Décès de Ino nakeed : un grand chanteur s’en est aller mais ses chansons resteront dans le souvenir des Mauriciens…

par | Juil 30, 2020 | Actualités, Opinion, Société

Ce mercredi 29 juillet, l’église de Ste.-Croix était rempli à ras-bord. Ravanne tambours et chants étaient à l’honneur. Cela pour rendre un vibrant hommage à Ino Nakeed. Le ségatier, interprète de Nacho Beti, Molmole ou encore Prem Chopra s’est éteint mardi des suites d’une complications de santé, à l’âge de 58 ans. Proches, amis, artistes et fans ont tenu à faire le déplacement pour dire un dernier adieu à celui qui a fait danser de nombre de Mauriciens depuis les années 80. Pour beaucoup, cette vénération était méritée de par la contribution musicale qu’a apporté le chanteur à la scène local.
Le monde musical était en deuil ce mardi. Beaucoup pleuré la disparition de Ino Nakeed, qui a succombé à sa maladie à l’hôpital Jeetoo alors qu’il y était admis depuis deux semaines. Le chanteur est parti laissant derrière lui trois garçons et une fille mais aussi des milliers de fan qui n’étaient jamais fatigué d’entendre ses chansons. En effet, idole d’hier et de toujours, ce pionnier du séga mauricien nous a quitté avec des morceaux qui sont profondément ancrée dans la culture mauricienne. Malade Damour ou encore Molmole, Namasté, mais aussi Difé Bengale et Natcho Beti, ces titres continueront à animer les piqueniques et autres fêtes.
C’est en 1980 que l’artiste commence à se faire découvrir du grand public. A cette époque, l’habitant de cité la Cure était âgé seulement de 18 ans et gagné sa vie comme maçon. Toutefois l’artiste issue d’une famille qui aimait la musique, il apprit très tôt à jouer de la ravanne et aller donner de la voix, là où il pouvait, c’est-à-dire dans les fêtes d’anniversaire ou dans les fancy-fair. Alors qu’il commencé peu à peu à avoir du succès, il tente ensuite après plusieurs encouragements, un concours de chant à la MBC, qu’il remportera et c’est ainsi qu’il a su que c’était ce qu’il voulait faire de sa vie.
Après cette émission en 1982, le chanteur est déterminé à démarrer une carrière musicale. Il forme ainsi son groupe et commence à entamer les démarches pour trouver un producteur. C’est la production Viking, qui se trouvait vis-àvis de l’église Immaculé, qui acceptera de signer l’habitant de cité la Cure. Les maquettes que possédait la vedette fera l’unanimité et tous croira en son talents. Ainsi peu de temps après, il sort son premier disque intitulé Bhaigane qui connaitra un succès dès le démarrage.
Ino Nakeed avait expliquer lors de son dernier entretien qu’à l’époque, il avait plusieurs maquette mais que c’est les chansons fusionné avec du Bhojpuri, qui ont plus retenues les attentions. Il avait ajouté qu’à cette époque, Claudio Veeraragoo était en vogue avec sa chanson Bayaboo. Et, il décida ainsi d’en faire sa marque de fabrique. Un bandeau sur le front, un rythme endiablé même pour raconter une histoire triste. Ino Nakeed aimait le Sega d’ambiance et est parti à ce moment là pour entrer dans la légende. Dans les années 80 et 90, il figure parmi les ségatiers ayant remporté le plus de succès. A cette période verra aussi le jour, le fameux titre Nacho-Beti.
Avec le temps, l’artiste ne montrera aucune fatigue. Ino Nakeed continuera sur sa lancée et il proposera des tubes qui sont devenues intemporelles. A l’instar de Namasté, Difé Bengale, Molmolé ou encore Prem Chopra. Le ségatiers a aussi collaboré pendant plusieurs décennies avec Marie-Josée Couronne sur de nombreux titres. Ce duo musical de longue date avec Marie Josée Couronne a abouti à plus de trente ans de chansons. Ils les avaient d’ailleurs célébrés en 2016, avec un album intitulé Sari cado lamour pikan. Lui reprenant à plaisir ses tubes Molmole et Prem Chopra. Elle revenant avec Mo sime bien nwar et Mo rann twa to demann.
La complice d’Ino Nakeed, Marie-Josée Couronne, s’est d’ailleurs dit très affligée par le décès du ségatier Ino Nakeed survenu, ce mardi matin 28 juillet. « Mo leker bien gro zordi », confie la sexagénaire. « Li ti kouma mo kouzin. Depi bien lontan mo konn li. Mo batiz so garson, li batiz mo ti zanfan », ajoute Marie-Josée Couronne.
De l’autre côté, si à cause du confinement, il n’avait plus eu d’engagements au cours des derniers mois, le producteur Gérard Louis garde le souvenir d’un « homme correct », qu’il prenait plaisir à programmer dans ses concerts Nostalgies. Mais aussi à inviter lors de nombreuses dates au théâtre de St Gilles, à La Réunion. « Il n’était pas tombé dans le vedettariat. Li ti enn dimounn sinser. Enn dimounn ki pa koz boukou pou fer remarke » fait-il ressortir.
Par ailleurs, quelques beaux ségas découlent de l’inspiration artistique de ce quatuor informel : Marie-Josée Couronne ; Babalé qui a fait une partie de sa carrière en Angleterre ; Balik Taroo, premier à un concours de séga, qui gravitent autour de Ino Nakeed.

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