l’UNESCO illustre les progrès réalisés en matière d’éducation des filles – aujourd’hui menacés par la COVID-19 – au cours des 25 dernières années…

by | Oct 13, 2020 | Actualités, Société

Un rapport de l’UNESCO publié à l’occasion de la Journée internationale de la fille (11 octobre) montre que 68 millions de filles de plus se sont inscrites dans l’enseignement primaire et secondaire en Afrique subsaharienne depuis 1995. Cependant, malgré une augmentation à tous les niveaux de l’éducation, les filles sont toujours plus susceptibles d’être exclues que les garçons. Il est essentiel que les gouvernements s’attaquent à la discrimination persistante pour parvenir à l’égalité pour la prochaine génération de filles, affirme le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) intitulé « Une nouvelle génération : 25 ans d’efforts pour atteindre l’égalité des genres dans l’éducation ».

« Nous savons tous que l’éducation est la pierre angulaire de l’égalité – et l’éducation des filles et des femmes est la première étape vers un monde plus égalitaire entre les genres. Bien que nous nous réjouissions des progrès réalisés en matière d’éducation des filles et des femmes grâce aux efforts continus de la communauté internationale, cette publication montre également que nous manquons encore à nos engagements envers les plus défavorisées : les trois quarts des enfants en âge d’aller à l’école primaire qui ne mettront peut-être jamais les pieds à l’école sont des filles », a déclaré Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO. « En ce moment critique, alors que la COVID-19 exacerbe les inégalités entre les genres, nous devons renouveler notre engagement en faveur de l’éducation des filles et des femmes. Les progrès dans ce domaine se répercutent sur plusieurs générations – et il en est de même pour les reculs engendrés. »

La nouvelle publication du Rapport GEM de l’UNESCO fait le point sur les progrès réalisés dans le domaine de l’éducation des filles au cours des deux décennies et demie qui se sont écoulées depuis la Déclaration et le Programme d’action de Pékin, un engagement historique pris par 189 pays pour faire progresser les droits des filles et des femmes. Depuis 1995, le taux mondial de scolarisation des filles est passé de 73 % à 89 % ; les améliorations les plus importantes ayant été observées en Afrique subsaharienne et en Asie Centrale et du Sud. Des progrès significatifs vers l’accès universel ont été réalisés dans l’enseignement primaire dans 23 pays du monde entier. En Afrique, des améliorations majeures dans l’accès à l’enseignement primaire ont été réalisées dans de nombreux pays, dont le Burkina Faso, le Burundi, la Côte d’Ivoire, Djibouti, la Gambie, le Ghana et le Mozambique.

Toutefois, le genre joue toujours un rôle important dans la scolarisation. Au Tchad et en Guinée-Bissau, moins de 80 filles pour 100 garçons ont terminé l’école primaire et les garçons ont plus de deux fois plus de chances que les filles de terminer l’école secondaire. De grandes disparités entre les genres persistent, en particulier pour ceux qui sont confrontés à des désavantages croisés. Dans au moins vingt pays, comme le Bénin, le Congo et le Zimbabwe, pratiquement aucune jeune femme ne terminera le deuxième cycle de l’enseignement secondaire.

À l’échelle mondiale, les femmes sont également trois fois plus nombreuses à être inscrites à l’université qu’il y a vingt ans. Toutefois, en Afrique subsaharienne, les disparités au détriment des femmes persistent, avec seulement 73 étudiantes inscrites pour 100 hommes en 2018.

Manos Antoninis, directeur du Rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’UNESCO, a déclaré : « Vingt-cinq ans après la Déclaration et le Programme d’action de Pékin, des millions de filles sont toujours confrontées à des obstacles qui les empêchent d’aller à l’école. L’éducation est le tremplin qui permettra de réaliser les six coalitions d’action lors du Forum Génération Égalité prévu en 2021, où sera produit la prochaine version de la Déclaration de Pékin. Le moment de la publication de ce Rapport sur le genre est donc particulièrement critique ».

Les impacts des discriminations passées sont tels que les femmes représentent encore près des deux tiers des adultes analphabètes. Tout au plus, une femme sur dix peut lire dans la plupart des régions du Tchad et de la Guinée. Nombre d’entre elles sont également confrontées à des obstacles supplémentaires, tels que la pauvreté et le handicap. Dans 59 pays, les femmes âgées de 15 à 49 ans issues des ménages les plus pauvres sont quatre fois plus susceptibles de ne pas savoir lire et écrire que celles issues des ménages les plus riches. Les femmes handicapées sont particulièrement défavorisées. Au Mozambique, 49 % des hommes handicapés savent lire et écrire, contre seulement 17 % des femmes handicapées.

