Homélie de la St Louis par le père Philippe Goupille…

by | Aug 25, 2020 | Actualités, Opinion, Société

Cette année encore la fête de la St Louis nous donne l’occasion de partager quelques réflexions avec vous, hautes autorités de l’Etat, et hommes religieux représentés par les membres du Conseil des Religions. Je suis heureux de vous saluer tous.

En cette fête de la Saint Louis, nous évoquons aussi l’héritage de Saint Louis Roi de France. Il nous a donné l’exemple d’un dirigeant qui savait se mettre à l’écoute des aspirations, des joies et des souffrances de son peuple. Ecouter battre le cœur de notre peuple, partager ses joies et ses peines, voilà bien sûr une valeur incontournable pour ceux qui exercent une responsabilité envers les citoyens et aussi envers un diocèse ou une institution religieuse. A l’héritage de St Louis, je voudrais ajouter aujourd’hui celui de deux autres saints qui peuvent nous inspirer : Saint Thomas More et Saint John Henry Newman.

1. La crise est une opportunité mais peut aussi provoquer l’éclatement et la division

1.1 Elans de fraternité

Dans quelques jours nous allons faire mémoire de la visite historique du pape François dans notre pays l’année dernière le jour de la fête du père Laval le 9 septembre. La visite du pape François avait, dans le sillage des Jeux des Iles de l’Océan Indien, suscité un grand élan de fraternité du peuple mauricien. Le pape François a été particulièrement touché de voir cette foule de citoyens mauriciens de toutes religions et cultures qui se tenaient la main dans une fraternité spontanée. C’est dans ces moments-là que nous pouvons vraiment comparer notre pays à un arc-en-ciel où chaque couleur, chaque culture, chaque religion garde sa saveur particulière dans une unité citoyenne.

Nous pouvons aussi rendre grâce pour ce deuxième grand élan de fraternité dont nous avons été témoins à l’occasion de ce drame écologique provoqué par le naufrage du bateau Wakashio. Là encore les citoyens mauriciens de toute religion, culture sont mobilisés dans la fraternité pour sauver le pays.

1.2 La crise

Après la visite du pape il y a eu la pandémie mondiale de la Covid 19. L’année dernière à pareille époque personne ne s’attendait à un tel bouleversement. Voilà un ennemi invisible qui affecte toute l’humanité, remet en question les relations internationales, pénalise notre industrie du tourisme, notre industrie du textile, et impacte gravement notre économie. Devant cette pandémie comme d’ailleurs devant le naufrage du Wakashio, nous pouvons légitimement nous poser la question du mal. D’où vient le mal ? Est-ce que Dieu veut nous punir en nous envoyant de telles catastrophes ? De tout temps les philosophes et les religions ont cherché une réponse au problème du mal. Nous aurions pu aujourd’hui nous lancer dans l’étude des différentes réponses qui ont été données ; mais puisque nous sommes dans un contexte chrétien je voudrais simplement faire écho à la réponse de Jésus dans l’évangile de Matthieu que nous venons d’entendre. Jésus nous dit que Dieu sème la bonne semence dans le champ du monde. Mais il y a un ennemi qui sème en même temps la graine de division, la mauvaise herbe. Il nous dit clairement que le mal ne vient pas de Dieu, il vient de la liberté de l’homme qui peut choisir de faire le bien en accueillant la semence ou de faire le mal en laissant germer dans son cœur la graine de la division, en grec « zizanion », la zizanie.

Aucun peuple au monde ne peut échapper à des moments de zizanie. Dans l’histoire de notre pays l’ile Maurice, nous pouvons observer que dans les moments de crises nous avons toujours une résurgence du repli identitaire. Rappelons-nous les bagarres raciales de 1968, les évènements Kaya de 1999. Ce sont des moments où, comme dit le grand écrivain libanais Amin Malouf, nous retrouvons « les identités meurtrières ».

Nous prenons conscience que les crises sont des moments qui suscitent des élans de fraternité mais aussi parfois des divisons et des bagarres.

Mon propos aujourd’hui est de vous inviter à réfléchir avec moi sur les moyens de favoriser la fraternité, la créativité de notre peuple et essayer de trouver un chemin pour gérer les conflits, dépasser les préjugés, les divisions, et éviter les paroles blessantes. Nous savons bien qu’on ne construit rien avec la négativité ni avec la violence.

