Lancement de l’Intercontinental Slavery Museum Project -Phase 1 à port-Louis…

by | Oct 21, 2020 | Actualités, Société

Pravind Jugnauth : « Il faut honorer et reconnaître notre histoire en nous inspirant de notre passé pour construire un nouvel avenir »
• « La création d’une Land Division permettra aux personnes lésées de revendiquer leurs droits », affirme-t-il
Dans le contexte du « UN Decade for people of African Descent and the Commemoration of the International Day for the Remembrance of Slave and its Abolition », le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a, mardi dernier, procédé au lancement du « Intercontinental Salevery Museum Project-Phase 1» au bâtiment de l’hôpital (ex-militaire) qui se trouve à Port-Louis. Y étaient présents, entre autres, le Premier ministre adjoint, Steve Obeegadoo, ministre des Arts et de l’Héritage culturel, Avinash Teeluck, les deux vice-Premier ministres, (Leela Devi Dookhun-Luchoomun et Anwar Husnoo), le Speaker de l’Assemblée nationale, Sooroojdev Phokeer, les membres des corps diplomatiques.
A cette occasion, le chef du gouvernement a affirmé que c’est un grand honneur pour lui de participer au lancement du musée de l’esclavage, dont l’histoire est très sombre. « Le lancement de cette première phase du musée de l’esclavage a une signification très émotionnelle car l’esclavage nous rappelle une période douloureuse de notre pays et du monde. C’est une période noire de notre histoire où les esclaves avaient ressenti beaucoup de douleurs, où ces derniers ont connu beaucoup de souffrances et versé leur sang pour faire face aux colonisateurs. Les hommes et femmes innocents ont été enlevés de leurs pays, notamment de Mozambique, Madagascar ou encore de Zanzibar », a-t-il soutenu.
Droits bafoués par les colons
Il a ainsi fait ressortir que les esclaves étaient venus pour travailler dans les champs de canne. « Leurs droits avaient été bafoués par les colons. Ils ont fait des sacrifices pour construire le pays. C’était inacceptable et les atrocités sont condamnables. On ne peut oublier le crime fait contre l’humanité. Ce lieu est parsemé de leur sueur et de leur sang », dira le Premier ministre qui a ajouté que : « La souffrance humaine fait partie de notre histoire. A travers ce musée, nous les rendons un grand hommage. Il faut honorer et reconnaître notre histoire en nous inspirant de notre passé pour construire un nouvel avenir ».
D’autre part, Pravind Jugnauth a indiqué que nous avons un devoir de mémoire envers nos ancêtres et devons reconnaître le sacrifice et la contribution des esclaves et des descendants d’esclave au pays.
Par ailleurs, le Premier ministre a qualifié le lancement du musée d’esclaves comme historique. Indiquant que ce musée vient s’ajouter à la liste des mémoires envers nos ancêtres, il a fait ressortir que ce musée concerne non seulement Maurice, mais aussi les îles de l’Océan indien où l’esclavage a laissé des traces, voire des empreintes.
L’importance de la création d’une Land Division
Concernant le musée de l’esclavage, le chef du gouvernement a déclaré qu’on a franchi une grande étape. « C’est un gros projet. On va bouger par phases », a-t-il précisé. Le Premier ministre a, d’autre part, énergiquement dénoncé l’attitude de certains. « Ils ont plusieurs à parler, mais mon gouvernement a agi. Les gens jugeront sur nos actions, dira le Premier ministre qui a rappelé que le projet du musée de l’esclavage avait d’abord été recommandé par la Commission Justice et Vérité. « Pas de grande chose n’avait été fait par le gouvernement d’alors. Or, nous avons travaillé avec conviction. Une autre recommandation, celle portant sur la création d’une Land Division dans la Cour suprême deviendra aussi une réalité. Cela permettra aux personnes qui se sentent lésées de revendiquer leurs droits », a-t-il souligné.
Soulignant que désormais, Port-Louis compte deux sites historiques (Musée de l’Esclavage et Aapravasi Ghat), Pravind Jugnauth a déclaré que ce site de conscience permettra d’accueillir des observations, commentaires, propositions et suggestions des membres du public.
De son côté, le président du conseil d’administration du Musée Intercontinental de l’esclavage, Jean Maxy Simonet, a principalement mis l’accent sur la contribution des esclaves au développement du pays. Il a ainsi souligné que l’idée de faire un musée qui leur est dédié avait été évoquée dans les années ’80. « Or, c’est en 2016 qu’elle avait été mentionnée dans le Budget. Cela démontre l’engagement du Premier ministre », a-t-il maintenu.
Il faut aussi souligner que le Premier ministre qui a participé au dévoilement d’une plaque commémorative, a visité l’intérieur du musée. Le site est ouvert aux membres du public et les consultations pour l’avènement du musée seront entamées.
Avinash Teeluck, ministre des Arts et de l’Héritage culturel :
« C’est un lieu cimenté de sang, de la sueur, du sacrifice et de l’effort de nos ancêtres »
Pour sa part, le ministre des Arts et de l’Héritage culturel a affirmé que le lieu symbolique qui représente une partie importante de notre histoire. « C’est un lieu cimenté par le sang, la sueur, sacrifice et l’effort de nos ancêtres. Aujourd’hui nous marquons une étape cruciale dans l’histoire de notre pays avec le lancement de la première phase du musée intercontinentale de l’esclavage », dira Avinash Teeluck qui a ajouté que : « Ene musée ki pas ene projet d’infrastructure. Sa musée là c’est ene site de conscience. Enn conscience pour comprend mieux l’histoire nous banne ancêtres et commerce esclave dans l’Océan indien ».
