75e session de l’Assemblée générale des Nations Unies…

by | Oct 6, 2020 | Actualités, Economie

Pravind Jugnauth : “Le Royaume-Uni continue d’ignorer la CIJ ainsi que ses obligations en maintenant son occupation illégale de l’archipel des Chagos”
La pandémie de la Covid-19, le désastre environnemental dans le lagon du Sud-Est suivant le naufrage du «Wakashio», la décolonisation incomplète de l’archipel des Chagos, le litige concernant Tromelin étaient, entre autres, les principaux sujets abordés par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, lors de son allocution préenregistrée, (visioconférence) samedi, à la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
Le Premier ministre a favorablement accueilli le thème de cette année, qui est : “The future we want, the United Nations we need: reaffirming our collective commitment to multilateralism » – confronting COVID-19 through effective multilateral action”. « This is exactly what we need”, dira-t-il.
Le chef du gouvernement a fait ressortir que la session eut lieu dans des circonstances spéciales et uniques. Il a ainsi fait état du renforcement des liens entre les pays lors des discussions des sujets globaux et aussi du ‘business continuity plan’ du secrétaire général et son équipe, ce qui a permis aux Nations-Unies de continuer son travail.
Mettant l’accent sur la pandémie de la Covid-19 et nos ‘collective vulnerabilities’, Pravind Jugnauth a indiqué que les virus ne connaissent pas de frontières. « Rares sont les pays qui n’ont pas été touchés et beaucoup ont été gravement touchés. Nous sommes profondément attristés par les centaines de milliers des vies perdues et les millions de personnes encore affligées à travers le monde. Les impacts sociaux, économiques, financiers et sanitaires prendront plusieurs mois, voir même des années afin d’être rétabli », a-t-il ajouté.
Maurice et la pandémie de la Covid-19
Le chef du gouvernement a affirmé qu’à Maurice, « Nous avons dû prendre des mesures urgentes et drastiques pour arrêter la propagation de la pandémie. Un confinement sanitaire a été imposé immédiatement, après la première ‘first outbreak’, soit depuis le 20 mars. Il a ainsi déclaré que ces mesures de confinement ont permis de contenir la propagation de manière significative afin que notre pays devienne ‘COVID safe’. « Maintenant, nous avons quelques cas importés qui sont surveillés de très près ».
Au nom du gouvernement, le Premier ministre a remercié et exprimé sa gratitude à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour son ‘timely advice’, qui, dit-il, continue à guider notre ‘decision making’ process’ à l’égard de l’ouverture de nos frontières. « Les secteurs de l’industrie, du voyage, tourisme et de l’hospitalité ont été sévèrement affectés », dira-t-il.
Priorité absolue et vaccin
Il a ainsi soutenu qu’ « à court terme, comme de nombreux autres pays, nous nous concentrons sur la préservation des emplois, qui est notre préoccupation pressante ; et à long terme, nous tracerons une voie qui mène à un développement plus inclusif et durable. » Il a maintenu que notre priorité absolue est d’éviter le risque d’une éventuelle résurgence de deuxième vague de la COVID-19 car ce serait catastrophique pour notre économie.
Et d’ajouter que : « Malgré tous les efforts déployés pour contenir la pandémie, il est clair pour nous que le seul moyen pour le surmonter serait de développer un vaccin efficace et sûr. Nous ne pouvons tous nous engager. Les pays développés, les multinationales et les gouvernements lors du développement du vaccin doit garantir une distribution équitable à un prix abordable pour tous. Nos besoins collectifs doivent être pris en compte et ce n’est qu’à travers de notre engagement envers le multilatéralisme que nous pourrons réussir ».
Wakashio
Le Premier ministre a souligné qu’à peine la pandémie de la Covid-19 maîtrisé, Maurice est devenu le théâtre d’une catastrophe écologique suite à l’épave d’un vraquier qui s’est effondré sur notre récif dans nos eaux intérieures. Rappelant que le 16 août, le navire s’est scindé en deux, il a maintenu : “Cette marée noire est la pire catastrophe environnementale que Maurice n’ait jamais connu. Nous évaluons toujours les dommages causés aux mangroves et aux zones côtières », a-t-il dit.
Solidarité et soutien
Il a tenu à remercier tous les pays et l’organisation des Nations Unies qui se sont précipités pour aider Maurice en ces temps difficiles. “J’ai un mot spécial de remerciement et de gratitude pour le peuple mauricien dont la solidarité et le soutien spontané ont contribué à protéger nos sites Ramsar et d’autres zones écologiquement sensibles”, a déclaré le Premier ministre.
Rappelant qu’une grande campagne de nettoyage et d’évaluation générale a été entreprise, il se dit conscient que les mangroves et d’autres zones mettront du temps à retrouver leurs états initiaux. Il a ainsi maintenu qu’en sus des dommages qu’elle a causé à la nature, cette catastrophe a également nui aux moyens de subsistance des pêcheurs et des autres personnes impliquées dans les activités côtières et marines.
Il a ainsi déclaré que : “Nous demandons à l’Organisation Maritime Internationale de traiter ces questions de toute urgence. Les faiblesses de l’actuel régime de responsabilité et de réglementation pour les déversements d’hydrocarbures et les catastrophes environnementales doivent être rapidement corrigées”.

