Tribunal de la mer La position américaine va-t-elle changer concernant les Chagos ?

by | Oct 20, 2020 | Actualités, Société

• De gros développements géopolitiques à venir
Jeudi, au Tribunal International du Droit de la Mer, soit à Hambourg, Maurice par l’entreprise de son représentant permanent de Maurice aux Nations Unies, Jagdish Koonjul, a donné une cinglante réplique sur la question de délimitation de la frontière maritime entre le pays et la République des Maldives. C’était lors du premier tour des plaidoiries devant les neuf juges chargés de statuer sur la question.
Réfutant les accusations de l’Attorney General, des Maldives, Ibrahim Riffath, Jagdish Koonjul a fait comprendre que Maurice n’utilise pas le Tribunal du droit de la mer pour régler son litige avec le Royaume-Uni. Il a maintenu que Maurice n’utilise en aucun cas les procédures devant le Tribunal pour régler le litige territorial avec le Royaume-Uni aux dépens des Maldives. Car, il n’y a aucun litige à ce sujet. « Le Cour International de Justice (CIJ) a déjà statué que l’archipel des Chagos est une partie intégrante du territoire mauricien », dira-t-il.
Jagdish Koonjul a soutenu que le litige entre Maurice et les Maldives dure depuis plus d’une décennie. A cet effet, il a dit que Maurice n’a jamais demandé aux Maldives de prendre position dans son combat contre le Royaume Uni. « Toutefois, son représentant a déclaré qu’ils sont en faveur de la décolonisation mais pourtant, ils ont voté contre la résolution de Maurice. Les actes en disent plus que les paroles », a-t-il souligné.
Pour le représentant permanent de Maurice aux Nations Unies, le ton utilisé par l’Attorney General des Maldives porte atteinte aux relations cordiales qui existent Maurice et les Maldives. Il a ainsi déclaré que les remarques faites ne font pas honneur à l’esprit d’entente. Il a affirmé que la décision des neuf juges est axée uniquement sur la délimitation maritime et a indiqué que Maurice n’attend aucune prise de position concernant l’archipel de Chagos car les Nations Unies ont déjà adopté la décision de la CIJ.
Il convient de souligner que Maurice et la République des Maldives tentent depuis 2010 de trouver un accord sur la délimitation de leur frontière maritime. La République des Maldives avait réclamé une extension de sa zone économique exclusive (ZEE) et ne tenait pas compte des Chagos en tant que territoire mauricien. Maurice s’était opposé auprès des autorités concernées et la République des Maldives a accepté de porter l’affaire devant le Tribunal International du Droit de la Mer.
Il faut dire que selon certaines sources, il ne fait pas de doute que ce sont les Britanniques qui influencent la position de la République des Maldives dans ce litige opposant les deux pays. « Après la décision de la CIJ, nous avons tenté de relancer les discussions, mais ils n’ont pas répondu à aucune de nos invitations à discuter », dit-on
A noter que les actions de la République des Maldives suivent une ligne claire depuis plusieurs années déjà. Cette île de l’Océan Indien jure la fidélité à toute épreuve envers les Britanniques.
Les deux sessions du second tour auront lieu aujourd’hui (samedi) et lundi 19 octobre. De gros développements géopolitiques pourraient survenir sur la question de délimitation de la frontière maritime entre le pays et la République des Maldives. « La position américaine va-t-elle changer concernant les Chagos ? », se demande-t-on.

L’avis consultatif favorable à Maurice donné la CIJ a été l’arme principale utilisée par Philippe Sands (QC) pour contrer les arguments des Maldives

Le représentant légal de l’Etat mauricien, Philips Sands (QC) n’a pas été tendre devant le Tribunal International du Droit de la Mer. N’hésitant pas à donner la réplique aux représentants des Maldives qui sont intervenus le mardi 13 octobre, l’homme de loi a prévenu les juges du Tribunal que : Les Maldives vous poussent à prendre la voie de la désolation en tentant de les convaincre qu’ils n’avaient pas la juridiction requise pour trancher le litige opposant les deux Etats.
Philippe Sands (QC) s’est aussi appuyé sur la documentation pour confirmer les dires du représentant permanent de Maurice aux Nations-Unies, Jagdish Koonjul. Il a expliqué pourquoi les cinq objections préliminaires avancées par les Maldives ne tiennent pas la route.
Des éléments évoqués par le représentant légal de l’Etat mauricien sont repris de la plaidoirie devant la Cour internationale de Justice (CIJ) en 2019. Plus particulièrement en ce qui concerne la question de décolonisation et le droit d’un peuple à l’autodétermination.
Cependant, l’avis consultatif favorable à Maurice donné la CIJ a été l’arme principale utilisée par l’homme de loi pour contrer les arguments des Maldives. « Si cette instance a statué qu’un Etat n’a aucun droit d’administrer un territoire, il coule de source qu’il n’a pas à être impliqué sur le litige qui oppose Maurice aux Maldives », estime-t-il.
Philippe Sands (QC) a, par ailleurs, fait ressortir que les Maldives étaient le seul pays à avoir obtenu son indépendance après 1965 à avoir voté contre la résolution des Nations-Unies imposant un ultimatum à la Grande-Bretagne pour quitter les Chagos. Selon l’avocat, si les Maldives assurent être en faveur de la décolonisation, ses actions, votes, arguments avancés cette semaine donnent une tout autre impression.
Il a ainsi fait comprendre qu’à travers ses actions, les Maldives estiment que l’excision des Chagos du territoire mauricien en 1965 était légale, plausible ou défendable tandis que le CIJ est arrivé à la conclusion opposée.
Mettant l’accent sur l’avis consultatif de la CIJ qui précise qu’il revient à toutes les nations de s’assurer que la décolonisation soit complète, l’homme de loi a ajouté que cela inclut les Maldives et manifestement, les Maldives ne sont pas en train de respecter l’intégrité territoriale de Maurice, ce qui est profondément regrettable. Il a aussi fait ressortir que la mappemonde officielle des Nations Unies a été amendée et que les Chagos y sont décrites comme faisant partie du territoire mauricien, sans ambiguïté.

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