Pédo-crime à Cité Anoska

by | Jul 4, 2020 | Faits Divers, Société

Cri de détresse des habitants : « Cesser de nous diaboliser »

Cinq ans après l’agression mortelle d’Eleana Gentil, une fillette de 11 ans, qui a été abusée sexuellement avant d’être jetée dans la nature, Cité Anoska, revit un nouveau drame sanguinaire, qui a replongé les habitants dans un émoi. Cette fois-ci, c’est une fillette de 3 ans, qui a été la victime. Cette dernière a été violée, le dimanche 28 juin, alors que sa mère sous l’influence de l’alcool, était dans les bras de Morphée. Plus tard, dans le cadre d’une enquête de la CDU, on apprendra, par ailleurs, que la sœur ainée, de la petite fille, âgée elle de 9 ans, aurait aussi subi des sévices sexuels, deux semaines de cela.

Deux suspects ont été arrêtés dans le cadre de ces atrocités. Il s’agit de Cliff Richard Perrine, un homme âgé de 36 ans, qui est soupçonné dans le viol de l’enfant de 3 ans et Jean Marc Perrine, surnommé Yéyé et âgé de 47 ans, pour l’agression sexuelle sur la petite fille de 9 ans. Les deux suspects, sont cousins mais la « coïncidence » a également voulu qu’ils soient les oncles de la petite Eléana. Néanmoins, la police n’est pas tardée à les mettre hors d’état de nuire, obtenant même certains aveux de la part du plus âgé, un sentiment malfaisant, de terreur mais aussi de honte et d’indignation règne plus que jamais sur le dos des habitants de cité Anoska, qui à en croire certaines presses, serait au même titre que Sodome et Gomorrhe.

Depuis ce lundi 29 juin, des projecteurs ont été braqués sur ce quartier déshérité, qui outre l’emprise de la misère est entaché d’histoire sombre. D’ailleurs, c’est principalement dans des situations taciturnes que l’on entend parler de cité Anoska. Celle-ci est décrite et considérée par beaucoup comme un lieu où règne la drogue, l’alcool, la prostitution et tous les fléaux de la société combinée. Eh bien que des années ont passé, on ne pouvait d’ailleurs pas s’empêcher de se rappeler glacialement les souvenirs atroces du 15 avril 2015, le jour où le corps sans vie d’Eleana Gentil, 11 ans, avait été retrouvé. Comme si le temps s’était figé depuis.

Après ce drame d’ailleurs, ce sont les mêmes regards hagards, remplis de colère et de désarroi, qui défilaient les étroits couloirs entre les bicoques en tôles de cette cité. Les allers-retours de la police, des journalistes, des guetteurs, du SOCO, et autres instances criminelles ou des officiers de la CDU sont venus redonner aux habitants cette perception de vivre dans un cauchemar continuel qui n’aura pas de fin. Pour beaucoup, ce nouveau scandale est ainsi venu se positionner comme une longue et tenace malédiction qui ne veut pas se défaire de cet endroit. Cela alors qu’ils essayaient de se remettre des anciennes tragédies.

Dans ce petit bout de terre échoué sur un semblant de colline, dans les hauteurs de l’île, le froid battait déjà son plein. Les gens faisaient face aux chutes drastiques de température, dans leurs fragiles maisons en tôle, avec un minimum de moyen pour se protéger. Mais pour certain, le pire est que les nombreux articles parus dans la presse, dressent un tableau noirci et exagéré de ce que peut-être, le quotidien des plusieurs centaines de familles, comptant également les squatteurs, qui occupent ce quartier. Et cela au grand dam des habitants, qui eux sont nombreux à s’opposer à ce qu’on les réduise à des clichés. Affirmant qu’il n’y a pas que des viols et des obscurités, car il y a aussi plusieurs personnes, à Cité Anoska, qui veulent sortir de leurs misères, et voudraient être acceptées et de faire partie intégrante de la société.

« Des êtres humains avec des cœurs »

« Certes, il y a des personnes qui sont tombés dans l’alcool ou dans la drogue. Certains n’ont pas une vie saine mais il ne faut pas tous mélanger » affirme une habitante. Selon elle, comme partout ailleurs, il y a des gens qui ont choisi un train de vie différent mais ce n’est pas une raison pour elle, de pointer une région au complet et de mettre tous les habitants dans le même panier. « il est vrai que nous ne vivions pas dans les meilleures conditions mais nous somme avant tous des êtres humains avec des cœurs. On a aussi été consterné par ce qui s’est passé. Nous condamnons avec force ces barbaries. D’ailleurs, ce malheur nous affecte autant que le reste de la population car nous, ce sont des personnes qu’on a côtoyées et cela s’est passé chez nous. Il faut arrêter de faire comme-ci, nous étions tous coupable » dit-elle.

