Business Mauritius lance le Guide du Développement Inclusif…

by | Oct 21, 2020 | Economie

Ce mardi 20 octobre, Business Mauritius a lancé un Guide du Développement Inclusif à l’attention des entreprises, réalisé dans le cadre du travail de sa Commission « Sustainability and Inclusive Growth ». Ce guide est le fruit d’une réflexion de plus de deux ans par les membres de la Commission, avec l’aide de divers représentants de la communauté des affaires et d’organisations non
gouvernementales (ONG).
Il fait partie d’un projet plus large de cette même Commission, SigneNatir, un pacte visant à accompagner la communauté des affaires vers le développement d’une île Maurice durable et inclusive. Le Guide du Développement Inclusif était le premier volet du projet SigneNatir à être lancé publiquement.
Dans le cadre de ce lancement, Kevin Ramkaloan, CEO de Business Mauritius, a accueilli ce mardi au Hennessy Park Hotel, à Ébène, le vice-président de la République, Eddy Boissézon, des membres de l’organisation, des représentants d’ONG et les médias pour présenter le projet. Le CEO a mis l’accent sur l’importance de cette initiative, et a souligné être particulièrement fier de ce Guide qui incarne un pas concret de la communauté des affaires vers une croissance partagée qui profite à tous. « La communauté des affaires a toujours répondu présente pour un développement durable et inclusif au sein du pays. Toutefois, ce guide va plus loin en établissant des procédés nouveaux et une stratégie réfléchie pour que nous puissions, ensemble, atteindre les buts que nous nous fixons », a-t-il déclaré.
Philippe Espitalier Noël, CEO du Groupe Rogers et président de la Commission Sustainability and Inclusive Growth de Business Mauritius, qui est à l’origine de ce projet, a relaté le processus qui a mené Business Mauritius vers ce travail sur le développement durable.
« Ce pacte nous guide vers la réinvention de cet engagement social et national auquel nous sommes attachés. Il nous donne les clés de considérations nouvelles et importantes qui nous permettent de préparer durablement nos entreprises pour des lendemains meilleurs. Nous sommes tous, pour la plupart, acquis à la cause du développement durable. Mais même si le développement durable conduit fréquemment à de forts compromis, ces derniers agissent souvent principalement en faveur de la croissance économique. Le développement inclusif, en revanche, se centre principalement sur les aspects

sociaux du développement et sur la marge de changement que peuvent apporter les générations actuelles. Nous avons donc choisi volontairement d’aborder le sujet du développement inclusif en premier et de trouver des solutions pratiques facilement applicables par toutes les entreprises, si elles en ont la volonté. »
L’objectif est d’engager un maximum d’entreprises dans un véritable changement en faveur du développement inclusif. De ce fait, Philippe Espitalier-Noël a fortement invité les entreprises locales à rejoindre cet effort.
A sa suite, Jonathan Ravat, sociologue et spécialiste en anthropologie sociale, membre de la Commission de Sustainability and Inclusive Growth, du National Economic and Social Council (NESC) et de la National Social Inclusion Foundation (NSIF), a partagé son expérience sur l’importance de la communauté des affaires dans la lutte contre la pauvreté. Il a ainsi expliqué que la lutte contre la pauvreté est un excellent catalyste pour la communauté des affaires vers un plus grand engagement social, estimant qu’un tel engagement a le potentiel de conduire vers une révolution sociale et citoyenne, et donc à favoriser l’avènement d’une société plus juste et égalitaire. “Ce que nous sommes en train de lancer aujourd’hui témoigne de notre engagement à faire société”, a-t-il souligné.
Kunal Naik, membre de PILS et du groupe de travail mêlant associations caritatives et entrepreneurs qui a mené à l’établissement des Guidelines, s’est exprimé sur la nécessité d’un renforcement de la collaboration entre les entreprises et les ONG.
Prenant la parole à son tour, Patricia Adèle-Félicité, secrétaire générale de Caritas, a rappelé que Caritas a été fondée dans l’objectif de professionnaliser la lutte contre la précarité. Selon elle, l’employabilité, le logement et le développement communautaires forment la base de l’éradication de la pauvreté. L’éducation et la formation sont des clés, affirme-t-elle, pour aider les familles vulnérables à s’extirper de leur situation précaire. Caritas a lancé de nombreuses initiatives en ce sens, ainsi que pour l’assistance au logement ou le support communautaire.
Harold Mayer du Groupe Horizon et Chairman du sous-comité de Développement inclusif, a pour sa part détaillé chacune des sept catégories du Guide et des engagements qu’il contient. Ces catégories se déclinent comme suit :
1. Un support autre que financier aux ONGs et aux causes importantes permettant aux compagnies de participer à des projets sous formes d’apport logistique, d’expertise et de formation, par exemple.
2. La mise à disposition des employés de compagnies pour que ces derniers puissent s’investir dans le travail communautaire.
3. Identifier et apporter de l’aide aux personnes en situation précaire au sein de l’entreprise,