2. Quels chemins inventer pour éviter le piège des identités meurtrières ?

2.1 Personne n’est entièrement bon et personne n’est entièrement mauvais

Dans l’évangile Jésus nous dit clairement que personne n’est entièrement bon et personne n’est totalement mauvais. En chacun de nous il y a le bon grain et l’ivraie. Il y a des moments où nous faisons le bien, et il y a des moments, comme dit St Paul, où nous faisons le mal qui nous déplait. Si cette vision de l’homme est profondément inscrite dans notre conscience, nous pourrons éviter les jugements tout faits, les préjugés, les slogans qu’on se lance à la figure, les paroles blessantes, les insultes gratuites.

C’est de cette vision réaliste de notre condition humaine que découle la valeur de l’humilité. Le Pape François nous en parle dans un discours prononcé récemment : « L’humilité n’est pas une faiblesse mais bien plus c’est une force, c’est le chemin de la solidarité. Plus on est fort, plus on a de l’influence, plus on doit agir avec humilité sinon notre pouvoir et notre succès se retourneront contre nous-même et nous nous détruirons ainsi que les autres. Sans humilité nous perdons notre discernement et notre équilibre. Nous finissions par faire du mal à nous-mêmes et à ceux qui nous entourent. L’humilité nous permet d’accepter l’autre tel qu’il est ».

Nous trouvons aussi cette attitude dans le bouddhisme. Accepter l’autre « c’est comme s’asseoir dans un champ et regarder passer les nuages dans le ciel ; il n’y a pas de résistance à l’expérience du moment, il y a seulement l’acceptation et l’observation. ». Ce serait bête nous dit le bouddhisme, de regarder les nuages et de se mettre en colère parce qu’ils ne sont pas dans les formes spécifiques que nous voulons. Le bouddhisme nous montre aussi comment faire pour ne pas céder à notre habitude de réagir impulsivement. Il nous invite à développer le courage d’accepter le moment présent et de nous libérer de la réactivité. Ainsi le bouddhisme nous propose une clé du vivre ensemble. Ne nous laissons pas piéger par la réactivité.

L’humilité va de pair avec la patience. Et là nous pouvons aller chercher dans le Saint Coran des textes qui concernent la patience devant les épreuves. Le Coran a une manière différente de dire la même chose que le christianisme et le bouddhisme. Dans le Coran sourate 2, verset 153 nous lisons : « O ! Les croyants ! Cherche secours dans l’endurance… Oui Dieu est avec ceux qui prennent patience. »

Nous aurions pu aussi trouver d’autres textes pour nous inspirer dans l’hindouisme, dans le confucianisme. L’étude comparative des textes sacrés de nos religions nous ouvre un autre chemin important pour construire l’unité dans la diversité et éviter de tomber dans le piège des identités meurtrières.

2.2 Le dialogue inter religieux

C’est le moment pour moi de proposer que nous prenions au sérieux le dialogue interreligieux dans notre pays. Mes amis, seule la connaissance de l’autre permet d’exorciser la peur. Seule la connaissance de l’autre nous permettra de sortir des identités meurtrières. Au niveau du Conseil des Religions nous avons milité depuis des années pour l’introduction d’un module sur l’interreligieux au niveau primaire et secondaire. Je salue ici l’effort du Bureau de l’Education Catholique qui s’est lancé avec courage dans l’élaboration de programmes interreligieux et interculturels. Je remercie le Vice Chancelier de l’Université de Maurice ainsi que le Doyen du département de Sociologie, le Dr Arnaud Carpooran, qui ont accepté que nous puissions proposer une formation à l’interreligieux dans les programmes de l’université.

C’est là que je vous invite à découvrir la vision du Cardinal John Henry Newman dans son célèbre livre The Idea of A University. Le Cardinal Newman propose qu’en première année d’université tous les étudiants soient invités à faire un parcours de réflexion philosophique. Vous allez me dire comme beaucoup d’étudiants que : Ça sert à quoi la réflexion philosophique ? Ça sert à quoi le dialogue interreligieux ? Comment je vais gagner ma vie avec ce diplôme ? Attention, Newman ne nous dit pas de ne pas étudier la biologie, la médecine, les mathématiques, la physique, les finances, le commerce. Il nous dit simplement que l’université doit former tous les étudiants à acquérir une sagesse philosophique qui peut nous inspirer dans nos études profanes. D’où sa célèbre phrase : « Philosophical knowledge its own end ». Permettez-moi de paraphraser Newman en l’adaptant au contexte mauricien. Nous avons envie de crier haut et fort : « Interreligious knowledge its own end ».

2.3 La formation de la conscience

Il ne suffit pas mes amis :

– de développer une attitude d’humilité et du respect de l’autre.
– de connaitre la pensée d’autrui, de la respecter et d’exorciser sa peur de l’autre.

