Que choisir : études supérieures ou investissement dans l’immobilier ?…

by | Aug 18, 2020 | Economie, Faits Divers, Opinion

Avec la hausse de l’Euro et de la Livre Sterling

• Les études supérieures en Europe, voire même à Maurice coûtent de plus en plus chers

• « L’investissement dans l’immobilier et l’achat des terrains sont souhaitables », estime-t-on

• Le Covid-19 est venu corser la situation

Le taux de change, dont la valeur de l’Euro et de la Livre Sterling qui valent ces jours-ci respectivement – environ Rs 47 et Rs 52 ainsi que la dépréciation de la roupie mauricienne suscitent beaucoup d’interrogations de part et d’autre. L’appréciation de l’Euro et de la Livre Sterling vis-à-vis la roupie mauricienne a certes, un impact négatif et direct sur ceux qui veulent poursuivre des études supérieures dans des pays européens y compris l’Angleterre, voire même à Maurice. Dans cette optique, Le Xournal a jugé utile de solliciter les impressions de Me Dan Kissoon, l’ancien ministre de l’Education, Armoogum Parsooramen, et d’Alain Jeannot, qui expriment leurs opinions sur ceux qui se veulent se rendre en Europe et investissement massivement dans le domaine de l’éducation.
Me Dan Kissoon :
« Il vaut mieux investir dans l’immobilier ou l’achat des terrains au lieu de poursuivre des études supérieures »
L’avocat Dan Kissoon, qui a passé plusieurs années en Angleterre, explique que le taux du change de l’Euro et de la Livre Sterling et la dépréciation de la roupie mauricienne continue et continuera d’affecter les étudiants qui veulent poursuivre leurs études supérieures en Europe y compris l’Angleterre, mais aussi ceux qui veulent fréquenter les universités de Maurice, qui sont affiliées avec celles des institutions scolaires, qui sont réputés en Europe.
Pour justifier ses dires, il a fait ressortir que les frais des cours en Europe ne sont pas ‘bon marché’, voire même dans notre pays contrairement dans les années précédentes. Dans la foulée, Me Kissoon a rappelé qu’à Maurice, il y a déjà des gradués qui travaillent comme ‘clerical officers’ au sein des plusieurs ministères. « Qu’adviendra-t-il quand d’autres gradués se retourneront dans notre pays après avoir terminé leurs cours ? C’est sûr que ces derniers avec leurs diplômes en poches éprouveront des difficultés pour trouver un emploi bien réénuméré surtout après l’avènement de la pandémie de la Covid-19 qui a affecté l’économie de Maurice », dira-t-il.

Selon les dires de l’homme de loi, il vaut mieux que les parents des étudiants (connaissant les frais des cours actuels des études supérieures) demandent à leurs enfants d’investir dans le domaine de l’immobilier ou se lancer dans l’achat des terrains, qui permettront d’assurer leur avenir.

