Le phénomène de Shireen Motala fait mouche…

by | Aug 4, 2020 | Opinion

Sa conférence de presse de mercredi dernier pour prendre la défense de l’épouse du Premier ministre a déchaîné les passions. En moins de 48 heures, Shireen Motala a récolté plus de 125 000 views et de nombreux ‘Shares’, ainsi qu’un véritable déluge de réactions.
En allant au front pour dénoncer le bashing dont a fait récemment l’objet Kobita Jugnauth, il est vrai que Shireen Motala s’exposait elle-même à se faire lyncher sur la place publique des réseaux sociaux, ensemble avec les courageuses dames musulmanes qui l’accompagnaient.
Il faut dire que c’est devenu à la mode de cracher sur les dirigeants et de défouler sa haine sur eux, depuis son smartphone et si possible derrière son fake profile. Et on remarque que cette haine est surtout dirigée vers les femmes du gouvernement, qui semblent être devenues les nouvelles sorcières de Salem à brûler sur le bûcher de Facebook. Ainsi, une Tania Diolle, qui a eu l’outrecuidance de faire usage de ses droits en portant plainte pour Breach of ICTA Act. Alors qu’elle est victime d’insultes et de diffamation qui rappelons-le tout de même, sont des offenses selon le Code pénal, c’est elle qui devient, en osant se défendre, la coupable.
Car, il s’est opéré un curieux renversement ces temps-ci. A l’époque d’Anjalay, on défendait les droits des travailleurs à la dignité et à la citoyenneté politique. A l’époque des Farihah et des Rachna, on défend désormais le droit à la vulgarité et à la violence verbale. Autres temps, autres mœurs, comme disait ce cher Cicéron ! La calomnie, l’insulte et la grossièreté sont devenues des armes politiques dont ceux qui les manient, sont les seuls à ne pas voir combien ils s’enfoncent dans leur propre boue. Car la liberté d’expression n’a jamais été la liberté d’insulter autrui. Ce que revendiquent les nouveaux mousquetaires du juron et de l’insulte, c’est ni plus ni moins le droit à l’agression d’autrui et à l’intimidation. Et ce sont les premiers à crier à la dictature… Quand c’est par eux que la dictature commence.
En rappelant que jeter la boue sur l’épouse d’un Premier ministre (et sur toutes les autres femmes qui sont dans des positions au sein de l’Etat) c’est une façon de jeter la boue sur la femme et sur la nation elle-même, Shireen Motala a énoncé une vérité qui n’était pas bonne à entendre pour tout le monde.
Ce qui en titille plus d’un(e) aussi, c’est que les représentantes d’associations qui ont eu le courage d’organiser cette conférence de presse, auraient dû plutôt prendre la défense de femmes battues et violées. La belle hypocrisie ! Pourquoi attendre que ce soient des associations qui défendent les femmes battues, maltraitées ou violentées ? Si des femmes sont maltraitées dans ce pays, c’est avant tout la faute des familles et de l’entourage qui n’ont rien fait pour les protéger. Car pour qu’il y ait une victime, il ne faut pas seulement un bourreau, il faut aussi des complices, actifs ou passifs. Et il faudrait des associations pour faire le travail des proches de ces femmes ?
Le phénomène Shireen Motala vient révéler tout cela, splendeur et décadence d’une société, où le courage n’est plus une valeur sûre, où la calomnie et la violence verbale tiennent lieu de droits humains… Puisque nous sommes à l’ère du déboulonnage des statues, il ne nous reste plus qu’à déboulonner aussi la statue d’Anjalay… Il ne manquera pas de nouvelles icônes à la bouche fleurie pour chercher à la remplacer.
Une fidèle lectrice

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