Contraction de 14 à 20 % avec de graves pertes d’emplois

Selon les dires du Pravind Jugnauth, l’économie des plusieurs pays souffrira et il aura une contraction de 14 à 20% avec de graves pertes d’emplois qui engendrant la pauvreté. « The road to the achievement of the SDGs will become longer and, in some cases, unattainable within the time frame”, estime le chef du gouvernement.

Faisant état des conditions météorologiques extrêmes et aux autres calamités, telles que les incendies de forêt avec leurs nombreuses dévastations, Pravind Jugnauth a affirmé que la pandémie a également entraîné une concentration sur les besoins nationaux au détriment du monde extérieur. “Les frontières ont dû être fermées et, par conséquent, nous assistons également à des troubles dans de nombreuses régions du monde où les citoyens sont dans la rue pour exprimer leurs frustrations”, a affirmé le Premier ministre.

Réengager nos obligations au titre de l’Accord de Paris

D’autre part, le chef du gouvernement a fait un plaidoyer. “En tant que dirigeants, nous devons être attentifs aux développements. Autant nos efforts au niveau national sont cruciaux, il est impératif au niveau mondial que nous prenons toutes les mesures nécessaires pour garantir que l’économie mondiale ne sombre pas dans la dépression, que nous nous remettions sur les rails des SDGs, que nous réengageons nos obligations au titre de l’Accord de Paris et, plus important encore, que nous évitons toute action susceptible de créer plus de tension qui puisse causer un nouveau désespoir économique », a-t-il souligné.

Affirmant que c’est le moment, où le multilatéralisme ne peut être mis en péril ni remis en question, il a fait ressortir que la pandémie nous a appris que personne n’y était à l’abri. “Le seul moyen de le combattre est de le faire ensemble, que ce soit dans le domaine de la prévention, de la guérison ou de la reconstruction”, a-t-il dit.

Il a salué l’initiative du Secrétaire Général visant à définir une vision pour réaliser les SDGs au cours de la ‘Decade for Action’ et se remettre aussi de la COVID-19. Il a également salué l’initiative du Canada et de la Jamaïque sur le financement du développement. Le chef du gouvernement a aussi soutenu qu’il est reconnaissant aux autres pays et organisations qui ont débloqué des sommes importantes pour faire face à la pandémie.

Afrique et Conseil de sécurité
Dans un autre ordre d’idées, le chef du gouvernement a affirmé qu’au cours des 75 années de l’existence des Nations-Unies, le monde a subi de profonds changements. « Il est essentiel que la composition du Conseil de sécurité reflète un ‘representative body’ qui est juste, équitable et géographiquement représentatif. Notre « Nations Unies » sera renforcée lorsque nous nous sentirons tous bien représentés et que nous aurons notre mot à dire dans le processus de prise de décisions. C’est pourquoi nous pensons que le continent africain doit avoir ses sièges légitimes à la fois dans les catégories permanentes et non-permanentes du Conseil de sécurité. Un Conseil de sécurité réformé et élargi avec toutes les régions et les PEID représentés restaurera la confiance et renforcera la légitimité de son travail et de notre organisation elle-même », a-t-il souligné.
Chagos Archipelago
Pravind Jugnauth a souligné que comme l’Assemblée générale le sait, “la décolonisation de Maurice reste incomplète malgré l’avis consultatif clair et sans ambiguïté rendu en sa faveur par la CIJ, le 25 février 2019 qui a déterminé que l’archipel des Chagos fait partie intégrante de Maurice, et la UN General Assembly Resolution 73/295 qui demandait au Royaume-Uni de mettre fin à son administration de l’archipel avant le 22 novembre de l’année dernière ».

Et d’ajouter que : “Le Royaume-Uni continue d’ignorer la Cour internationale de Justice (CIJ) ainsi que ses obligations en vertu du droit international en maintenant son occupation illégale de l’archipel des Chagos”.

De ce fait, il a indiqué que l’Assemblée Générale, investie de son rôle crucial dans le processus de décolonisation, doit prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que tous les vestiges du colonialisme soient démantelés dès que possible, en particulier au moment où nous célébrons le 75e anniversaire de l’ONU.

Il a rappelé que l’Assemblée générale a également été chargée d’aider Maurice dans la réinstallation des habitants déplacés de force de l’archipel des Chagos. “Je n’ai pas besoin de rappeler les conditions horribles dans lesquelles ces personnes innocentes ont été obligées de quitter leurs domiciles. C’était en soi un crime majeur, mais ce qui le rend encore pire, c’est la manière systématique, dont ils continuent d’être empêchés de rentrer chez eux”, s’est insurgé le chef du gouvernement.

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