Faut-il encore que nous laissions de la place dans l’éducation pour la formation de la conscience. C’est quoi la conscience ? La conscience c’est cette petite voix intérieure qui se positionne en nous comme l’énergie qui choisit entre le bien et le mal. Nous avons à lutter pour suivre notre conscience et nous devons à Shakespeare dans Macbeth une dramatique description du dysfonctionnement de la conscience.

La conscience morale selon Rousseau apparait comme une faculté innée et universelle s’imposant avec force à tous les hommes pour les mener vers le bien. Si les hommes sont mauvais c’est, selon Rousseau, que la vie en société les a éloignés de la nature et qu’ils n’écoutent plus la voix de leur conscience (d’où le lien entre la conscience et la préservation de l’environnement).

Un des hommes qui peut nous inspirer dans le domaine de la conscience se trouve être St Thomas More. Il nous a montré comment la loyauté à sa conscience peut nous conduire parfois au martyre.

St Thomas More a été mis à mort car il préféra rester fidèle à ses convictions plutôt que d’obéir aux ordres du Roi. Thomas More n’agit pas par bravade ni par orgueil, il respecte l’autorité du Roi et ne souhaite pas troubler l’ordre social par sa désobéissance. Il fait même tout ce qui est dans son pouvoir pour répondre au souhait du Roi, mais il doit s’arrêter à la frontière si difficile à trouver parfois, au-delà de laquelle il serait forcé à prendre une part active au mal que sa conscience réprouve. Thomas More sait que sa conscience, c’est-à-dire cette faculté donnée par Dieu de reconnaitre le juste et le bien, l’oblige à l’égard de lui-même, fusse au prix de l’héroïsme. Il refuse tout compromis qui certes lui laisserait la vie sauve et le couvrirait d’honneur, mais lui ferait perdre son bien le plus précieux et son amitié avec Dieu. Au fond de sa prison, Thomas a pu dire : « Je suis un homme libre car je suis demeuré dans la justice plutôt que de sombrer dans la servitude des ambitions et des compromissions ».

La fidélité à la conscience n’est pas chose simple en toute circonstance, plus encore à l’époque actuelle. C’est l’une des raisons pour lesquelles le pape Jean Paul II a proclamé Thomas More ‘modèle des responsables de gouvernements et des hommes politiques’. Jean Paul II nous donne en exemple la grande force morale avec laquelle Thomas More mena son action politique, mais aussi sa détermination à suivre sa conscience. Au-delà des hommes politiques, Thomas More reste un modèle d’intégrité et de cohérence morale pour tous les citoyens de toutes les religions. Dans ce sens nous pouvons le mettre sur le même podium que le Mahatma Gandhi et Nelson Mandela.

Je me permets de citer brièvement un extrait du discours que le pape Benoit XVI avait prononcé à la Chambre des Communes lors de sa visite au Royaume Uni :

« Mr Speaker Sir,
In particular, I recall the figure of Saint Thomas More, the great English scholar and statesman, who is admired by believers and non-believers alike for the integrity with which he followed his conscience, even at the cost of displeasing the sovereign whose ‘good servant’ he was, because he chose to serve God first.

The dilemma which faced More in those difficult times, the perennial question of the relationship between what is owed to Caesar and what is owed to God, allows me the opportunity to reflect with you briefly on the proper place of religious belief within the political process.

The central question at issue, then, is this: Where is the ethical foundation for political choices to be found?
The Catholic tradition maintains that the objective norms governing right action are accessible to reason, prescinding from the content of revelation.

According to this understanding, the role of religion in political debate is not so much to supply these norms, as if they could not be known by non-believers – still less to propose concrete political solutions, which would lie altogether outside the competence of religion – but rather to help purify and shed light upon the application of reason to the discovery of objective moral principles. »

Le pape Benoit XVI fait ressortir que le domaine de la raison et le domaine de la foi ont besoin l’un de l’autre et que nous ne devons pas avoir peur d’entrer dans un dialogue profond et permanent pour le bien de notre civilisation. Et je cite Benoit XVI: « Religion, in other words, is not a problem for legislators to solve, but a vital contributor to the national conversation ».

Conclusion

Notre conscience ne peut se déterminer sans une référence non seulement à la raison, mais aux valeurs que nous pouvons puiser dans les textes sacrés des religions vivantes dans notre pays. Je plaide donc pour que tous les jeunes puissent être exposés aux valeurs exprimées dans nos textes sacrés, et accompagnés dans leur décision de conscience pour les mettre en pratique. Voilà un défi immense que chacun de nous ne peut réaliser sans la force de la prière. Nous avons entendu aujourd’hui celle du roi Salomon, je vous invite maintenant à réciter avec moi la prière de John Henry Newman.

