France, incomplet depuis la fermeture forcée de son atelier mécanique : il attend juste que la situation s’améliore pour retrouver sa routine…

by | Mar 23, 2021 | Faits Divers

Pendant cette période de confinement liée à la crise du Covid-19, les véhicules sont des moindres à vaquer les rues. Dans le courant de la journée, après que quelques citoyens aient finisfini de s’approvisionner dans les boutiques du coin, certains quartiers ressemblent presque à des villes fantômes, tellement les mouvements sont restreints. Et exception n’est pas faite chez le mécanicien France, à Résidence Vallijee, un faubourg de la capitale. Alors que d’habitude, des motocyclistes défilent en pompe devant son atelier pour pouvoir réparer leurs engins, les derniers jours ont été un bide total pour son business. D’ailleurs, l’illustration de ses volets fermés alors qu’il y a toujours du soleil, laisse un sentiment déconcertant aux habitants de sa rue qui s’était habitué à une autre sorte de climat.
Le mécanicien, qui atteindra bientôt la soixantaine, a dû mettre ses activités en pause, comme la majorité des Mauriciens. Certes, le confinement n’empêche pas les véhicules de tomber en panne mais par mesures de précaution, il préfère attendre que la situation s’améliore avant d’accueillir des clients dans son garage. Pour lui, la santé reste primordiale, affirmant qu’avec son âge, il ne peut se permettre de prendre aucun risque d’autant plus que ses petits-enfants habitent son toit et que ses clients viennent de toute part. En sus, il explique que des patrouilles policières se font régulièrement dans sa localité et que, ce serait le comble de devoir payer une amende, en tentant d’avoir de l’argent, argue-t-il ironiquement.

Cela fait maintenant plus que 40 ans que ce père de quatre enfants effectue le métier de mécanicien. Après un temps au sein d’une compagnie, il a décidé d’aménager une partie de sa maison en atelier, pour travailler à son propre compte. Depuis, il doit y avoir une nécessité extrême pour qu’il n’ouvre pas sa porte à des clients. Fidèle à lui-même, il se démène malgré son âge pour dépanner toute personne qui rencontre des soucis mécaniques. Sa rigueur et ses efforts quotidiens font que le temps n’a pas eu raison sur son physique. Et fort de son expérience, souvent il arrive même à remettre sur les roues, des motos en très mauvais état.
En temps normal, le futur sexagénaire aurait été l’animateur principal d’un débat très passionné avec ses clients ou avec les amis qui viennent le tenir compagnie à l’atelier. Ou il aurait été à quelques pas de son lieu de travail, à l’abri d’un arbre, en train de jouer aux cartes avec ses compères. Souvent cigarette à la bouche, vêtement taché de quelques traces d’huile, le mécano ne rate jamais une occasion pour s’adresser aux passants, avec une approche dont lui seul en a le secret. Rire, bonne humeur et taquinerie étaient le moteur de son quotidien et ce mode de vie lui comblait.
Pour cette période de crise sanitaire néanmoins, c’est sur son balcon ou sur un banc devant sa porte et avec sa fidèle petite radio que France passe son temps, la télévision n’ayant jamais compté parmi ses passions. D’ailleurs, il ne cache pas que l’ennui lui gagne. Lui, qui avait l’habitude d’être actif, plongé dans les bruits des moteurs et entouré de gens pour discutailler de tout et de n’importe quoi, attend juste que la situation revienne à la normal pour pouvoir reprendre la routine qu’il chérissait tant.
Le futur retraité explique qu’il aime bien passer du temps avec son épouse et ses deux derniers enfants qui sont toujours à Maurice mais ajoute qu’eux aussi ont leurs passe-temps. « Sans s’en rendre compte, on a créé nos petites habitudes. Dans la journée, lorsque je travaille chacun a ses trucs à faire. Mon épouse veille les enfants, regarde sa télé, s’occupe des besognes de la maison jusqu’à ce que je finisse dans la soirée. Et là, on prend un peu de temps pour discuter tous ensemble. Maintenant, j’ai l’impression que tous ont toujours leurs trucs à faire sauf moi » dit-il, sourire aux lèvres.
France explique qu’il préfère, dans cette période de confinement, rester dans son coin, jusqu’à dans la soirée. « J’essaye de trouver des choses à faire. En vérité, il y a toujours du travail dans une maison. Je m’efforce au plus de ne pas déranger personne dans leurs habitudes parce que moi, je ne travaille pas. Ils ont tous leurs trucs à faire et je les laisse. Quand tout retournera à la normal, je retournerai à mes occupations comme avant. La vie reprendra son cours tôt ou tard mais maintenant il n’y a rien à faire mis à part prendre patience » fait-il ressortir.

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