Résultats de l’Étude d’impact du COVID-19 sur les entreprises…

by | Dec 10, 2020 | Actualités, Economie, Société

Ebène, mardi 8 décembre 2020 – Business Mauritius a dévoilé aujourd’hui, lors d’une séance de dialogue entre les acteurs du public, du privé et des institutions internationales, les résultats d’une vaste étude sur les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la communauté des affaires à Maurice. Initiée en partenariat avec Statistics Mauritius avec l’assistance technique du PNUD (UNDP Mauritius Country Office) et le Gouvernement du Japon, cette étude a vu la collaboration de 9 associations-partenaires de Business Mauritius (AHRIM, BACECA, MCA, IAM, MCCI, OTAM, AMM, MEXA et MBA), et a été conduite par DCDM Research entre septembre et octobre 2020.

Lors de son intervention, Vidia Mooneegan, président de Business Mauritius, a rappelé les impacts sociaux et économiques de la pandémie de COVID-19 sur la planète. « Avant février 2020, il paraissait impensable qu’une catastrophe d’une telle ampleur puisse nous frapper. La route vers la reconstruction sera longue, mais cette crise peut devenir un ‘stepping stone’ pour l’avenir. Comprendre les problématiques de cette crise peut nous aider à construire de nouveaux modèles plus durables et résilients. Afin de mieux comprendre l’impact de la COVID-19 sur la communauté des affaires à Maurice, BM s’est associé à Statistics Mauritius pour la conduite d’une étude globale qui permettra d’identifier les besoins immédiats et futurs de nos entrepreneurs. »

Prenant la parole à son tour, Shuichiro Kawaguchi, ambassadeur du Japon à Maurice, a expliqué que le gouvernement japonais a décidé d’étendre son aide financière à plusieurs pays suite à la propagation de la COVID-19. Une partie de cette extension budgétaire a servi à financer l’étude conjointe de BM et Statistics Mauritius. « Nous espérons que cette étude aidera les entrepreneurs mauriciens à se remettre de la crise et à se reconstruire », a-t-il indiqué.

Selon Li Fa Cheung Kai Suet, directrice de Statistics Mauritius, l’étude « donne un aperçu de l’impact de la pandémie sur les entreprises et aide à mieux comprendre le type de soutien dont elles pourraient avoir besoin à court, moyen et long terme ».

« L’étude met en exergue l’incertitude et la situation sérieuse dans lesquelles se trouvent les entreprises pour les mois à venir, tant au niveau des sociétés locales que celles tournées vers l’exportation. En se basant sur les donnees de l’étude, plusieurs pistes de discussions sont maintenant engagées avec nos partenaires du public et du privé pour l’établissement de nouvelles initiatives afin d’accompagner les entreprises vers plus de compétitivité et d’agilité », a expliqué Kevin Ramkaloan, CEO de Business Mauritius.

La présentation a été suivie par une discussion basée sur les résultats de l’étude entre trois capitaines d’industrie locaux : François Eynaud, CEO de Sun Resorts, Eric Dorchies, CEO de Ciel Textile, et Jenifer de Comarmond, CEO d’Adecco, représentant respectivement les secteurs du tourisme, de la manufacture et des PME. Les échanges étaient modérés par Gilbert Gnany, CSO du groupe MCB et président de la Commission Économique de Business Mauritius.

L’ensemble des participants a souligné le manque de visibilité qui affecte la communauté des affaires mauricienne actuellement. La plupart des entreprises fonctionnent au jour le jour, avec pour principaux objectifs d’observer et de s’ajuster aux changements afin de protéger leurs business.

Les discussions ont porté sur différents aspects de la crise, notamment les problèmes de Cash Flow auxquels font face de nombreuses compagnies, la fragilité des PME et des compagnies opérant dans le tourisme, la nécessité de relancer la confiance entre les différents acteurs du marché, le besoin d’aides financières plus ciblées pour certains secteurs et d’incentives supplémentaires de la part des autorités, plus d’agilité au niveau des lois du travail, ou encore un dialogue plus nourri entre le secteur privé et l’Etat.

LES POINTS FORTS DE L’ÉTUDE

Un total de 2,707 compagnies locales, petites, moyennes et grandes, opérant dans une vingtaine de secteurs d’activités, ont été contactées lors du projet. Amanda Serumaga, représentante résidente de l’UNDP Maurice et Seychelles, a expliqué que l’objectif de cette étude est de fournir des informations de base pour faciliter le dialogue sur les questions liées à la pandémie, y compris la prise de décision fondée sur des preuves pour un développement économique et social durable.

Les objectifs principaux de l’étude étaient les suivants :

– Évaluer l’impact de la COVID-19 sur la performance des entreprises

– Évaluer l’impact de la crise sur l’emploi

– Établir les besoins des entreprises à court, moyen et long terme

– Analyser les Business Models innovants mis en place par les entreprises pour favoriser la résilience

– Offrir une perspective selon différents aspects tels que le genre, le développement durable, les secteurs d’activités…

– Identifier des recommandations pratiques afin de réduire la vulnérabilité des entreprises et des ménages face à la crise.

Le rapport démontre de manière indéniable que la crise COVID-19 a eu et continue à avoir des conséquences extrêmement néfastes sur le secteur des affaires. De manière générale, ce sont les PME qui souffrent le plus ; cette tendance se vérifie systématiquement dans les conclusions du rapport d’enquête.