Prière de John Henry Newman

Seigneur,
Dans le silence de ce jour naissant,
je viens te demander la paix, la sagesse et la force.
Je veux regarder aujourd’hui le monde
avec des yeux tout remplis d’amour,
être patient compréhensif et doux.
Voir au-delà des apparences tes enfants
comme tu les vois toi-même,
et ainsi ne voir que le bien en chacun.
Ferme mes oreilles à toute calomnie,
garde ma langue de toute malveillance,
que seules les pensées qui bénissent
demeurent dans mon esprit,
Que je sois si bienveillant et si joyeux
que tous ceux qui m’approchent sentent ta présence.
Revêts-moi de ta bonté, Seigneur,
et qu’au long de ce jour, je te révèle.
Amen.

NOTES

A la fin de sa visite au Réduit le pape François a écrit dans le Livre des Visiteurs un message que nous devrions garder comme un trésor : « Que Dieu bénisse le peuple mauricien et lui accorde de vivre toujours dans la paix, la concorde et la prospérité. »

Mr Speaker, Thank you for your words of welcome on behalf of this distinguished gathering.
As I address you, I am conscious of the privilege afforded me to speak to the British people and their representatives in Westminster Hall, a building of unique significance in the civil and political history of the people of these islands.
Allow me also to express my esteem for the Parliament which has existed on this site for centuries and which has had such a profound influence on the development of participative government among the nations, especially in the Commonwealth and the English-speaking world at large.
Your common law tradition serves as the basis of legal systems in many parts of the world and your particular vision of the respective rights and duties of the state and the individual, and of the separation of powers, remains an inspiration to many across the globe.
As I speak to you in this historic setting, I think of the countless men and women down the centuries who have played their part in the momentous events that have taken place within these walls and have shaped the lives of many generations of Britons, and others besides.
In particular, I recall the figure of Saint Thomas More, the great English scholar and statesman, who is admired by believers and non-believers alike for the integrity with which he followed his conscience, even at the cost of displeasing the sovereign whose ‘good servant’ he was, because he chose to serve God first.
The dilemma which faced More in those difficult times, the perennial question of the relationship between what is owed to Caesar and what is owed to God, allows me the opportunity to reflect with you briefly on the proper place of religious belief within the political process.
This country’s Parliamentary tradition owes much to the national instinct for moderation, to the desire to achieve a genuine balance between the legitimate claims of government and the rights of those subject to it.
While decisive steps have been taken at several points in your history to place limits on the exercise of power, the nation’s political institutions have been able to evolve with a remarkable degree of stability.
In the process, Britain has emerged as a pluralist democracy which places great value on freedom of speech, freedom of political affiliation and respect for the rule of law, with a strong sense of the individual’s rights and duties, and of the equality of all citizens before the law.
While couched in different language, Catholic social teaching has much in common with this approach, in its overriding concern to safeguard the unique dignity of every human person, created in the image and likeness of God, and in its emphasis on the duty of civil authority to foster the common good.
And yet the fundamental questions at stake in Thomas More’s trial continue to present themselves in ever-changing terms as new social conditions emerge.
Each generation, as it seeks to advance the common good, must ask anew: What are the requirements that governments may reasonably impose upon citizens, and how far do they extend? By appeal to what authority can moral dilemmas be resolved?
These questions take us directly to the ethical foundations of civil discourse.
If the moral principles underpinning the democratic process are themselves determined by nothing more solid than social consensus, then the fragility of the process becomes all too evident – herein lies the real challenge for democracy.
The inadequacy of pragmatic, short-term solutions to complex social and ethical problems has been illustrated all too clearly by the recent global financial crisis.
There is widespread agreement that the lack of a solid ethical foundation for economic activity has contributed to the grave difficulties now being experienced by millions of people throughout the world.
Just as “every economic decision has a moral consequence” (Caritas in Veritate, 37), so too in the political field, the ethical dimension of policy has far-reaching consequences that no government can afford to ignore.
A positive illustration of this is found in one of the British Parliament’s particularly notable achievements – the abolition of the slave trade.
The campaign that led to this landmark legislation was built upon firm ethical principles, rooted in the natural law, and it has made a contribution to civilisation of which this nation may be justly proud.
The central question at issue, then, is this: Where is the ethical foundation for political choices to be found?
The Catholic tradition maintains that the objective norms governing right action are accessible to reason, prescinding from the content of revelation.
According to this understanding, the role of religion in political debate is not so much to supply these norms, as if they could not be known by non-believers – still less to propose concrete political solutions, which would lie altogether outside the competence of religion – but rather to help purify and shed light upon the application of reason to the discovery of objective moral principles.
