Du rififi au PTR Les Mohamed, père et fils, provoquent des étincelles au Parti Travailliste…

by | Oct 20, 2020 | Politique

…ils risquent de se marginaliser davantage dans les futures équations politiques

Me Yusuf Mohamed : « Ramgoolam bizin allé pour la simple raison, le peuple nepli oulé li… c’est le parti ki compte et non pas l’homme»
• Patrick Assirvaden : “Pa neseserman nou get dan mem direksion ki Me Yusuf Mohamed”
Les récentes déclarations de Yusuf Mohamed concernant le leadership de l’alliance des trois parties (PTr-MMM-PMSD), a eu l’effet d’une bombe au sein des ‘rouges’. Déjà que ce regroupement électoral peine à convaincre, ne voilà-t-il pas que le Senior Counsel est venu apporter son grain de sel dans cette machinerie. Tout ceci aurait pu rester là, mais Patrick Assirvaden ne l’entend pas de cette oreille, surtout venant d’une personnalité qui n’est même pas membre du Parti Travailliste. Le président des rouges n’est pas passé par quatre chemins pour le faire comprendre à qui de droit. Ce qui cette fois n’a pas plu à Shakeel Mohamed, le fils de Yusuf Mohamed. Il a fallu l’intervention d’Arvin Boolell et de Navin Ramgoolam pour que la situation ne dégénère pas. Malgré un calme apparent, le feu couve sous les cendres selon les observateurs politiques chevronnés.
Genèse du conflit
En effet, lors de l’émission le clash sur Radio-Plus, l’ancien ministre du Travail, sous le régime Ramgoolam (SSR) et qui suit la politique de près, a exprimé sa propre opinion concernant cette alliance en déclarant ceci : « Si zot faire sa l’alliance-là, c’est Ramgoolam ki pou Premier Ministre. A ce moment-là, sa sera peine perdue pou ale de l’avant, Ramgoolam et les trois parties pou tomber. C’est région rurale qui faire élection et malgré ki zot nepli envi Jugnauth, mais zot pas pou ena lot choix ki revote sa boug la encore. Ramgoolam bizin allé pour la simple raison, le peuple nepli oulé li, li conner sa mais li reste accrocher ek sa parti- là, kuma dir li penser kan li reste leader parti, la masse de lecteur pou vote li, pas vrai. 2 fois li fine tomber. C’est le parti ki compte et non pas l’homme ».
Yusuf Mohamed a également fait comprendre que Navin Ramgoolam peut réagir comme un ‘shoulder’ : aider, travailler et faire campagne pour le parti, mais ne peut pas se présenter comme candidat. « Le temps de Ramgoolam est révolu », dit-il.
Par ailleurs, l’ancien ministre du Travail a insisté sur le fait que personne n’est plus indispensable. « Il y a tellement des gens y compris des jeunes qui peuvent revenir. Personne ne peut dire qu’il peut rester leader tout le temps en tapant son estomac… », a-t-il ajouté.
« C’est ene zafer ki Navin Ramgoolam fine dir li publiquement pa pouss li, li pa pou aller, ki ou penser lor la ? A quoi l’avocat a soutenu que : « Ah ce moment-là, le parti travailliste pou grainer, si li continuer agir sa façon la, si ene ti dictateur dans le parti, li bizin aller ».
Yusuf Mohamed a aussi soutenu que n’importe qui peut devenir président de la République. Cependant, il a dit ceci : « So papa ti Gouverneur Général, qui faire li pas vine président li, allez Papa… ».
Interrogé sur quel sera le résultat des élections générales de 2 024 si l’alliance PTr-MMM-PMSD est concrétisée, le père du député Shakeel Mohamed a répondu que : « Si Ramgoolam la… Bybye l’alliance. Si Ramgoolam persister, li pe faire du mal a so parti seulement, li pe faire du mal au pays et a tous les mauriciens et toutes les mauriciennes ».
Mohamed vs Assirvaden
Quand Me Yusuf Mohamed a estimé que Navin Ramgoolam devrait quitter le leadership du parti, Patrick Assirvaden n’a nullement partagé l’avis de ce dernier et a vivement réagi pour défendre son leader.
Lui donnant la réplique dans la même émission, le président du PTR dit ne pas partager l’avis de Me Mohamed. « Pa neseserman nou get dan mem direksion ki Me Yusuf Mohamed, sa se so lopinyon ek nou respekte li. Mais ces choses-là se discutent au sein du parti », a affirmé le président du PTr. Pour lui, c’est en 2 024 que la question de présenter Navin Ramgoolam comme Premier ministre se posera.
Patrick Assirvaden a dit ne pas comprendre la logique de Me Yusuf Mohamed. Et d’ajouter : « Li ena ene mekonesans realite parti ek pei. Son raisonnement est dépassé».
Patrick Assirvaden aurait aussi rappelé comment ce dernier avait assisté Navin Ramgoolam quand il avait été arrêté dans l’affaire des coffres forts en 2 015. Le député rouge aurait ainsi touché les relations entre Navin Ramgoolam et Yusuf Mohamed au temps où celui-ci était l’avocat du leader du PTr,
Il faut aussi dire que les déclarations de Patrick Assirvaden n’ont pas plu Shakeel Mohamed et ce dernier l’a dit haut et fort.
