredi, avant le remorquage. D’ailleurs, c’est cette opération reléguée à la firme Polyeco qui a permis de déplacer le navire, qui s’est fait plus léger.
Sudheer Maudhoo : « nous avons pris la situation très au sérieux »

C’est le ministre de la pêche Sudheer Maudhoo, qui a annoncé la bonne nouvelle, quelques heures après le remorquage. Il animait une conférence de presse à 15 h au bureau de la Mauritius Ports Authority, aux côtés du directeur de la MPA, Ramaligum Maistry et d’autres personnes importantes dans le domaine portuaire. Le ministre a d’emblée expliqué que c’est un travail formidable qui a été abattu par les officiers de plusieurs départements en équipe. Il a fait ressortir que tout s’est passé comme prévu et que la stratégie, mise en place par son ministère sous l’avis du salvage Master de Polyeco, a été suivi à la lettre.
Sudheer Maudhoo a aussi accentué sur le fait que depuis le début du naufrage, il a fait tout ce qui est en son pouvoir pour sécuriser nos eaux et l’environnement maritime. « Depuis le début, notre objectif a été d’empêcher une marée noire ou la moindre fuite d’huile. Nous avons pris cette situation très au sérieux et dès dimanche, il a signé des documents pour enclencher les procédures nécessaires pour libérer le bateau de nos récifs afin d’éviter tout désagrément. Il a d’ailleurs fait ressortir que même Bruno Laurette, au lieu de brandir des drapeaux comme lors du Wakashio, a compris la situation et a salué le travail abattu par le ministère pour que les officiers concernés puissent agir.

Le naufrage
Pour rappel, c’est vers 16 heures dimanche dernier que la présence de ce bateau a été repérée en situation embarrassante sur nos récifs au large de Pointe aux Sables. Plus tôt, soit 12 heures auparavant, aux alentours de 06h15 du matin, une demande a été faite pour le soutage (bunkering) pour permettre un ravitaillement dans le port. Mais, le deuxième appel lancé n’était pas pour l’autorisation mais un appel de détresse du capitaine pour dire que le battant pavillon chinois, qui fait 45 m de long sur 7 m de large, se soit échoué sur les récifs.
Dans un premier temps, en voyant la scène, des pêcheurs de la région ont pris la mer afin de s’enquérir de la situation et voir comment ils pourraient porter secours aux membres d’équipage mais les fortes houles ont rendu la tâche impossible. Les garde-côtes de la NCG ont aussi tenté par la suite d’accoster le navire mais ils ont dû également rebrousser chemin après une heure en mer à cause du mauvais temps. Et ainsi, la mission de sauvetage a été relégué à l’hélicoptère DHRUV, qui évacuera les 16 membres d’équipage.
Les 14 Chinois, un Indonésien et un Philippin ont été conduits aux Casernes centrales pour les formalités avant d’être placés en quarantaine dans un hôtel. Le Dhruv a dû faire trois allers-retours pour cette opération. Une fois, le sauvetage terminé, aux alentours de 22h30, la priorité a été de sécuriser le lieu pour éviter un éventuel déversement d’huile.
Le plan d’urgence activé immédiatement
Dès le dimanche 07 mars 2021, le Mauritius Ports Authority a activé le Port Louis Harbour Response Plan en ligne avec le National Oil Spill Contingency Plan. Le bateau avait à son bord environ 130 onnes Métriques de marine gasoil (diesel) et 5 tonnes Métriques de lubricating oil. Une réunion a immédiatement eu lieu au Mauritius Ports Authority en présence des officiers du ministère de l’Environnement, le National Coast Guard, la SMF et d’autres parties concernées pour assurer la coordination d’ensemble.

Le lundi matin, une reconnaissance de drone a été effectuée par Polyeco Société Anonyme et des barrages flottants ont été déployés dans le lagon en face du bateau pour protéger les zones sensibles de la région telle que le Balaclava Marine Parc, le Rivulet Terre Rouge Estuary Bird Sanctuary (Ramsar Site) et le Port Louis Fishing Reserve. Le laboratoire de Ministère de l’Environnement a prélevé des échantillons de l’eau de mer à des fins d’analyse pour détecter toute trace de pollution. Le Salvage Agreement Form a été signé entre l’agent du bateau et Polyeco Société Anonyme pour initier les actions anti-pollution rapides et de sauvetage du bateau.
Le Ministre de L’Environnement, Gestion des Déchets et Changement Climatique a présidé un comité technique ce même jour afin d’assurer que les risques de déversement d’huile soient évités. Un plan de pompage du fioul à bord et du sauvetage a été préparé par Polyeco Société Anonyme afin de finaliser les opérations.

L’exercice de pompage
Ce mardi matin, les équipes étaient affairées à tout mettre en place pour l’exercice de pompage. L’hélicoptère de la police a été sollicité pour aider à transporter les «cubitainers» dans lesquels l’huile sera mise. L’exercice consistait à pomper les 130 tonnes de fioul qui se trouvaient à bord du navire de pêche battant pavillon chinois. En même temps, les services d’un expert maritime ont été sollicités par le ministère de la pêche pour enquêter sur les circonstances ayant mené à l’échouage du Lu Rong Yuan Yu 588.

L’opération de pompage s’est poursuivie jusqu’à ce mercredi après-midi dans un environnement plus délicat. Le ministère de l’Economie océanique a expliqué que la décision a été prise pour poursuivre les opérations malgré le confinement. A 17 heures 30, les officiers avaient déjà évacué 5 cubitainers d’huile, ce qui représentait environ 12 tonnes. Selon les estimations, il aurait fallu attendre quatre jours pour pomper la totalité de fioul du bateau. Mais après consultation, il a été jugé plus efficace de faire remorquer le navire jusqu’à la rade car alléger le navire était en position davantage mobile dans les heures de marée haute.

Le capitaine Hubert Noël en charge de l’enquête
A savoir que le ministère de la pêche a lancé une enquête préliminaire sur les circonstances dans lesquelles le chalutier Lu Rong Yuan Yu 588 s’est échoué sur les récifs à Pointe-aux-Sables. Le capitaine Jean Hubert Noel, Principal Nautical Surveyor, a été nommé pour chapeauter l’enquête.

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