Me Dan Kissoon a, par ailleurs, laissé entendre que : « Nous vivons dans un monde incertain, surtout avec la hausse du taux de l’Euro et de la Livre Sterling et la Covid-19 qui a bouleversé le monde entier. Nous devons penser et réfléchir deux fois, avant de poursuivre des études supérieures en Europe, même à Maurice. On ne peut investir massivement dans le domaine de l’éducation pendant des années et finalement rester sans emploi à Maurice. L’investissement dans le domaine de l’immobilier ou l’achat des terrains demeure la meilleure solution pour les étudiants qui auraient l’intention de se rendre en Europe pour y poursuivre des études supérieures ou à Maurice », a-t-il maintenu.
Alain Jeannot
« L’investissement dans le domaine immobilier est souhaitable »
Pour sa part, Alain Jeannot laisse entendre qu’en raison de l’appréciation de l’Euro et de la Livre Sterling et de la dépréciation de la roupie mauricienne, il serait préférable que les étudiants se lancent dans des domaines tels l’immobilier, l’achat des terrains, de l’agriculture, service de nettoyage et de l’alimentation, entre autres qui leur permettront de transformer leur vie et de gagner bien leur vie. « We have to think out of the box », dira notre interlocuteur qui a, cependant, affirmé que l’investissement dans le domaine de l’immobilier est plus rentable.
Notre interlocuteur a aussi fait comprendre ceux qui veulent se rendre en Europe doivent débourser beaucoup plus pour pouvoir obtenir un diplôme ou un degré car le taux d’échange pour l’Euro et la livre Sterling a connu une hausse. Idem pour ceux qui fréquentent les universités mauriciennes qui sont affiliées avec des universités anglaises ou françaises. « Par exemple si un étudiant débourse Rs 800 000 par an, au bout de cinq ans, il doit débourser plus de Rs 4 millions. Or, quand il termine ses cours en Europe, il n’est pas sûr d’obtenir un emploi qui lui permettra d’obtenir un bon salaire, qui lui encouragera de mener une vie décente, bien qu’il possède un diplôme ou autre, surtout avec la Covid-19.
D’ailleurs, dira-t-il, il a fait ressortir que plusieurs jeunes étudiants, ayant des degrés n’ont d’autres choix que de travailler dans des ministères, corps paraétatiques, ou dans le secteur privé où bon nombre d’entre eux ne bénéficient pas des salaires qui ne répondent pas à leurs aspirations ou attentes.
Armoogum Parsooramen, ancien ministre de l’Education
« Il y a d’autres ‘prospects’ dans plusieurs domaines par rapport aux études supérieures »
Pour Armoogum Parsooramen, la situation s’est davantage développée, voire aggravée (en partie) à partir du début de la pandémie du Covid-19, de la hausse du taux de l’Euro et de la livre Sterling et de la dépréciation de la roupie mauricienne. Mettant l’accent sur le taux de change de l’Euro et de la Livre Sterling, il a cité un exemple en disant que : « Avec l’appréciation de l’Euro et de la Livre Sterling, maintenant une famille doit envoyer une somme d’environ Rs 52 000 au lieu de Rs 40 000 (comme c’était le cas avant) pour son fils/fille qui étudie dans une université européenne, voire même si ce dernier étudie dans une université qui est affilié avec une université européenne. La situation s’empirera davantage au cours des prochains mois et les parents doivent payer plus au cours des prochaines années si la tendance maintiendra ».
Selon l’ancien ministre de l’Education, il est préférable qu’un étudiant doive se pencher sur d’autres options au lieu de se concentrer dans des études supérieures peu importe à Maurice ou à l’étranger. Aux dires de notre interlocuteur, il y a d’autres ‘prospects’ dans d’autres domaines par rapport aux études supérieures.
Cependant, il a fait comprendre que la tâche incombe aux parents d’expliquer et d’encourager leurs enfants de se lancer dans des projets, tels l’immobilier ou l’achat des achats/ventes des terrains qui peuvent donner un nouveau souffle à leur vie.
Me Yousouf Jan Mahomed
« Il faut bien peser le pour et le contre avant de décider de poursuivre les études tertiaires dans des universités européennes »
L’avocat Yousouf Jan Mahomed a expliqué qu’on peut aussi profiter des facilités offertes par le gouvernement pour se lancer dans le monde des affaires au lieu de poursuivre des études supérieures au Royaume-Uni ou dans d’autres universités européennes. Selon ses dires, il est prudent, pour le moment, d’investir dans des ‘business’, qui sont rentables en ce moment au lieu d’aller à l’extérieur. « Par exemple, on peut lancer des entreprises, dans le domaine de l’immobilier et dans le secteur de la vente – ‘on line’ qui peuvent rapporter gros au lieu d’encourir des frais additionnels », soutient-il.
Pour étayer ses dires, Me Yousouf Jan Mahomed a fait ressortir qu’avant l’avènement de la pandémie de la Covid-19 le taux du change pour l’Euro et la Livre Sterling n’était pas si alarmant. « Or, maintenant l’Euro et la Livre Sterling représentent Rs 47 et Rs 52 respectivement. Actuellement, il y a un ‘hike’ (hausse de la valeur de l’Euro et de la Livre Sterling) avec l’apparition de la Covid-19 dans le monde. Pendant, la période de confinement, notre économie est sérieusement affectée et du coup on a noté une dépréciation de la roupie mauricienne », dira-t-il.
Par ailleurs, Yousouf Jan Mahomed a fait comprendre que cette baisse a directement impacté non seulement sur les frais d’études mais a aussi affecté notre train de vie et plusieurs secteurs économiques du pays en particulier ceux qui concerne l’alimentation et la production vivrière, entre autres.
D’autre part, l’avocat soutient que nous vivons dans un contexte difficile eut égard au Covid-19. « Nous vivons dans un monde incertain. Nous devons penser et réfléchir deux fois, avant d’encourir des dépenses et des frais additionnels surtout en ce qui concerne les frais d’études supérieures dans des pays européens, voire même à Maurice », dira notre interlocuteur qui a déclaré que le futur est incertain en termes des emplois traditionnels.
Et d’ajouter que : « Valeur du jour et au train où vont les choses et en raison de la dépréciation de la roupie mauricienne et de la Covid-19, il faut bien peser le pour et le contre avant de décider des poursuivre les études supérieures dans des universités européennes ou mauriciennes », dit-il.

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