Intervention d’Arvin Boolell
Il faut dire qu’après les déclarations intempestives de Me Yusuf Mohamed, Patrick Assirvaden et Shakeel Mohamed qui ont quasiment été disputés en public sur les différentes radios privées au début de cette semaine, Arvin Boolell a dû intervenir pour calmer tant bien que mal les deux députés. Ce dernier a essayé de faire comprendre aux deux députés que de tels échanges ne leur font pas honneur et qu’ils doivent travailler ensemble dans l’intérêt du parti et du pays. « Chacun a sa façon de dire les choses et je les comprends, mais de telles réactions ne profitent ni au parti ni au pays », dit-il.
Si pour Patrick Assirvaden cette affaire est close, par contre, Shakeel Mohamed a déclaré que : « J’ai toujours dit ce que je pense. Moi aussi, je ne suis pas d’accord avec les propos de Yusuf Mohamed mais il est mon père et quand il y a des propos blessants et inexacts, je me dois de réagir ».
Avenir sombre pour Shakeel Mohamed
Suite aux négociations entamées entre le Parti Travailliste-Mouvement Militant Mauricien et Parti Mauricien Social-Démocrate en vue d’une alliance et le ‘clash’ qui a eu lieu entre Patrick Assirvaden et Shakeel Mohamed, des nombreux agents, partisans et sympathisants de ce dernier ainsi que bon nombre d’habitants de Plaine-Verte, dont certains à travers les réseaux sociaux, souhaitent que Shakeel Mohamed quitte le PTr et ranime le Comité d’Action Musulman (CAM).
Pour certains internautes, le député de la circonscription No 3 (Port-Louis Maritime/Port-Louis Est) n’aura pas sa place au sein du « front bench » de cette alliance en cas de victoire aux prochaines élections. On parle même d’une alliance où Reza Uteem aura préséance sur le député rouge.
Quant à Shakeel Mohamed, il a affirmé que l’alliance n’a ni tête ni pied et que personne ne peut dire que Reza Uteem sera ‘sur sa tête’. « J’ai mes conditions et le moment voulu, je vais en faire état… Je ne suis pas quelqu’un qui va ‘back off’ pour faire plaisir à certains », a affirmé le député ‘rouge’.
Concernant l’hypothèse de sa démission du Parti Travailliste et la réanimation du CAM, Shakeel Mohamed a fait état de « wishful thinking de certains ».
De nombreux observateurs politiques estiment que le ‘clash’ entre les Mohamed d’une part et Patrick Assirvaden d’autre part, pourrait jouer en faveur de Reza Uteem si l’alliance PTr-MMM-PMSD sera définitivement concrétisée.
Dans l’entourage de Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, on estime qu’il est possible qu’à la suite d’une entente entre Ramgoolam et son voisin Paul Bérenger, ce serait Reza Uteem qui monterait en grade sous un éventuel gouvernement MMM/PTr/PMSD aux dépens de Shakeel Mohamed.
Ce que les rouges pensent tout bas !
Bon nombre des ‘rouges’ et ‘mauves’ n’apprécient toujours pas les déclarations et sorties intempestives de Shakeel Mohamed contrairement à Reza Uteem qui a un caractère plus posé, selon certaines personnes. Ce qui pourrait le faire devenir le No 3 sous un éventuel gouvernement à trois. Cela au détriment de Shakeel Mohamed, qui est plus proche d’Arvin Boolell que de Navin Ramgoolam.
Cette affaire nous ramène à l’histoire survenue à Plaine Verte, lors d’un meeting du Parti Travailliste dans les années 1990 quand Yusuf Mohamed voulait monter sur une estrade avec son fils Shakeel. Ce à quoi les dirigeants rouges avaient objecté vu que Mohamed junior flirtait à cette époque avec le MSM. Beaucoup estime qu’avec son rôle comme chef de file des parlementaires rouges, et ce malgré son éloquence, cela n’a pas été un grand apport aux travaillistes. De plus, ses commentaires sur Narendra Modi ou encore le meeting de la Plaine Verte où Navin Ramgoolam avait parlé de « katori » a eu un effet désagréable sur les votes dans les régions rurales pour le PTR.
D’autres ne semblent pas comprendre l’importance démesuré qui est accordé à Shakeel Mohamed qui se faire élire avec 8297 voix tandis que d’autres candidats comme Cader Sayed Hossen tombe avec 15 565 voix, Pradeep Jeeha 12 066 voix, Robin Soonarane 17 689 voix, Ravi Beechok 14 152 voix, Satis Faugoo 12 763 voix, Surren Dayal 12 290 voix, Anil Bachoo 19267 voix, Navin Ramgoolam 17 536 voix, Rajesh Jeetah 12 065 voix, Lormus Bundhoo 9 657 voix. Ezra Jhuboo voix, Cader Sayed Hossen 15 565 voix ou encore Rama Sithanen avec 9835 voix.
Aujourd’hui, les Mohamed ne pèsent pas lourd dans l’équation politique du PTR au sein d’une future alliance, même si celle-ci est d’ores et déjà vouée à l’échec. La sortie de Patrick Assirvaden, fidèle lieutenant de Navin Ramgoolam, ne doit cependant pas être prise à la légère.

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