This ‘corrective’ role of religion vis-a-vis reason is not always welcomed, though, partly because distorted forms of religion, such as sectarianism and fundamentalism, can be seen to create serious social problems themselves.
And in their turn, these distortions of religion arise when insufficient attention is given to the purifying and structuring role of reason within religion. It is a two-way process.
Without the corrective supplied by religion, though, reason too can fall prey to distortions, as when it is manipulated by ideology, or applied in a partial way that fails to take full account of the dignity of the human person.
Such misuse of reason, after all, was what gave rise to the slave trade in the first place and to many other social evils, not least the totalitarian ideologies of the twentieth century.
This is why I would suggest that the world of reason and the world of faith – the world of secular rationality and the world of religious belief – need one another and should not be afraid to enter into a profound and ongoing dialogue, for the good of our civilisation.
Religion, in other words, is not a problem for legislators to solve, but a vital contributor to the national conversation.
In this light, I cannot but voice my concern at the increasing marginalisation of religion, particularly of Christianity, that is taking place in some quarters, even in nations which place a great emphasis on tolerance.
There are those who would advocate that the voice of religion be silenced, or at least relegated to the purely private sphere.
There are those who argue that the public celebration of festivals such as Christmas should be discouraged, in the questionable belief that it might somehow offend those of other religions or none.
And there are those who argue – paradoxically with the intention of eliminating discrimination – that Christians in public roles should be required at times to act against their conscience.
These are worrying signs of a failure to appreciate not only the rights of believers to freedom of conscience and freedom of religion, but also the legitimate role of religion in the public square.
I would invite all of you, therefore, within your respective spheres of influence, to seek ways of promoting and encouraging dialogue between faith and reason at every level of national life.
Your readiness to do so is already implied in the unprecedented invitation extended to me today. And it finds expression in the fields of concern in which your government has been engaged with the Holy See.
In the area of peace, there have been exchanges regarding the elaboration of an international arms trade treaty; regarding human rights, the Holy See and the United Kingdom have welcomed the spread of democracy, especially in the last 65 years; in the field of development, there has been collaboration on debt relief, fair trade and financing for development, particularly through the International Finance Facility, the International Immunization Bond, and the Advanced Market Commitment.
The Holy See also looks forward to exploring with the United Kingdom new ways to promote environmental responsibility, to the benefit of all.
I also note that the present government has committed the United Kingdom to devoting 0.7% of national income to development aid by 2013.
In recent years it has been encouraging to witness the positive signs of a worldwide growth in solidarity towards the poor.
But to turn this solidarity into effective action calls for fresh thinking that will improve life conditions in many important areas, such as food production, clean water, job creation, education, support to families, especially migrants, and basic healthcare.
Where human lives are concerned, time is always short: yet the world has witnessed the vast resources that governments can draw upon to rescue financial institutions deemed ‘too big to fail’.
Surely the integral human development of the world’s peoples is no less important: Here is an enterprise, worthy of the world’s attention, that is truly ‘too big to fail’.
This overview of recent cooperation between the United Kingdom and the Holy See illustrates well how much progress has been made, in the years that have passed since the establishment of bilateral diplomatic relations, in promoting throughout the world the many core values that we share.
I hope and pray that this relationship will continue to bear fruit, and that it will be mirrored in a growing acceptance of the need for dialogue and respect at every level of society between the world of reason and the world of faith.
I am convinced that, within this country too, there are many areas in which the Church and the public authorities can work together for the good of citizens, in harmony with this Parliament’s historic practice of invoking the Spirit’s guidance upon those who seek to improve the conditions of all mankind.
For such cooperation to be possible, religious bodies – including institutions linked to the Catholic Church – need to be free to act in accordance with their own principles and specific convictions based upon the faith and the official teaching of the Church.
In this way, such basic rights as religious freedom, freedom of conscience and freedom of association are guaranteed.
The angels looking down on us from the magnificent ceiling of this ancient Hall remind us of the long tradition from which British Parliamentary democracy has evolved.
They remind us that God is constantly watching over us to guide and protect us. And they summon us to acknowledge the vital contribution that religious belief has made and can continue to make to the life of the nation.
Mr Speaker, I thank you once again for this opportunity briefly to address this distinguished audience.
Let me assure you and the Lord Speaker of my continued good wishes and prayers for you and for the fruitful work of both Houses of this ancient Parliament. Thank you and God bless you all.”

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