What you say depends from where you stand…

by | Jul 28, 2020 | Opinion

Il semble que ces derniers temps tout le monde s’intéressent à la question de la liberté d’expression.
Cette liberté est soudainement jugée menacée par ceux qui souvent s’attaque au pouvoir d’en place. Et pour ces mêmes personnes défendent le gouvernement contre certaines critiques est synonyme de démagogie.
Donc, on doit être libre de critiquer, attaquer, vilipender, calomnier le régime en place mais pour tous ceux qui estiment que le gouvernement de Pravind Jugnauth réussit, sont des démagogues et des « roders boutes ».
Il est fort possible que moi-même serait traité de « roder boutte » en défendant ce gouvernement sur la question de liberté d’expression.
J’ai été journaliste pendant plus de 20 ans. Mes papiers n’ont pas fait que des heureux. Et une seule personne en 20 ans avait opté de me poursuivre en justice, s’étant senti affectée par un des articles que j’avais rédigés. Un procès que j’avais remporté.
Avec Facebook, il n’y a plus de contrôle. Tout le monde écrit ce qu’il veut, quand il veut et contre qui il veut. Le Mauricien est à un click, like ou post de critiquer, de faire des éloges, de faire des plaisanteries, d’insulter et de faire du mal.
En l’an 2000, l’Alliance MSM/MMM/OF les Vert/ MR avait promis de libéraliser les ondes. Il y avait à cette époque une crainte d’avoir des radios privées incontrôlables. D’où les mécanismes et les institutions comme l’Independent Broadcasting Authority et l’Information Communication Technology Authority.
Les dirigeants avaient en tête, la triste histoire des Radio-Télévision des Mille Collines (RTLM) de la Rwanda. Une simple radio qui a joué un rôle déterminant dans l’exécution de plus de 700,000 personnes à coups de haches, d’épuration ethnique et comme accompagnement viol et torture au passage.
Sur les ondes de cette radio, on avait choisi de de diffuser la haine, timidement d’abord, puis de façon totalement assumée. Il a par exemple divulgué le nom des personnes à abattre, offert des primes en échange de cadavres et exhorté les miliciens à massacrer : « Vous allez mettre le feu aux Tutsi et ils vont regretter d’être nés… Faites du bon travail ! », « Les fosses sont encore à moitié vides, vous devez les remplir ! »

Le jugement rendu cette semaine en cour intermédiaire contre une internaute ayant posté une publication insultante vis-à-vis du Premier ministre explique clairement les limites à ne pas enfreindre. Il faut, j’estime enseigner notre population à savoir critiquer et se maitriser.
On a le droit se poser des questions, de ne pas aimer certains politiciens et de magnifier d’autres mais j’estime qu’elles doivent être justes.

Dire que cette loi punissant des internautes, est pour museler la population est absurde. Dans un passé récent, un proche du pouvoir a été arrêté, détenu une nuit en cellule et traduit en cour pour des accusations similaires.
L’an dernier, des voyous avaient volé ma voiture et l’ont incendiée. C’était une perte matérielle, un traumatisme pour ma famille. S’ajoute à cela, des commentaires comme : « Karma », « To merite seki tone gagne », ou encore « sa li même fine met dife la dans pou gagne l’assurance ». Il a fallu gérer tout cela. La même chose pour cette jeune fille violée à Albion ou des commentaires disaient qu’elle avait eu ce qu’elle méritait.
D’autres dans le cas des squatters on proférait des insultes racistes. Est-ce que c’est cela la liberté d’expression ? Non, c’est la liberté de faire du mal et cela doit être puni.
Autre façon ignoble de faire des montages avec des photos de personnalités et ajoutant des histoires fausses. Vous comprendrez le tort quand vous en subirez une telle lâcheté. Oui, c’est de lâcheté d’être derrière des faux profils pour insulter et blesser les autres.
Choisissant de faire de la politique, je comprends qu’on est sujet à des critiques mais pas à des calomnies.

Facebook est un outil superbe qui a révolutionné le monde, mis des gens en contact, partager des valeurs mais hélas il est le sujet de moyens de faire des coups bas.

Pourquoi traiter le Premier ministre de tous noms. Pourquoi s’attaquer à son épouse et pourquoi s’attaquer à ses opposants de la même manière ?

Je dis cela parce que j’ai constaté que quand il y a un manque d’arguments, on s’attaque souvent et injustement a Kobita Jugnauth. Dans le passé on a mis sa photo et raconter des ragots. Cette fois-ci, on essaie même de ramener ses enfants dans l’actualité, une actualité marquée par l’incapacité de certains de venir avec des arguments concrets et de les faire formuler par toutes les voies démocratiques disponibles. Comme les élections sont loin, on tombe dans la bassesse. Fair Enough. Mais qu’on ne dépasse pas les limites de la loi.
Le cyberharcèlement est défini comme « un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule.

Notre pays est un pays libre et démocratique, au point d’en abuser.
Le Mauricien a le droit de s’exprimer librement chaque cinq ans pour élire son conseiller de village, son députe, son maire et son Premier ministre.

Il serait donc crucial de se ressaisir. De débattre avec civisme.
La liberté d’expression est un droit fondamental, défini et garanti par la loi. Il s’agit de la liberté d’exprimer son opinion, sa pensée par tous les moyens, la presse, l’art, l’écriture, la parole, la manifestation, la réunion, l’association. Selon les points de vue de chacun, elle doit être soit strictement encadrée par la loi, soit complètement illimitée. Quelle que soit son opinion sur la liberté d’expression, elle est étroitement liée à la question du vivre ensemble et associée à la question de la démocratie. Le vivre ensemble demeure notre atout et aucune liberté serait valable si celle-ci est menacée.

Leevy Frivet

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