Nouveau CEO du Sugar Investment Trust…

by | Aug 3, 2020 | Opinion

Dineshrao Babajee :”L’agriculture devrait être un sujet à l’école primaire”.
“Mon ambition, c’est de ramener les jeunes vers l’agriculture. »
• Je voudrais voir naître et grandir une nouvelle génération de ceux qu’on appelle des “agri-preneurs” qui développeront des entreprises agricoles pratiquant une agriculture moderne, à la fois plus productive et plus raisonnée…”.
Le tout nouveau CEO du Sugar Investment Trust, Dineshrao Babajee, a des projets plein la tête. Il a la tête bien sur les épaules. L’ancien general Manager de la propriété de Rose Belle qui présidait le conseil d’administration de l’Employees Welfare Fund il y a quelques semaines encore n’est pas un doux rêveur. Car il sait surtout de quoi il parle.
Détenteur d’un BSC Agriculture – avec spécialisation en génie mécanique – Dineshrao Babajee a travaillé comme représentant médical, puis comme attaché scientifique de la maison Sanofi à Maurice dont il fut même à un moment donne le Regional Sales Champion pour l’Afrique !
“Il y a une sur utilisation de pesticides et des herbicides dans notre agriculture, ”constate l’ancien représentant médical dont l’essentiel de l’activité professionnelle consistait à rendre visite à des médecins qui partageaient avec lui leur quotidien. C’est dire s’il s’y connaît.
“C’est très probablement une des causes premières de l’explosion du cancer du côlon dans notre pays depuis plusieurs années (…) Nous devons revenir à une alimentation saine provenant d’une agriculture saine, sans résidus de pesticides et qui produit des légumes contenant plus de vitamines, de minéraux, d’antioxydants et de matière bio-active,”poursuit Dineshrao Babajee, ardent promoteur par ailleurs de l’introduction de l’agriculture comme sujet au primaire. ”Il importe de familiariser de bonne heure les enfants avec les bons procédés d’agriculture et de leur faire aimer les travaux des champs. Cet enseignement inculquera les bonnes méthodes de culture aux enfants, et, surtout, il préparera les futurs consommateurs de produits frais à un autre type de consommation locale de qualité », explique-t-il.
Natif de la bourgade champêtre d’Henrietta, dans la périphérie de Vacoas-Phoenix, l’ainé d’une petite famille de deux garçons dont le chef de famille est prêtre, Dineshrao Babajee grandit en bordure des champs de cannes et des potagers de son quartier. Après le secondaire, il entame des études en agriculture à l’université de Maurice de 1998 à 2000. Il décroche son BSC avec spécialisation en génie mécanique à un moment ou l’industrie sucrière commence à s’engager sur la voie de la mécanisation des récoltes. La dissertation que Dineshrao Babajee entreprend en collaboration avec le MSIRI une étude comparative entre l’efficience des récolteuses mécaniques américaines à bras mobile et celles dotées de bras fixe.
C’est à la suite des conclusions de son étude que la grande majorité des propriétés sucrières du pays opteront plutôt pour les récolteuses à bras mobile.
C’est plein d’espoir et de projets plein la tête que Dineshrao espère faire carrière dans l’industrie sucrière, mais il déchantera rapidement : c’est aussi l’époque de la centralisation. Les usines ferment les unes après les autres et il est contraint de changer d’orientation.
Virage à 180 degrés : Dineshrao Babajee saisit une opportunité dans le secteur de la représentation de produits pharmaceutiques. Il est embauché par la multinationale de produits pharmaceutiques “Dr. Reddys”, suit des cours de formation intensive en Inde et revient exercer à Maurice pendant quelques années. L’expérience qu’il acquiert sur le terrain lui permet d’intégrer la prestigieuse maison Sanofi dont il est rapidement promu au poste d’attaché scientifique en 2009.
Dineshrao Babajee a trouvé le temps entre-temps de partager son activité professionnelle avec des études à temps partiel qui lui permettent de décrocher, en 2006, un MBA du management College of South Africa.
C’est sans doute ce diplôme qui ramènera Dineshrao à ses premières amours, l’agriculture. Il répond, en effet, à un appel de candidatures au poste de general manager de la sucrerie de Rose Belle en 2015 et décroche ce poste très convoité. Il y entreprend, entre autres choses, de réorganiser la diversification agricole de la propriété dont les fruits et légumes alimentent l’Agrokiosque de Rose Belle au Plaisance Shopping Village. Dineshrao initiera le premier morcellement résidentiel de Rose Belle sur une soixantaine d’arpents et mettra en place un programme d’allocation de terres arables aux petits planteurs dans le cadre du Food Security Scheme initié par le gouvernement.
Marié, père d’un fils de 9 ans, Dineshrao Babajee est un homme discipliné et rigoureux qui partage son temps libre entre la pétanque, quelques parties de foot sur le terrain de son quartier et un engagement social, particulièrement riche aux côtés d’ONG engagées auprès de jeunes et de personnes âgées. Le fils de prêtre est aussi très présent et très actif au sein de son temple de Glen Park.
“Ma passion c’est le travail social…”, explique-t-il, “j’ai pour mission de travailler pour le bien-être de ceux que je côtoie et qui ont besoin d’aide…”, renchérit le nouveau CEO du Sugar Investment Trust convaincu que le développement à grande échelle de la culture et de la production de plantes médicinales adaptées à nos conditions agro-climatiques est un créneau porteur auquel il souhaiterait intéresser les jeunes agriculteurs.
Aux jeunes justement il conseille de respecter leurs aînés, d’être consciencieux et persévérants dans tout ce qu’ils entreprennent et de rester loin – très loin – de ces paradis artificiels qui ne mènent qu’a la ruine et à la déchéance.

0 Comments

Laisser un Commentaire

Dernière édition

Le Xournal
Lire en ligne

Xournal Dimans

Le Xournal
Lire en ligne