L’honorable David Moinina Sengeh, ministre de l’Éducation de base et de l’Enseignement secondaire supérieur en Sierra Leone et président nouvellement nommé du conseil consultatif pour le Rapport GEM, a ajouté : « Depuis la Déclaration de Pékin en 1995, les progrès vers l’égalité des genres dans l’éducation ont été considérables, mais inégaux. Les gouvernements doivent s’engager pleinement et la société doit également accorder toute son attention à la lutte contre l’exclusion scolaire qui freine les filles et les femmes. Ce Rapport GEM 2020 sur le genre montre que la réalisation des droits des femmes est intrinsèquement liée à leurs possibilités d’éducation. Ses recommandations doivent être mises en œuvre par toutes les parties prenantes afin de parvenir à une pleine égalité pour la prochaine génération ».

Le Rapport met en évidence les lois, politiques et pratiques discriminatoires, comme l’interdiction de scolariser les filles enceintes, comme c’est le cas en Guinée équatoriale et en République-Unie de Tanzanie, alors que de nombreux autres pays ne font tout simplement pas assez pour les soutenir. Actuellement, une fille de moins de 18 ans sur quatre est enceinte dans la région. De nombreuses écoles ne sont pas non plus inclusives pour les filles qui ont besoin de meilleures installations sanitaires. Dans des pays comme le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, la plupart des écoles primaires ne disposent pas de toilettes séparées pour les filles. Il s’agit là d’un facteur important dans la fréquentation scolaire des filles qui ont commencé à avoir leurs règles, ce qui est particulièrement à propos en Afrique subsaharienne, où un pourcentage élevé d’élèves ont dépassé l’âge de la scolarité obligatoire.

La lenteur des progrès en matière d’égalité des genres dans l’éducation est due en grande partie à la persistance de normes négatives en matière de genre dans la société ; les parents donnant la priorité à l’éducation des garçons et les filles se mariant tôt au lieu d’aller à l’école. Quatre pays de la région, soit la Guinée équatoriale, la Gambie, la Somalie et le Sud-Soudan, ne fixent toujours pas d’âge minimum pour le mariage, ce qui est une cause majeure d’abandon scolaire chez les filles.

Le Rapport préconise les mesures suivantes:

1. Éliminer les disparités entre les genres en matière d’accès, de participation et d’achèvement des études. Dans 4 % des pays, moins de 9 femmes pour 10 hommes sont inscrites dans l’enseignement primaire, 9 % dans le secondaire inférieur, 15 % dans le secondaire supérieur et 21 % dans l’enseignement supérieur.

2. Toutes les filles enceintes et les jeunes parents doivent être soutenus pour aller à l’école. Les taux de grossesse précoce restent élevés en Afrique subsaharienne, et ce malgré une baisse significative de ces taux au niveau mondial. Au Tchad, au Mali et au Niger, les taux sont plus élevés qu’en 1995. Des interdictions toujours en vigueur empêchent les filles enceintes d’aller à l’école en Guinée équatoriale et en République-Unie de Tanzanie.

3. Tous les enseignants, conseillers scolaires et professionnels doivent recevoir une formation pour les aider à comprendre leurs propres attitudes et comportements en matière de genre. Cette formation permettra de rétablir l’équilibre entre les genres les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) et dans l’enseignement technique et la formation professionnelle (EFTP). Le Botswana, par exemple, dispose d’un programme complet d’orientation et de conseil et d’un comité de référence sur l’égalité des genres, mais ne dispose pas d’un cadre général sur la manière de faciliter l’accès des filles et des femmes à l’EFTP et aux STEM.

4. Tous les programmes et manuels scolaires doivent représenter les femmes d’une manière qui ne perpétue pas les stéréotypes de genre. Une étude sur les manuels d’études sociales dans les classes 5e à la 8e année en Éthiopie a révélé que seulement 12 % des noms étaient féminins.

5. Tous les élèves doivent avoir accès à une éducation complète à la sexualité ; il a été démontré qu’elle permettait de prévenir la violence sexiste en milieu scolaire en favorisant la compréhension et le respect des identités de genre des élèves et qu’elle conduisait également à une réduction des grossesses précoces. Connect with Respect, par exemple, est un programme mis en œuvre en République-Unie de Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe, qui aide les élèves à remettre en question les pratiques néfastes par des activités d’apprentissage pratiques, telles que la réflexion critique, la réflexion en petits groupes et les jeux de rôle.

6. Encourager davantage de femmes à occuper des postes de direction, afin de contribuer à changer les normes sociales et de genre – et servir de modèles aux étudiantes.

Le Rapport GEM a lancé une campagne appelée #Iamthe1stGirl. Cette campagne vise à démontrer les bienfaits des investissements gouvernementaux dans l’éducation des filles. Elle vise aussi à faire connaître à la société la contribution positive de millions de femmes qui sont les premières de leur famille à terminer l’école secondaire ou l’université.

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