Il a affirmé que ce la première phase du projet comprend des travaux superficiels dans le bâtiment ex-hôpital militaire afin d’enlever les structures qui y ont été rajoutés au fil du temps. « Les travaux qui ont déjà commencé seront achevés en décembre prochain. En parallèle, la première phase qui est importante comprendra aussi une étape consultative avec les membres du public à travers une exposition ayant pour thème « Breaking the Silence ». Allons casser ce silence, ce tabou qui est en accord avec la « Slave Route Project de l’UNESCO », a-t-il dit.
Consultation publique et recommandations
Poursuivant, Avinash Teeluck a soutenu que cette exposition permettra non seulement à tous les Mauriciens de visiter le site et de participer dans la ‘consultation publique’, mais également de faire des recommandations, suggestions, idées et opinions pour la mise en place du musée et de partager les connaissances sur l’histoire de l’esclavage à Maurice. Il a aussi souligné que l’étape consultative débutera (21 octobre) et durera jusqu’à 20 janvier 2 021 et a invité les Mauriciens de visiter l’exposition et de participer dans la consultation qui aura lieu eu même endroit.
Le ministre des Arts et de l’Héritage culturel a fait ressortir que la deuxième phase du projet sera la remise en état du bâtiment au complet et la mise en place du musée. « Azordi Maurice p donn l’exemple au niveau international dan préservation so l’histoire, commemoration nous patrimoine ek contribution de bane premier bâtisseurs de nou pays. C’est enn messaz fort ki le pays p donner azordi. Couma mone mentioner, sa projet la li accorde li avec le Slave Route Project de l’UNESCO. Ainsi nou ena enn devoir pou gard mémoire nous bane ancetres ek zot zistoire vivant et transmet li de génération à génération », a-t-il déclaré.
Maurice comme un point central
Avinash Teeluck a, par ailleurs, indiqué que Maurice demeure un point central dans l’Océan indien et a affirmé que c’est pour cette raison que nous l’appelons ‘Musée Intercontinental de l’Esclavage’ Car cela ne concerne pas que Maurice. Il a ainsi affirmé que nos ancêtres sont venus de différentes places et l’esclavage a été toléré et institutionnalisé à travers les différents continents.
Et d’ajouter que : « Li pas ene coincidence ki musee intercontinental esclavage p faire ICI dans batiment Ex-Hopital Militaire. Li pas ene coincidence ki rapport Truth and Justice Commission ine recommende ki musee l’esclavage fr ICI dans sa batiment la ».
Le ministre des Arts et de l’Héritage culturel a, d’autre part, fait ressortir que le vieux bâtiment de l’ex-hôpital Militaire de Port-Louis qui a une valeur historique, a été construit 280 années de cela et décrété patrimoine nationale en 1999.
Il a également soutenu que ce lieu a aussi une valeur sentimentale qui est inestimable car ledit bâtiment a été construit avec le courage et souffrance de nos ancêtres -esclaves. « Gouvernement pas pe guette ni l’argent ni pe compromettre lors banne moyens pour realise ça projet là », souligne-t-il.
Soutenant que le rapport « Truth and Justice Commission’ a été publié en 2 011, Avinash Teeluck a déclaré que c’est n’est qu’en 2016, soit cinq ans après qu’il y a eu une vraie volonté pour réaliser ce projet. « Depuis 2 016, le gouvernement et surtout le Premier ministre ont pris des décisions importantes pour assurer que l’avancement du projet. Aujourd’hui, nous constatons que l’une des recommandations du rapport Truth and Justice Commission est en train d’être matérialiser en un projet concret. Tous cela démontre le sérieux du gouvernement d’agir et de respecter ses engagements envers l’histoire et le pays », a-t-il ajouté.
Vision pour le pays
Le ministre des Arts et de l’Héritage culturel a aussi laissé entendre que le gouvernement, guidé par son projet de société, a une vision pour le pays. « C’est continuer avec le développement, le progrès, basé lors banne principe fondamentale qui finne toujours guide nous…couma l’égalité, le partage, le respect et l’unité nationale. « L’unité nous pays li retrouve li dans commémoration nous l’histoire, nous patrimoine, nous culture… dans le respect de tous dimoune, peu importe so appartenance ou so identité. L’unité nous pays li retrouve li dans la volonté pour agir, c’est le courage pour faire banne affaires avancer, dans l’action et faire ce qui bizin pour ceux qui dans el besoin ou ceux qui bisin support. L’unite nou pays c la determination pou amene le progres, le development et assurer tou dimoune indistinctement trouve so place egale dans la societe. Sa mem vision gouvernement et samem nous mission », estime-t-il.
Le ministre des Arts et de l’Héritage culturel a affirmé que : « Nous sommes rassemblés pour donner le coup d’envoi de la première phase du musée d’esclavage, qui vise, entre autres, de reconnecter la contribution économique et sociale des esclaves, de nos ancêtres dans le développement du pays. La chaîne de l’esclavage a été brisée depuis longtemps. Aujourd’hui, nous brisons ce silence autour l’ignorance de notre histoire en hommage aux esclaves et nos ancêtres. A la mémoire des ‘grands dimounes’ et de leurs sacrifices pour le pays allons briser ce silence ».

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