Des habitants traumatisés

Claudette Périne, la mère du suspect, chez qui le drame s’est produit, affirme qu’elle est sous le choc. Elle dit « pa krwar mo zanfan inn fer enn zafer koumsa. ». Etant aussi une des doyennes du quartier et faisant également du social, elle souligne que c’est un véritable drame pour la région. D’expliquer que c’est une nouvelle épreuve difficile et traumatisante pour elle, mais aussi pour ceux qui habitent les alentours. « Parey kouma sa zanfan la so lekor inn infekte sa inn infekte pou mwa osi parski mo enn mama mo konn soufrans enn zanfan… monn perdi enn parey koumsa » dit-elle. D’ajouter « bann mama tro dan lakol pena oken aktivite »

Premiers aveux de Jean Marc Perrine : « Mo ti bwar selma mo ti konsian »

Jean Marc Perrine, alias Motanna, soupçonné d’abus sexuel sur la fillette de 9 ans, a été inculpé sous une charge provisoire de « causing child to be sexually abused », ce mercredi 1er juillet vers 13 h 45 en cour de Curepipe. La police ayant objecté à sa remise en liberté conditionnelle, le suspect a été reconduit en détention. L’habitant de Cité Anoska, âgé de 46 ans, avait été arrêté ce mardi et après avoir été entendue par les enquêteurs, il est toute de suite passé aux aveux. il avait été incriminé par la soeur de la fillette de 3 ans. La victime a allégué que le quadragénaire aurait eu des gestes indécents à son égard deux semaines de cela dans la maison où sa petite soeur a été violée à Résidence Anoska.

Le quadragénaire devrait être examiné par un médecin de la police. Sa prochaine comparution en cour est prévue au 8 juillet. À Résidence Anoska, on laisse entendre que « Motanna enn nouvo par isi, pa tro konn li ». Après les faits et jusqu’à ce que les officiers de la Child Development Unit la récupèrent, la victime avait élu domicile chez une tante à Chemin Grenier. Dans sa déclaration à la police, la fillette a indiqué que sa mère était souvent sous l’effet de l’alcool et elle restait souvent sans nourriture.

Eleana Gentil : l’enquête judiciaire en suspens

En novembre 2019, le directeur des poursuites publiques a initié une enquête judiciaire en cour de Curepipe dans le but de connaître les circonstances dans lesquelles Eleana Gentil, qui a trouvé la mort, en avril 2015. Le corps de cette dernière avait été retrouvé dans une région boisée et peu fréquentée de Lapeyre, à Nouvelle-France, à quelque deux kilomètres de son lieu de résidence, à Cité Anoska. Elle avait été retrouvée neuf jours après sa disparation, suivant une fête organisée par un proche.

L’affaire avait choqué tout le pays, d’autant plus que le Dr Sudesh Kumar Gungadin avait privilégié la thèse de l’agression sexuelle. Malheureusement, l’examen post-mortem n’avait pas pu déterminer la cause exacte du décès, la décomposition du corps étant trop avancée. Seul(s) le ou les coupables sont aujourd’hui en mesure de raconter ce qui s’est réellement passé.

Dans un premier temps, Arnaud Boodram, âgé d’une trentaine d’années, avait été arrêté pour ensuite être exonéré de l’accusation. Ensuite, l’ADN retrouvé sur les sous-vêtements d’Eleana Gentil a permis à la police de mettre la main sur un dénommé James Ramaswamy, 27 ans. Vingt et un des 68 témoins retenus avaient été convoqués le 10 avril, mais l’affaire a été renvoyée à cause du couvre-feu. Selon Me Taij Dabycharun, avocat du suspect, aucune nouvelle date n’a encore été fixée pour le début des travaux de l’enquête judiciaire. «Il faut que les deux parties concernées finalisent un itinéraire en commun.»

Sylvia jouissait déjà d’une mauvaise réputation

Dans les alentours, les langues se délient. Beaucoup peine à croire que Cliff Richard Perrine pourrait commettre ce genre de délits. « so lavi korek, mé si vrémem linn fer sa li bizin péyé. Nou pa pou dakor …» disent-il. De l’autres coté, c’est la mère de la victime, qui en prend pour son grade. « li inpé soulez mem li. plizieur foi inn coz ar li, in dir li assé ar sa la vie là. Li nek pense boir et li pa pren bann zenfant la compte couma bizin. Dan lendroit la, beaucoup dimoune pa dakor ar manière ki li fer la » disent-ils.

D’après les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé, Sylvia et ses enfants ont connu plus de bas que de hauts. Agée de 29 ans, la jeune femme est mère de quatre enfants. Deux filles de 13 et 9 ans, un garçon de 6 ans et la dernière, 3 ans. Tous ces enfants sont de pères différents. Celui de la petite dernière n’est pas inconnu des services de police. Il a été arrêté pour le meurtre de sa tante Joyce, en septembre 2019, à Cité Pitot, Curepipe. Le récidiviste notoire de 36 ans lui avait plongé la tête dans une barrique remplie d’eau. Elle est morte asphyxiée.

Selon les services sociaux, il y a environ 5 ans, Sylvia avait demandé l’intervention du ministère de la protection de l’enfant pour que ses deux filles soient placées dans un Shelter. Chose qui a été faite après plusieurs enquêtes et rapports de la Child Development Unit et des travailleurs sociaux. Les deux filles ont été placées dans un Shelter du ministère jusqu’en février dernier, quand Sylvia a réclamé et obtenu leur garde. Et depuis, étant un sans domicile Fixe, elle trouvait refuge chez ceux qui voulaient bien l’héberger, elle et ses enfants. C’est ainsi qu’elle a atterri chez la tante de Cliff Richard Perrine, à Cité Anoska.

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