Impact sur la performance

L’impact le plus fort, comme l’on pouvait s’y attendre, a eu lieu durant le confinement, lors duquel 64% des entreprises interrogées ont cessé toute opération, dont 77% des PME. A ce jour, 78% des entreprises sondées ont repris une activité ‘normale’, mais 27% des PME continuent à opérer de façon partielle.

Les plus grands challenges posés par la pandémie au secteur des affaires sont :

– Une baisse de la demande pour les biens et services (67%)

– Un manque de Cash Flow (53%)

– Les taux de change affectant le coût de l’import (29%)

– Les délais de livraison à l’importation (23%)

– Les délais de livraison à l’export (14%)

– Une pénurie de matières premières (10%)

– Les délais de livraison au niveau local (6%)

– La difficulté à trouver des fournisseurs alternatifs sur le marché local (4%)

– La fermeture des frontières (4%)

En comparant la période allant d’avril à septembre 2020 à la même période en 2019, il est à noter que la diminution de la demande est systématique pour quasiment toutes les entreprises, et ce peu importe leur taille ou leur secteur d’opération. Cela s’est traduit par une baisse des ventes pour 74% des entreprises sondées. L’ampleur de cette baisse a été de plus de 30% pour 4 entreprises sur 10, et pour 5 micro-entreprises sur 10.

Alors que la pandémie continue toujours d’affecter la planète, les prévisions à court et moyen terme restent sombres pour nos compagnies. Ainsi, 52% des exportateurs contactés s’attendent à une baisse des volumes d’exportation sur les 6 prochains mois, et 25% d’entre eux sont incertains quant à l’évolution de la situation.

La production locale a également été frappée de plein fouet. Sur 113 entreprises manufacturières sondées, 53% fonctionnaient à moins de 50% de leur capacité entre avril et septembre 2020. Les PME étaient, une nouvelle fois, les plus impactées ; en effet, 63% d’entre elles ont opéré à moins de 50% de leur capacité pendant cette période.

La pandémie a imposé des coûts d’opération supplémentaires à l’ensemble des compagnies locales. Ces frais sont principalement dus aux mesures sanitaires visant à réduire les risques de contamination. Ces mesures englobent aussi bien les mesures obligatoires réclamées par les autorités que les initiatives prises au niveau individuel par les compagnies. Pour 22% des sondés, cela a eu un impact lourd sur leurs coûts d’opération.

L’impact sur la profitabilité a été conséquent pour nos entreprises, avec 77% d’entre elles signalant une baisse de leurs profits.

Le Cash-Flow a diminué chez 22% des micro-entreprises, et chez 52% des plus grandes.

Pour ce qui est de leur résistance financière à court-terme, 56% des PME soulignent avoir devant elles moins de 3 mois de Cash-Flow, contre 35% des grandes entreprises.

Impact sur l’emploi

79% des entreprises sondées ont pu conserver TOUS les emplois grâce aux différentes mesures prises par le gouvernement et les entreprises. Les secteurs d’activité les plus touchés par la perte d’emploi sont la restauration et l’hébergement, la manufacture, la construction, et le commerce.

Par contre, 28% des entreprises sondées ont dû procéder à des coupures de salaires afin de maintenir l’emploi.

Le travail à domicile a été largement utilisé par les entreprises locales pour atténuer les conséquences de la crise et des mesures de confinement. Des entreprises sondées, 57% des PME estiment que leurs activités permettent à leurs employés de travailler de chez eux, contre 81% pour les plus grandes compagnies.

Pour les mois à venir, il est important de noter que 27% des compagnies sondées s’attendent à une réduction des effectifs et 17% sont dans l’incertitude. Seules 56% n’anticipent pas des réductions d’emploi.

Les aides de l’Etat

82% des entreprises sondées avaient bénéficié du Government Wage Assistance Scheme (GWAS) et 22% ont fait appel aux aides gouvernementales autres que le GWAS.

Globalement, 51% des compagnies sondées se disent satisfaites des mesures prises par les autorités.

Pour ce qui est du soutien souhaité de l’État pour continuer à faire face à la crise, 61% souhaiteraient continuer à bénéficier du GWAS, 19% des facilités financières (prêts sans garantie ou à taux réduits) et 17% de la réduction des taxes et des charges obligatoires.

Adaptation

La nouvelle réalité a poussé de nombreux entrepreneurs locaux à chercher des moyens de réduire leurs coûts et à s’adapter aux challenges posés par la crise afin d’assurer le maintien de leurs opérations. Pas moins de 42% des répondants ont introduit des mesures visant à réduire leurs coûts d’opération et ont lancé de nouveaux modèles de fonctionnement tels que le travail à la maison, la flexibilité horaire ou autre. Environ 33% des entreprises ont également préparé proactivement un Business Continuity Plan.

Une grande partie des répondants (41%) estiment qu’il faudra plus de six mois pour que les affaires reprennent à un niveau acceptable. Environ 18% des compagnies sondées avaient signalé que tout était revenu à la normale en septembre, et 10% d’entre elles pensaient que cela n’arriverait jamais. Par ailleurs, environ 47% des répondants estiment ne pas faire face à un risque de fermeture. L’étude compte 39% d’incertains à ce sujet.

En conclusion, il a ete agréé par tous les partis que cette étude donnera suite à d’autres collectes de donnees sur des problématiques diverses concernant l’impact de la crise sur l’économie nationale. Une autre étude sera ainsi publiée dans les prochains mois.

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