4. L’emploi inclusif en incitant la communauté des affaires à élargir sa recherche de talents en incluant les groupes de personnes vulnérables.
5. La promotion de l’égalité hommes/femmes pour encourager les compagnies à briser le plafond de verre et à donner aux femmes la place qu’elles méritent au sein de leur milieu professionnel.
6. Le soutien financier des ONG qui portent des projets communautaires par la communauté des affaires, other and above la taxe CSR.
7. La dernière catégorie est dédiée à ce que l’on appelle aujourd’hui “le quatrième secteur”, l’entreprise sociale. Il s’agit d’un modèle d’entreprise qui n’est pas basé sur le profit mais sur l’avancement de la société.
Le vice-président de la République, Eddy Boissézon, s’est également exprimé lors de l’événement. “Pour moi, le maître mot pour vaincre la misère c’est l’accompagnement, et il faut absolument inclure le secteur privé dans cette démarche. Dans la lutte contre un ennemi invisible tel que la pauvreté, personne ne doit être laissé sur le bas-côté”.
Tous les intervenants ont d’ailleurs été unanimes sur l’importance du projet et ont encouragé la communauté des affaires à les rejoindre pour faire de cette initiative un effort national vers une Île Maurice sans inégalités.
Business Mauritius a annoncé que plus de 60 compagnies de tailles diverses se sont déjà engagées sur ce pacte, et vise plus de 200 signataires durant les 12 prochains mois. Un excellent présage sur l’impact que pourrait avoir ces engagements sur le secteur privé mauricien et le pays tout entier.
Pour plus d’information sur ce sujet et pour consulter le Guide pour le Développement Inclusif, merci de visiter le site www.signenatir.mu.
Ci-dessous, quelques témoignages provenant d’entreprises signataires du pacte et déjà fortement engagées dans le développement durable et inclusif :
– Prof. Mari Jansen Van Rensburg, Middlesex University :
La Middlesex University de Maurice supporte pleinement les recommandations pour le “Inclusive Development” qui fait partie du principes plus larges proposés par SigneNatir. Nous accueillons très favorablement toute initiative ayant la capacité d’améliorer nos pratiques. En tant qu’université,

Middlesex a le devoir d’éduquer les leaders de demain et de promouvoir le développement durable et inclusif en montrant le bon exemple. Nos étudiants et employés volontaires donnent déjà beaucoup de leur temps au sein de plusieurs ONG, alors que certaines associations d’étudiants s’occupent de communautés vulnérables à travers plusieurs initiatives telles que des levées de fonds, des cours de langue ou de technologie, des plantations d’arbres dans des écoles, des concerts musicaux et bien d’autres. Un bel exemple de cet engagement est le travail de Hasnaa Yadallee, qui a publié une anthologie de poésie afin de lever des fonds pour la restauration des lagons affectés par la marée noire. Nous sommes des employés inclusifs, qui croyons en l’égalité de tous peu importe la race, le genre ou la religion. Nos employés servent également leurs communautés sous divers rôles, dans le cadre de leur engagement académique et citoyen.
– Anil C. Currimjee, Currimjee Jeewanjee Company Limited :
Nous croyons fermement au développement inclusif. A travers la Currimjee Foundation, nous essayons d’avoir un impact positif et à long terme sur la société dans les domaines de l’éducation, la santé, les questions socio-économiques, ainsi que le sport et les loisirs.
– Siddarth Sharma, RHT Holding Limited :
En tant que compagnie faisant partie du Sustainability Index de la Bourse de Maurice et prenant très au sérieux les questions sociales et environnementales, RHT Holding Limited soutient avec conviction les “Inclusiveness Guidelines” de Business Mauritius. Nous avons déjà lancé plusieurs initiatives telles que la parité entre les sexes, des programmes communautaires, l’égalité des chances au sein de la compagnie, ou encore l’aide aux ONG et la proximité avec la population. Nous espérons que l’assistance de cette charte nous permettra de nous améliorer sur l’ensemble de ces sujets. Il faut toujours viser plus haut !
– Arnaud Lagesse, IBL :
Le groupe IBL s’est depuis longtemps engagé à opérer de façon éthique et intègre. Et à travers notre Fondation Joseph Lagesse, notre objectif est de contribuer à la création d’un avenir meilleur et d’un monde plus durable pour tous. Étant donné que le développement durable fait partie de notre stratégie à long terme et aussi de l’ADN du groupe, c’est tout naturellement que nous avons rejoint l’aventure SigneNatir. Voici quelques exemples de notre engagement : IBL on the Move, les Cuisines Solidaires, le travail social sur Bois Marchand et Chemin Rail, le partenariat entre Winners et Foodwise, la mise en place de bourses d’études pour les enfants de nos employés du Head Office dans le besoin, les diverses initiatives pour une meilleure inclusion des femmes, l’aide apportée aux entrepreneurs via The Climate

Launchpad. En établissant des recommandations claires basées sur les meilleures pratiques internationales, le pacte SigneNatir devrait nous aider à nous maintenir sur cette voie.
– Pascal Tsin, Super U :
Chez Super U, nous avons toujours eu à cœur de pratiquer notre métier de la meilleure manière possible, tout en apportant notre contribution à la construction de l’île Maurice de demain. Nous avons le désir de léguer à nos enfants un monde meilleur, plus durable et inclusif. Depuis plusieurs années maintenant, nous avons lancé de nombreuses initiatives sociales afin d’apporter notre pierre à l’édifice. Nous sommes par exemple engagés pour l’emploi inclusif au travers d’initiatives telles que les différentes crèches que nous avons mis à disposition des personnes en difficultés dans les régions avoisinantes de nos centres commerciaux. Cette facilité permet aux familles précaires d’avoir accès au travail avec une plus grande tranquillité d’esprit, et le projet est tellement efficace que nous avons mis sur pied une maternelle sur Grand Baie. Les Guidelines for Inclusive Growth nous permettront d’aller encore plus loin dans cette démarche, en nous apportant un cadre et des bases solides sur lesquelles nous pourrons nous reposer et pour un impact encore plus grand et pertinent de l’effort collectif du secteur privé.

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